
Qu'est-ce qu'une manœuvre
Tout ce module repose sur un seul mot : la manœuvre. Comprends-le maintenant, et la moitié des questions tombent d'elles-mêmes.
Une manœuvre, c'est une action qui oblige à céder le passage à tous les autres usagers. Celui qui manœuvre n'est jamais prioritaire. Cette règle a trois exceptions, et elles sont dans le code : rejoindre la chaussée à la fin d'une piste cyclable en continuant tout droit, s'insérer en tirette dans un bouchon, et les déplacements du motocycliste à l'intérieur de la largeur qu'il a le droit d'occuper.
La liste des manœuvres
Sont des manœuvres, donc te placent en position de céder à tout le monde :
- démarrer depuis l'arrêt ou le stationnement,
- changer de bande de circulation,
- traverser la chaussée,
- faire demi-tour,
- faire marche arrière,
- entrer dans un stationnement ou en sortir,
- entrer dans une propriété ou en sortir,
- franchir un trottoir ou une piste cyclable pour rejoindre la chaussée,
Ce qui n'est PAS une manœuvre
À l'inverse, tu n'es pas en manœuvre quand tu ne fais que suivre ta bande, quand tu franchis un carrefour tout droit, ou quand tu t'arrêtes à un feu. Dans ces cas, tes priorités normales s'appliquent. C'est toute la différence : la manœuvre te fait perdre la priorité, la circulation normale te la laisse.
Le principe de la manœuvre est posé au module 03 (les priorités). Ici, on apprend le comment de chaque manœuvre, pas le principe de priorité, qui est déjà acquis.
La méthode des 3 temps, le fil rouge du module
Avant chaque manœuvre, sans exception, tu exécutes trois temps, toujours dans cet ordre :
- Je regarde : rétroviseur intérieur, rétroviseur extérieur, puis le coup d'œil vers l'angle mort.
- J'annonce : clignotant, assez tôt pour que les autres comprennent avant que tu bouges.
- J'agis : seulement si c'est sûr, sans forcer personne à freiner ni à dévier.
Les contrôles et l'angle mort
Le premier temps de toute manœuvre, c'est regarder. Encore faut-il regarder au bon endroit, car un seul point échappe à tous tes rétroviseurs.
Les trois rétroviseurs
- Le rétroviseur intérieur te montre ce qui arrive droit derrière, par la lunette arrière.
- Le rétroviseur extérieur gauche couvre l'arrière gauche et la bande de gauche.
- Le rétroviseur extérieur droit couvre l'arrière droit et la bande de droite.
Un bon réglage se fait à l'arrêt, assis dans ta position de conduite normale : tu dois voir juste un filet de ta propre carrosserie sur le bord intérieur de chaque rétroviseur extérieur, pas plus. Tout l'espace restant sert à voir la route.
L'angle mort, le point que les rétroviseurs ne voient pas
Entre ce que voit ton rétroviseur extérieur et ce que voit ton œil vers l'avant, il reste une zone que rien ne couvre : c'est l'angle mort. Un véhicule, une moto ou un cycliste peut s'y trouver, invisible pour toi, juste avant que tu changes de bande ou que tu tournes.
Le seul geste qui règle l'angle mort, c'est le coup d'œil par-dessus l'épaule, du côté où tu vas te déporter. Un rétroviseur ne suffit jamais. Ce coup d'œil dure une demi-seconde et il sauve des vies.
L'angle mort des camions et des bus, bien plus grand
Un poids lourd a des angles morts énormes, surtout à droite et juste devant sa cabine. Un cycliste ou un piéton peut disparaître complètement de la vue du chauffeur. Retiens la règle de survie, elle vaut de l'or à vélo comme à pied :
Si tu ne vois pas le rétroviseur du camion, le chauffeur ne te voit pas. Ne te place jamais le long d'un camion à droite à un carrefour : c'est là qu'il va tourner, et c'est là que tu es invisible.
