
Les équipements et documents obligatoires
Avant de parler d'accident, un point simple : ce que la loi t'impose d'avoir à bord, et pourquoi. Ces objets ne servent qu'un jour, mais ce jour-là, ils comptent.
Les quatre équipements obligatoires
En Belgique, une voiture doit avoir quatre équipements à bord :
- Un gilet de sécurité rétroréfléchissant, pour être vu dès que tu sors sur la chaussée.
- Un triangle de danger, pour signaler un véhicule immobilisé (section 11.2).
- Un extincteur, une particularité belge, la Belgique étant un des rares pays à l'imposer dans les voitures.
- Une trousse de secours (coffret de premiers soins).
Le gilet, à portée de main
Un bon réflexe, plus qu'une obligation de rangement : garde le gilet dans l'habitacle, pas dans le coffre. La raison est évidente, tu dois pouvoir l'enfiler avant de sortir du véhicule, et non aller le chercher à l'arrière en pleine circulation. Le port du gilet est obligatoire quand tu sors d'un véhicule immobilisé sur l'autoroute ou une route pour automobiles, de jour comme de nuit. FG
Les documents à bord
Tu dois pouvoir présenter ton permis (en être titulaire ET le porter sur toi), ta carte d'identité, le certificat d'immatriculation, le certificat de contrôle technique et le certificat d'assurance. Une nuance utile : seul le certificat d'assurance peut être présenté en copie ou sur ton téléphone, les autres se présentent en original. Le détail des documents lors d'un contrôle est au module 09, et les documents du véhicule au module 10.
L'attestation de perte ne remplace pas le permis
Une simple attestation de perte du permis, délivrée par la police, ne permet pas de conduire. Tant que tu n'as pas ton duplicata, tu ne prends pas le volant.
Avant l'accident : le sur-accident
On place cette section tôt, volontairement, parce que le second accident est souvent plus grave que le premier. Il fauche ceux qui se sont arrêtés, les sauveteurs, les curieux. L'éviter est ta première mission.
Repérer un accident à l'avance
Plusieurs signes t'avertissent avant que tu ne voies l'accident : un ralentissement soudain, des feux de détresse en chaîne, des débris sur la chaussée, de la fumée. Dès que tu les vois, tu te prépares.
Ce que je fais en approchant
- Ralentis tôt, sans freiner brutalement.
- Allume tes feux de détresse pour avertir ceux qui te suivent.
- Augmente ta distance avec le véhicule devant toi.
Et forme le couloir de secours. La manœuvre tient en une phrase : la file de gauche serre à gauche, toutes les autres serrent à droite, et le passage s'ouvre entre les deux. Il se forme dès que la circulation ralentit, sans attendre l'arrêt complet. Et il ne se forme pas sur la bande d'arrêt d'urgence, qui doit rester libre pour d'autres usages.
Ne pas s'arrêter pour regarder
Le badaudage crée des embouteillages et provoque des accidents, y compris sur la voie d'en face. Tu ne t'arrêtes que si tu peux réellement aider, ou si tu es impliqué. Regarder ne sert à personne.
Où s'arrêter, si l'on s'arrête
Si tu t'arrêtes pour porter secours, arrête-toi au-delà de l'accident et non avant, sur la bande d'arrêt d'urgence ou hors chaussée, feux de détresse allumés, jamais en travers de la route. Ton véhicule ne doit pas devenir un obstacle de plus.
La panne sans accident
Tomber en panne n'est pas un accident, mais un véhicule immobilisé sur la route est un danger. Voici les bons gestes, dans l'ordre.
Mettre le véhicule en sécurité
Range ton véhicule comme un stationnement, hors chaussée si possible, sur la bande d'arrêt d'urgence à défaut. Les règles d'arrêt et de stationnement, ainsi que la durée maximale d'immobilisation d'un véhicule en panne, sont au module 05.
Les trois gestes, dans l'ordre
- Allume les feux de détresse.
- Enfile le gilet, avant de sortir.
- Sors par le côté opposé à la circulation.
Le triangle de danger
Place le triangle derrière ton véhicule pour avertir ceux qui approchent :
- Sur une route ordinaire : à au moins 30 mètres.
- Sur autoroute : à au moins 100 mètres.