En Belgique, contrairement à la France, il n'existe pas d'obligation d'apposer un autocollant « angle mort » à l'arrière des poids lourds. Ce qui est obligatoire, ce sont les dispositifs qui réduisent l'angle mort du camion : rétroviseurs grand angle, miroirs d'accostage, caméras. Ne confonds pas les deux à l'examen.
Le dépassement
Dépasser, c'est passer devant un usager qui roule dans le même sens que toi. C'est la manœuvre la plus exposée du module : mal exécutée, elle tue de face.
La règle de base : on dépasse par la gauche
Le dépassement s'effectue par la gauche. Tu te déportes à gauche, tu passes, tu te rabats. C'est la règle générale, et les cas de dépassement par la droite sont des exceptions précises qu'on voit plus bas.
La procédure, dans l'ordre
Un dépassement propre suit toujours ces étapes, sans en sauter une :
- Vérifie que c'est autorisé : pas de ligne continue, pas de panneau d'interdiction, aucune des situations interdites vues plus bas.
- Vérifie la visibilité : tu dois voir assez loin devant pour dépasser et te rabattre sans risque face à un usager arrivant en sens inverse.
- Contrôle derrière et l'angle mort gauche : personne n'est déjà en train de te dépasser.
- Mets le clignotant gauche, assez tôt.
- Déporte-toi et dépasse en laissant une distance latérale suffisante, sans obliger le véhicule dépassé à ralentir.
- Contrôle le rétroviseur intérieur : tu ne te rabats que lorsque tu vois le véhicule dépassé en entier dans ton rétroviseur.
- Clignotant droit, puis rabats-toi souplement, sans le serrer.
La distance latérale
La distance sur le côté doit rester suffisante et sûre. Pour un cycliste ou un piéton, elle est même chiffrée, soit 1 m en agglomération et 1,5 m en dehors : si tu ne peux pas laisser cet espace, tu ne dépasses pas, tu attends.
Les devoirs du véhicule dépassé
Être dépassé impose aussi des devoirs. Celui qui est dépassé doit serrer à droite le plus possible et ne peut pas accélérer. Ralentir pour faciliter le dépassement reste permis : c'est accélérer qui est interdit. Accélérer pendant qu'on te dépasse est une faute grave de comportement : tu pièges le dépassant face au trafic d'en face. FG
Les interdictions de dépasser
Il est interdit de dépasser par la gauche un véhicule attelé, une moto ou une voiture dans ces situations, chacune avec sa raison :
- quand la visibilité est insuffisante pour voir assez loin les usagers en sens inverse (virage sans visibilité, sommet de côte, brouillard), sauf si tu peux dépasser sans franchir la ligne blanche continue. Raison : tu dépasses vers une zone que tu ne vois pas. Dépasser sans visibilité suffisante est une faute grave. FG
- à l'approche et sur un passage à niveau non muni de barrières ni réglé par des feux. Raison : tu masques la vue du train et tu risques de rester coincé sur les rails.
- à l'approche d'un carrefour où s'applique la priorité de droite, et dans les autres carrefours pour celui qui doit céder le passage. Raison : le dépassement masque un usager qui débouche.
- à l'approche d'un passage pour piétons ou pour cyclistes non réglé par un agent ou des feux.
- quand il faudrait franchir une ligne continue
- sur un dispositif surélevé (ralentisseur, plateau) : on ne double pas sur une bosse qui masque la vue.
- en cas de précipitations, sur autoroute, route pour automobiles et route à quatre bandes ou plus, pour les véhicules de transport de choses de plus de 7,5 t : la gerbe d'eau aveugle celui qu'on double.
Les exceptions du carrefour : le dépassement reste permis si tu es sur une voie prioritaire, si le carrefour est réglé par un agent ou par des feux, et dans un rond-point. L'interdiction ne vise que celui qui n'a pas la priorité.
Le piège le plus testé : le véhicule arrêté devant un passage pour piétons
Voici la question qui tombe presque à chaque session. Il est interdit de dépasser un véhicule qui s'arrête ou ralentit devant un passage pour piétons (là où il n'y a ni agent ni feux). Pourquoi ? Parce que ce véhicule masque peut-être un piéton déjà engagé : en le dépassant, tu foncerais droit sur quelqu'un que tu ne vois pas encore. Tu attends derrière.
Les panneaux du dépassement
Quatre panneaux commandent le dépassement : l'interdiction de dépasser,
sa fin,
l'interdiction faite aux véhicules de transport de choses de plus de 3,5 tonnes, et son panneau de fin, le même barré. Point important : le premier ne vise que les véhicules attelés et ceux à plus de deux roues. Sous ce panneau, tu peux donc toujours dépasser un deux-roues. Et aucune de ces interdictions ne concerne le dépassement d'un vélo.
Les cas de dépassement par la droite
Dépasser par la droite reste l'exception, dans des cas précis :
- quand le véhicule à dépasser a indiqué son intention de tourner à gauche et s'est déjà déporté vers la gauche : tu le contournes alors par la droite.
- en circulation en files : si ta file avance plus vite qu'une autre, ce n'est pas un dépassement au sens strict, c'est chacun qui suit sa file. Ne confonds pas « dépasser par la droite » (interdit hors exceptions) et « rouler plus vite dans sa propre file » (normal dans le trafic dense).
- pour le tram, qui se dépasse par la droite, qu'il roule ou qu'il soit à l'arrêt pour laisser monter les voyageurs. Par la gauche seulement si le passage à droite est trop étroit, si un véhicule y est arrêté ou si un obstacle fixe l'empêche, et dans les rues à sens unique quand la circulation l'impose.
Tripler : dépasser un véhicule qui dépasse
Un cas court mais testé : que se passe-t-il si tu veux dépasser un véhicule qui est lui-même en train de dépasser ?
La règle
Dépasser un véhicule qui dépasse, c'est tripler, et c'est interdit en principe. Raison : trois véhicules de front sur une route à deux bandes, c'est la collision frontale assurée avec l'usager d'en face.
Les deux cas où c'est autorisé
- quand la chaussée compte au moins trois bandes affectées à ton sens de circulation : il y a la place.
- quand ce que l'autre est en train de dépasser est un deux-roues (vélo, cyclomoteur à deux roues, moto à deux roues). Raison : pour doubler un vélo, il n'a pas besoin de se déporter loin, la largeur restante suffit pour te laisser passer.
Lis bien de qui on parle. Ce n'est pas le véhicule que tu dépasses qui doit être un deux-roues, c'est celui que lui dépasse. Autrement dit : une voiture double un cycliste, tu peux la doubler. Une voiture double une autre voiture, tu ne peux pas. La formulation exacte du code est : « lorsque le conducteur à dépasser dépasse lui-même un véhicule autre qu'une bicyclette, un cyclomoteur à deux roues ou une motocyclette à deux roues ».
Une moto avec side-car a plus de deux roues : elle n'est pas un deux-roues. Si le véhicule devant toi est en train de doubler un side-car, tripler reste donc interdit, sauf sur une chaussée à trois bandes ou plus. Le critère « plus de deux roues » est le même que celui du panneau d'interdiction de dépasser.
Le croisement
Croiser, c'est se rencontrer avec un usager qui vient en sens inverse. Contrairement au dépassement, ce n'est pas une manœuvre, mais ça demande de la place et de la méthode.
La règle : on croise par la droite
Le croisement s'effectue par la droite : chacun serre vers son bord droit et laisse une distance latérale suffisante. Dans certains carrefours, des flèches au sol organisent le croisement : tu les suis. Sans flèches, tu croises par la droite.
Ce que tu ne peux pas utiliser pour croiser
Pour te faire de la place, tu ne peux pas empiéter sur le bord fictif de la chaussée, ni sur une piste cyclable, ni sur un trottoir : ces espaces ne sont pas à toi. Le seul espace toléré, si la chaussée est vraiment trop étroite, ce sont l'accotement de plain-pied et la bande latérale, à condition de ne mettre personne en danger.