Positionne-le pour qu'il soit visible d'environ 50 mètres, de jour comme de nuit, en complément des feux de détresse. Le triangle est obligatoire : les feux de détresse ne le remplacent pas, tu dois le poser.
Ta sécurité passe avant le triangle
Il y a des cas où poser le triangle serait plus dangereux que de ne pas le poser : un virage sans visibilité, une autoroute très chargée. Alors on ne prend pas le risque de marcher longtemps sur la chaussée. La sécurité de la personne prime sur la pose du triangle.
Sur autoroute, la règle qui sauve
Sur autoroute, ne reste jamais dans le véhicule ni juste à côté. Tu t'éloignes et tu attends derrière la glissière de sécurité, en amont. La bande d'arrêt d'urgence est l'un des endroits les plus dangereux qui soient.
Appeler le dépannage
Les anciennes bornes d'appel oranges des autoroutes n'existent plus : elles ont été démontées, en 2017 en Flandre et en 2021 en Wallonie. Tu appelles donc avec ton téléphone, le 112 ou le 101. Le point difficile devient alors de dire où tu es : appuie-toi sur les bornes kilométriques et le numéro de l'autoroute.
Le remorquage occasionnel
Dépanner un ami en le tractant est autorisé sur route ordinaire, à allure très réduite et avec les feux de détresse. C'est en revanche interdit sur autoroute, où seul un dépanneur intervient, pour rejoindre la sortie la plus proche.
Immobilisé dans un endroit dangereux
Certains lieux demandent une réaction plus rapide : un virage sans visibilité, le sommet d'une côte, un tunnel, un passage à niveau. Le plus grave est le passage à niveau. Si ton véhicule y reste bloqué, la priorité est absolue et le véhicule n'a aucune importance :
- Fais sortir tout le monde immédiatement.
- Éloigne-toi des voies.
- Alerte au numéro d'urgence Infrabel, le 1711, avec l'identifiant inscrit sur l'autocollant du poteau.
La conduite à tenir sur les passages à niveau et dans les tunnels est détaillée au module 06.
Sécuriser : le premier réflexe
C'est le premier des trois temps, et le plus important : avant de secourir qui que ce soit, on empêche que la situation empire. Un sauveteur blessé devient une victime de plus.
Se protéger soi d'abord
Enfile ton gilet, place-toi hors de la chaussée, et garde un œil sur la circulation qui continue autour de toi. Tant que tu n'es pas en sécurité, tu n'es utile à personne.
Où te placer, et où surtout pas
Hors de la chaussée ne suffit pas à décrire l'endroit. Place-toi en amont de l'accident, du côté d'où vient le trafic, pour le voir arriver plutôt que le prendre dans le dos. Mets si possible un obstacle fixe entre toi et la circulation : une glissière, un talus, un arbre. Sur autoroute, c'est derrière la glissière, jamais devant. Et il y a un endroit à ne jamais choisir : entre deux véhicules. Si l'un est heurté par l'arrière, tu es écrasé au milieu.
Baliser les lieux
- Allume les feux de détresse des véhicules impliqués.
- Place ton triangle en amont.
- Demande à un témoin, à distance et en sécurité, de ralentir la circulation qui approche.
Supprimer les sur-risques
Ensuite, on réduit les dangers autour de l'accident : couper les moteurs qui tournent encore, serrer les freins de parking, ne pas fumer et demander aux témoins de ne pas fumer (une fuite de carburant est possible), et écarter les curieux.
On ne déplace pas les véhicules
Avant les constatations, on ne déplace pas les véhicules impliqués, sauf s'ils créent un danger immédiat. Il en va de même pour les victimes : la seule situation où l'on déplace une victime est un danger vital immédiat, comme un incendie ou un risque d'écrasement.
Alerter : l'appel au 112
Le deuxième temps. Un bon appel fait gagner de longues minutes aux secours. Un appel confus leur en fait perdre autant.
Les numéros belges
| Numéro | Pour quoi |
|---|---|
| 112 | Secours médicaux, pompiers, ambulance (et police). Le numéro d'urgence, partout en Europe. |
| 101 | Police. |
| 1733 | Médecin de garde, pour un problème non urgent le soir ou le week-end. |
| 1722 | Pompiers pour une intervention non urgente (intempéries, dégâts). |
| 1711 | Urgence Infrabel, véhicule bloqué sur un passage à niveau. |
L'application officielle 112 BE est utile : elle transmet automatiquement ta position au centre d'appel. Attention, les numéros belges sont le 112 et le 101, jamais les numéros de nos voisins.