Quand un obstacle est de ton côté
Si un obstacle (voiture garée, chantier, rétrécissement) bloque ta moitié de chaussée, c'est à toi de ralentir et, au besoin, de t'arrêter pour laisser passer celui qui vient en face. Si des panneaux règlent le passage, la flèche de droite du panneau est la tienne : rouge tu cèdes, blanche tu passes.
Quand le croisement est impossible
Le code belge ne désigne personne selon la pente : la règle « celui qui descend recule » est française, elle n'existe pas ici. La seule règle applicable est celle de l'obstacle : celui dont la voie est encombrée ralentit et s'arrête au besoin pour laisser passer celui d'en face. Si l'un des deux doit reculer, c'est une manœuvre, et celui qui recule cède le passage à tout le monde.
Le changement de direction : tourner
Tourner, c'est changer de direction. Attention à une nuance qui compte : ce n'est pas une manœuvre au sens du code, et tu ne perds donc pas ta priorité en tournant. Si tu es sur une voie prioritaire, tu le restes. Mais tu cèdes quand même à trois catégories : aux véhicules qui viennent en face quand tu tournes à gauche, aux usagers des autres parties de la même voie, trottoir et piste cyclable, et aux piétons qui traversent la rue où tu entres. On applique les 3 temps à chaque fois.
Tourner à droite
- Je regarde et je me place à droite à temps, en serrant le bord droit.
- J'annonce avec le clignotant droit, assez tôt.
- Je contrôle l'angle mort droit : le cycliste qui longe à droite est le danger numéro un.
- J'agis : je tourne court, à allure modérée, en cédant aux piétons qui traversent la rue où j'entre.
Le piège mortel du virage à droite, c'est le cycliste qui remonte à ta droite pendant que tu tournes. Couper la route à un cycliste en tournant à droite est une faute grave. FG Le coup d'œil vers l'angle mort droit n'est pas optionnel.
De quelle bande tourner
Quand la circulation se fait en files, dans une agglomération où les bandes sont marquées, tu ne peux tourner à droite que depuis la bande de droite, et à gauche que depuis celle de gauche. Se rabattre au dernier moment pour tourner n'est pas permis : le choix de bande se fait avant.
Tourner à gauche
- Je regarde et je me place à temps vers l'axe de la chaussée, sans gêner ceux qui viennent en face.
- J'annonce avec le clignotant gauche.
- Je cède le passage aux véhicules venant en sens inverse sur la chaussée que je quitte.
- J'agis : je tourne large pour aborder la nouvelle voie par sa droite, sans couper le virage, en cédant aux piétons de la voie où j'entre.
Depuis une rue à sens unique, pour tourner à gauche, tu te places le plus à gauche possible, puisque personne ne vient en face.
Le cas de deux véhicules qui se font face et veulent tous deux tourner à gauche est traité au module 03.
Ne confonds pas une rue à sens unique , où l'on ne roule que dans un sens, et une obligation d'aller tout droit (panneau d'obligation rond bleu). Sous une obligation d'aller tout droit, des véhicules peuvent parfaitement venir en face. Ce sont deux choses différentes, souvent confondues.
Les indicateurs de direction
Le clignotant, c'est le deuxième temps de toute manœuvre : j'annonce. C'est ton seul moyen de dire aux autres ce que tu vas faire avant de le faire.
Quand signaler
Tu signales toujours quand tu :
- changes de direction (tourner),
- changes de bande,
- dépasses et te rabats,
- démarres depuis l'arrêt ou le stationnement,
- t'arrêtes ou te ranges sur le côté,
- quittes un rond-point (voir module 03).
Comment signaler
Tu signales assez tôt pour que les autres comprennent avant que tu bouges, et tu cesses dès que la manœuvre est finie. Un clignotant oublié après un virage envoie une fausse information et provoque des accidents : ce n'est pas un détail.
Le clignotant annonce, il ne donne aucun droit. Mettre son clignotant ne te rend pas prioritaire pour t'insérer ou changer de bande : tu dois toujours céder si ta manœuvre gênait quelqu'un. Le clignotant informe, il ne force pas.
À vélo, le geste s'annonce avec le bras tendu dans la direction voulue. Et si un clignotant tombe en panne, tu peux annoncer ton intention avec le bras, le temps de la réparation.
La place sur la chaussée
Où te placer quand tu roules ? La règle de base tient en trois mots : tiens ta droite.
Tenir sa droite
Tout conducteur se tient le plus près possible du bord droit de la chaussée. Hors agglomération et sur autoroute, tu roules donc à droite, et la gauche ne sert qu'à dépasser. S'installer sur la bande de gauche sans dépasser gêne le trafic et constitue une faute.
Le choix de bande en agglomération
En agglomération, tu peux choisir la bande qui convient le mieux à ta destination, mais seulement dans deux cas précis : sur une chaussée à sens unique divisée en bandes, et sur une chaussée à deux sens comptant au moins quatre bandes (dont au moins deux par sens). En dehors de ces cas, tu tiens ta droite.
Dans tous les cas, tu ne roules jamais à cheval sur deux bandes : tu occupes une seule bande à la fois.
Le changement de bande est une manœuvre
Changer de bande, c'est une manœuvre : tu appliques les 3 temps (regarder, dont l'angle mort, annoncer, agir) et tu cèdes à celui qui roule déjà sur la bande visée. Tu te places aussi à temps pour changer de direction, jamais par un coup de volant tardif.
Le sas cycliste
Au feu, tu croiseras parfois une zone avancée pour cyclistes, ce carré marqué d'un vélo, délimité par deux lignes d'arrêt juste avant le carrefour. Au feu rouge, les cyclistes s'y placent devant les voitures pour être bien vus et démarrer en sécurité. Toi, en voiture, tu t'arrêtes à la première ligne d'arrêt, sans jamais t'avancer dans le sas : cet espace est réservé aux cyclistes.
La tirette, la seule fois où c'est l'inverse
Tout ce module répète que celui qui s'insère cède. Il existe un cas où c'est le contraire, et il tombe à l'examen. Quand la circulation est fortement ralentie et qu'une bande prend fin, tu roules jusqu'au bout de ta bande, puis tu t'intercales juste avant le rétrécissement, et ce sont les conducteurs de la bande qui continue qui doivent te laisser passer, chacun son tour. S'insérer trop tôt n'est pas courtois, c'est contraire à la règle. Le détail est au module 03.
Le couloir de secours
Dès qu'une file se forme sur une chaussée à deux bandes ou plus dans le même sens, tu dois ouvrir un passage aux secours sans attendre la sirène. Sur deux bandes, celle de gauche serre à gauche, celle de droite serre à droite : le couloir se forme au milieu. Sur trois bandes ou plus, seule la bande de gauche serre à gauche, toutes les autres serrent à droite.
Les motos entre les files
Une moto a le droit de circuler entre deux files de véhicules à l'arrêt ou qui roulent lentement. Ce n'est pas un dépassement. Deux limites : 50 km/h au maximum, et pas plus de 20 km/h de plus que les files qu'elle longe. Sur autoroute, elle passe entre les deux bandes les plus à gauche.
Bandes bus et sites spéciaux
Les bandes bus et certains sites franchissables (marqués en damier) sont réservés à des usagers précis. Tu n'y circules que si tu en as le droit. Le damier se reconnaît à ses carrés blancs : tu peux le traverser pour tourner, jamais y rouler ni t'y arrêter. La bande de covoiturage.
Le sens unique limite, la spécificité belge
Voici un piège très belge. Une rue à sens unique peut être ouverte aux cyclistes à contresens : c'est le sens unique limite. Il se reconnaît au signal de sens interdit complété d'un panonceau vélo. Conséquence concrète pour toi : dans une rue à sens unique, un cycliste peut arriver droit en face de toi, tout à fait légalement. Tu t'y attends, tu serres à droite. C'est le panonceau sous le panneau qui ouvre la rue aux cyclistes à contresens.