Observer avant d'appeler
Trente secondes d'observation valent mieux qu'un appel dans la panique. Avant de composer le 112, regarde : où suis-je exactement, combien de véhicules et de victimes, y a-t-il des personnes bloquées, y a-t-il un incendie ou une fuite.
Ce qu'on dit au 112, dans l'ordre
- Le lieu, le plus précis possible : numéro d'autoroute, borne kilométrique, sens de circulation, repère visible.
- Le type d'accident : combien de véhicules, ce qui s'est passé.
- Les victimes : combien, et leur état apparent.
- Les dangers particuliers : incendie, fuite, véhicule sur la voie.
Ne raccroche jamais le premier
L'opérateur du 112 te pose des questions et te donne des instructions : il peut guider les gestes à distance, y compris un massage cardiaque. Reste en ligne et fais ce qu'il dit. C'est lui qui met fin à l'appel, pas toi.
Se localiser sur autoroute
Le point le plus difficile est souvent de savoir où l'on est. Sur autoroute, appuie-toi sur les bornes kilométriques, le numéro de l'autoroute, les panneaux de sortie et le sens de circulation. Un lieu approximatif fait perdre de longues minutes.
Appeler depuis un endroit difficile
Deux choses à savoir. Si tu n'as pas de réseau de ton propre opérateur, le 112 bascule automatiquement sur n'importe quel autre réseau disponible : tu peux donc appeler même sans signal de ton abonnement, tant qu'un réseau est présent. Et beaucoup de voitures récentes lancent un appel automatique aux secours (eCall) en cas de choc grave, en transmettant leur position : si ce système appelle, ne raccroche pas.
Personne n'a peut-être appelé
Ne suppose jamais que quelqu'un a déjà appelé. Sur autoroute, il arrive que personne n'appelle, parce que chacun pense que l'autre l'a fait. Dans le doute, appelle : un double appel ne gêne pas, une absence d'appel coûte des vies.
Secourir : les principes
Le troisième temps, et seulement le troisième. Secourir, c'est d'abord ne pas nuire. Le principe de non-aggravation gouverne tout ce qui suit : dans le doute, on ne fait rien de plus que sécuriser et alerter.
Ce qu'on ne fait pas
- On ne déplace pas une victime, sauf danger vital immédiat. Une lésion de la colonne peut être aggravée définitivement par un mauvais mouvement.
- On ne retire pas le casque d'un motard, sauf nécessité (section 11.6).
- On ne donne rien à boire, à manger, ni de médicament.
- On ne juge pas et on ne commente pas l'état de la victime devant elle.
Ce qu'on fait, toujours
On couvre la victime pour éviter qu'elle ne se refroidisse, on lui parle, on la rassure, et on reste avec elle jusqu'à l'arrivée des secours. Une présence calme fait déjà beaucoup.
Plusieurs victimes : le réflexe contre-intuitif
L'instinct pousse à aller vers celui qui crie. Or une personne qui crie respire, donc ses voies respiratoires sont libres. C'est la personne silencieuse et immobile qui peut être inconsciente, et donc la plus grave. Signale le nombre de victimes au 112 dès l'appel : l'opérateur hiérarchise et te dit vers qui aller en priorité. Si tu es seul face à plusieurs victimes, tu n'essaies pas de tout faire, tu alertes et tu suis ses instructions.
Organiser les témoins
Un groupe figé se débloque avec des ordres précis et nominatifs. Ne dis pas que quelqu'un appelle les secours, cela ne marche pas, chacun pense que l'autre s'en charge. Dis plutôt : vous, en veste bleue, appelez le 112. Vous, là-bas, allez chercher le défibrillateur. Un ordre précis, adressé à une personne, est presque toujours exécuté.
L'obligation d'assistance
Porter secours n'est pas seulement humain, c'est une obligation légale. Ne pas venir en aide à une personne en danger grave, alors qu'on pouvait le faire sans risque sérieux pour soi, est une infraction pénale, la non-assistance à personne en danger. FG
Les gestes qui sauvent
Voici les gestes de base, tels que la Croix-Rouge de Belgique les enseigne. Ils sont simples, mais chacun s'apprend vraiment en formation. Ici, tu découvres leur principe et le bon réflexe. Et rappelle-toi : le 112 te guide au téléphone, mets le haut-parleur et suis sa voix.