L'autoroute et la route pour automobiles
L'autoroute concentre les manœuvres à haute vitesse : t'insérer, sortir, tenir ta place. Une erreur y coûte cher, plusieurs y sont des fautes graves.
L'insertion
- Utilise toute la bande d'accélération pour atteindre la vitesse du trafic avant de t'insérer. Elle est faite pour ça. Ne confonds pas cette vitesse d'insertion avec les 70 km/h de l'autoroute, qui sont à la fois une condition d'accès pour ton véhicule et une vitesse minimale sur l'autoroute elle-même, laquelle cède devant un bouchon, la pluie ou le brouillard.
- Regarde : rétroviseur et surtout coup d'œil vers l'angle mort gauche.
- Annonce avec le clignotant gauche.
- Insère-toi le plus tôt possible, dans un intervalle, sans forcer personne à freiner.
Ne t'arrête jamais en bout de bande d'accélération, sauf nécessité absolue : un véhicule à l'arrêt là est un piège mortel. Qui a la priorité ? La règle est nette : celui qui s'insère cède le passage aux véhicules déjà sur l'autoroute. Une bande d'insertion s'aborde comme un carrefour, un endroit où tu n'es pas prioritaire. C'est pour cela que tu dois avoir atteint la vitesse du trafic avant de rejoindre la voie : tu te glisses alors dans un intervalle sans obliger personne à dévier.
Les conducteurs déjà sur l'autoroute peuvent te faciliter l'insertion par courtoisie, en se déportant vers la voie du milieu si elle est libre ou en adaptant leur vitesse, mais jamais en freinant brusquement, et ce n'est pas une obligation. Ne compte donc jamais sur cette courtoisie : la responsabilité de l'insertion reste la tienne.
La sortie
Pour sortir : place-toi à droite à temps, mets le clignotant droit, et ne ralentis qu'une fois sur la bande de décélération, pas avant. Respecte ensuite la vitesse annoncée de la bretelle, souvent bien plus basse qu'elle n'en a l'air. Aux échangeurs et aux sorties multiples, lis les panneaux à l'avance pour ne pas te rabattre au dernier moment.
Qui n'a pas le droit d'y entrer
L'autoroute est fermée aux piétons, aux cyclistes, aux cyclomoteurs, aux véhicules agricoles, aux quadricycles sans habitacle et à tout véhicule remorqué par une attache de fortune. Et ceux qui ont le droit d'y rouler ne peuvent y entrer et en sortir qu'aux endroits aménagés pour ça : jamais par un raccordement de service dans le terre-plein central.
Les poids lourds n'ont que deux bandes
Quand l'autoroute compte trois bandes ou plus dans ton sens, les autocars, les autobus et tous les véhicules de plus de 3,5 t ne peuvent emprunter que les deux bandes de droite. La bande la plus à gauche leur est fermée, sauf pour suivre une flèche de sélection.
Les interdictions absolues
Sur autoroute et sur route pour automobiles, sont interdits et constituent des fautes graves : le demi-tour FG, la marche arrière FG, rouler à contresens FG, et s'arrêter ou stationner sur la chaussée FG. La bande d'arrêt d'urgence est réservée aux urgences réelles : en cas de panne, tu t'y ranges, tu allumes tes feux de détresse, et tu appliques la procédure du module 11 (triangle, gilet, évacuation). Enfin, tu ne roules pas inutilement à gauche : tu te rabats dès que tu as fini de dépasser.
La route pour automobiles
La route pour automobiles ressemble à l'autoroute mais n'en est pas une : elle peut comporter des carrefours et n'a pas la même condition d'accès. Son statut et sa vitesse sont détaillés au module 04, et ses panneaux au module 02. Elle n'a ni seuil de 70 km/h à l'entrée, ni vitesse minimale : on y applique le régime ordinaire et les panneaux. Côté manœuvres, retiens qu'elle partage avec l'autoroute les mêmes interdictions absolues (demi-tour, marche arrière, arrêt).
Les tunnels
Un tunnel est un espace clos où le moindre incident devient vite grave. Les règles y sont particulières, et la lecture du panneau piège beaucoup de candidats.
Lire le panneau, le piège classique
Le panneau de tunnel annonce un tunnel de plus de 500 mètres. Attention au piège : le chiffre du panonceau, c'est la longueur du tunnel, pas la distance qui t'en sépare. Un panonceau 2 km annonce donc un tunnel long de 2 km, pas un tunnel situé à 2 km. La distance sur le panneau, c'est la longueur du tunnel, pas la distance qui t'en sépare.
Avant d'entrer
- vérifie ton niveau de carburant, on ne veut pas tomber en panne dedans,
- retire tes lunettes de soleil,
- allume tes feux de croisement,
- augmente ta distance de sécurité,
- écoute la radio d'information si elle est indiquée à l'entrée.
L'astuce du trou noir : juste avant d'entrer, ferme un œil une seconde, puis rouvre-le une fois dans le tunnel. Cet œil, déjà habitué à l'obscurité, te donne une vision immédiate le temps que l'autre s'adapte.
Une fois dedans
Garde tes distances, respecte les signaux au-dessus des bandes, et surtout ne fais jamais demi-tour ni marche arrière FG. Les feux de brouillard n'ont aucune utilité dans un tunnel dégagé, garde-les éteints. En général, il n'y a pas de bande d'arrêt d'urgence dans un tunnel.
En cas de panne ou d'accident
Utilise de préférence le téléphone d'urgence SOS du tunnel, placé à intervalles réguliers, sinon le 112. Le téléphone du tunnel indique directement ta position aux secours.
En cas de feu ou de fumée
La consigne est précise et compte des vies :
- Range-toi le plus à droite possible et coupe le moteur.
- Laisse la clé sur le contact : les secours doivent pouvoir déplacer ton véhicule.
- Sors du véhicule avec tous les passagers, enfile ton gilet.
- Gagne à pied la sortie de secours la plus proche, sans jamais revenir vers ta voiture.
Ne tente jamais de faire demi-tour dans la fumée.
Le passage à niveau
Le passage à niveau est l'endroit le plus dangereux de la route : un train ne peut ni freiner à temps, ni s'écarter. Ici, la moindre erreur est fatale, et l'infraction est la plus grave du code.
Avec barrières ou avec feux
Tu ne t'engages jamais dès que le signal a commencé : feu rouge clignotant allumé, barrières qui descendent ou fermées, signal sonore en fonction. Même si la barrière n'est qu'à moitié baissée, même si tu penses avoir le temps : tu attends.
Sans barrières ni feux
Là, tout repose sur toi : ralentis, regarde des deux côtés, écoute, puis franchis sans t'arrêter sur les rails. Un passage à niveau se traverse d'un trait, jamais en s'immobilisant dessus.
La règle d'or, celle qui sauve : ne t'engage jamais si tu n'es pas certain de pouvoir dégager complètement de l'autre côté. S'il y a un bouchon ou un feu rouge juste après, tu attends avant le passage à niveau, jamais dessus.
Les interdictions et le pire cas
Sur un passage à niveau, il est interdit de s'arrêter ou de stationner, de dépasser à son approche (voir 6.2) et de faire demi-tour. Si ton véhicule cale ou reste immobilisé sur les voies, la priorité absolue est de faire sortir tout le monde immédiatement, puis d'appeler immédiatement le 1711, le numéro d'urgence d'Infrabel, qui peut faire arrêter les trains. Ce numéro est affiché sur un panneau à chaque passage à niveau. Ensuite seulement, si c'est possible sans danger, tu dégages le véhicule.
Franchir un passage à niveau fermé ou malgré le signal est une infraction du 4e degré, le degré le plus élevé du code, avec les amendes les plus lourdes et une déchéance possible du droit de conduire. FG Le détail des degrés d'infraction est au module 09.
La marche arrière et le demi-tour
Deux manœuvres délicates parce qu'on y voit mal et qu'on les fait souvent sans réfléchir. Ce sont des manœuvres : on cède à tous.
La marche arrière
Reculer est une manœuvre à part entière : tu cèdes le passage à tous les usagers. La procédure :
- Contrôle tout autour AVANT de bouger : derrière, sur les côtés, devant.
- Regarde par la lunette arrière, en te retournant. Les rétroviseurs et la caméra ne suffisent pas, ils ont leurs propres angles morts.
- Recule lentement, prêt à t'arrêter au moindre doute.
- Si la visibilité est nulle, fais-toi aider par une personne à l'extérieur.
La marche arrière doit rester exceptionnelle et sur une courte distance. Bon à savoir : tu es dispensé de la ceinture le temps d'effectuer une manœuvre en marche arrière, pour pouvoir te retourner librement.
Elle est interdite sur autoroute et route pour automobiles FG, dans les tunnels et sur un passage à niveau.
Le demi-tour
Faire demi-tour est aussi une manœuvre : tu cèdes à tous. Il est interdit :
- là où la visibilité est insuffisante (virage, sommet de côte),
- sur autoroute et route pour automobiles FG,
- dans un tunnel et sur un passage à niveau : le code ne l'interdit pas en toutes lettres, mais le danger l'exclut, et la plupart de ces tunnels sont de toute façon sur autoroute,
- là où un panneau l'interdit.
Le panneau d'interdiction de faire demi-tour est un disque à bord rouge portant une flèche qui revient sur elle-même, valable jusqu'au prochain carrefour inclus : le carrefour lui-même est donc couvert.
Récapitulatif final
Tout le module tient dans ce tableau. Si tu sais, pour chaque manœuvre, ce que tu contrôles, ce que tu annonces et à qui tu cèdes, tu as le thème.
Le tableau des manœuvres
| Manœuvre | Ce que je contrôle | Ce que j'annonce | À qui je cède |
|---|---|---|---|
| Démarrer | Rétros + angle mort | Clignotant | À tous (manœuvre) |
| Changer de bande | Rétro + angle mort du côté | Clignotant du côté | À la bande visée |
| Dépasser | Visibilité + angle mort gauche | Clignotant gauche puis droit | Au trafic d'en face |
| Tourner à droite | Angle mort droit (cycliste) | Clignotant droit | Piétons + cyclistes |
| Tourner à gauche | Trafic d'en face | Clignotant gauche | En face + piétons |
| Demi-tour | Tout autour + visibilité | Clignotant | À tous (manœuvre) |
| Marche arrière | Tout autour, lunette arrière | Clignotant | À tous (manœuvre) |
| S'insérer sur autoroute | Angle mort gauche | Clignotant gauche | Au trafic déjà présent |
Le tableau des interdictions de dépasser
| Situation | Dépassement | Pourquoi |
|---|---|---|
| Visibilité insuffisante (virage, sommet de côte) | Interdit | Tu dépasses vers une zone que tu ne vois pas |
| Passage à niveau sans barrières ni feux | Interdit | Tu masques le train, tu risques de rester coincé |
| Approche d'un carrefour, non prioritaire | Interdit | Un usager peut déboucher, masqué par le dépassement |
| Véhicule arrêté devant un passage pour piétons | Interdit | Un piéton peut être masqué en train de traverser |
| Carrefour sur voie prioritaire, ou réglé par agent ou feux | Autorisé | Tu as la priorité, pas de risque de débouché |
| Un deux-roues, sous une interdiction de dépasser | Autorisé | Elle ne vise pas les deux-roues |
| Tripler sur une chaussée à trois bandes ou plus | Autorisé | Il y a la place, pas de front avec l'en-face |
* Sources de ce module : arrêté royal du 1er décembre 1975, articles 9 (place sur la chaussée, couloir de secours), 12 et 12bis (manœuvres et tirette), 13 (indicateurs de direction), 15 (croisement), 16 et 17 (dépassement et interdictions de dépasser), 19 (changement de direction), 20 (passage à niveau), 21 (autoroute), 22 (route pour automobiles), 24 (arrêt et stationnement) et 77 (marquages) ; arrêté royal du 30 septembre 2005 pour les degrés d'infraction.
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