Vérifier la conscience
Parle fort à la personne, pose-lui une question simple, et secoue doucement ses épaules. Si elle ne réagit pas, elle est inconsciente : appelle le 112 tout de suite.
Vérifier la respiration
Une fois la personne inconsciente, vérifie si elle respire : penche prudemment sa tête en arrière, menton soulevé, puis regarde si le thorax se soulève, écoute et sens le souffle, pendant 10 secondes au maximum. Attention, une respiration haletante et anormale n'est pas une vraie respiration.
Inconsciente mais respire : la position latérale de sécurité
Si la personne est inconsciente mais respire, on la met sur le côté, en position latérale de sécurité. Le but : garder ses voies respiratoires libres et éviter qu'elle ne s'étouffe si elle vomit, la bouche étant tournée vers le bas. Les gestes précis s'apprennent en formation, et l'opérateur du 112 peut te guider. On surveille la respiration en attendant les secours.
Ne respire pas : la réanimation
Si la personne ne respire pas, chaque seconde compte. Alerte immédiatement le 112, mets le haut-parleur, et commence la réanimation si tu sais faire ou en te laissant guider :
- Place tes mains au centre du thorax.
- Appuie fort, d'environ 5 cm (sans dépasser 6).
- Enchaîne à un rythme de 100 à 120 par minute.
- Alterne 30 compressions et 2 insufflations, si tu sais les faire.
- Continue jusqu'à l'arrivée des secours ou d'un défibrillateur.
Si tu ne sais ou ne veux pas faire les insufflations, fais les compressions seules, sans interruption : c'est déjà très utile.
Le défibrillateur
Un défibrillateur externe (DEA) se trouve dans beaucoup de lieux publics, gares, centres commerciaux, administrations, clubs sportifs. Dès qu'on peut en apporter un, on l'utilise. Il te parle et te guide pas à pas, il analyse seul le cœur et ne délivre un choc que si c'est nécessaire : tu ne peux donc pas te tromper en l'utilisant. On ne touche personne pendant l'analyse et le choc.
Une hémorragie
Face à un saignement important, le geste est simple : comprime directement la plaie avec un linge propre ou ta main protégée, et maintiens la pression sans relâcher jusqu'aux secours. Si l'hémorragie d'un bras ou d'une jambe ne s'arrête pas malgré la compression, un garrot peut être posé, mais c'est un geste qui s'apprend en formation : suis alors les indications du 112.
Une brûlure
Refroidis à l'eau pendant 20 minutes, en commençant dans les 20 minutes qui suivent la brûlure. La bonne température est la plus fraîche que la victime supporte pendant ces 20 minutes : jamais de glace ni d'eau glacée, qui aggravent la lésion. Ne mets rien d'autre dessus, ni corps gras, et ne perce pas les cloques. Ensuite, couvre sans serrer.
Une victime consciente
Si la personne est consciente mais choquée, allonge-la, couvre-la, rassure-la et surveille-la en attendant les secours. On ne lui donne rien à boire.
Le casque du motard
En principe, on laisse le casque en place : le retirer risque d'aggraver une lésion de la tête ou de la nuque. Le bon premier geste est d'ouvrir la visière : ça suffit dans la plupart des cas pour parler à la victime, voir son visage et vérifier sa respiration.
On ne retire le casque que dans trois situations :
- la victime est inconsciente et sa respiration est menacée, ou elle doit être réanimée ;
- elle vomit ;
- elle saigne abondamment à la tête.
Dans ces cas, on le fait de préférence à deux : l'un maintient la tête alignée, l'autre écarte doucement le casque, sans plier la nuque. Et dans tous les cas, on suit les instructions du 112.
Ce qu'on ne fait jamais
- On ne retire pas un objet planté dans une plaie : on comprime autour.
- On ne remet pas un membre ou une articulation en place.
- On ne fait rien boire ni manger.
- On ne laisse pas repartir seule une personne qui a reçu un choc à la tête, même si elle dit aller bien : on la fait examiner.
Ce cours ne remplace pas une formation
Lire ces gestes ne remplace pas de les avoir pratiqués. La Croix-Rouge de Belgique propose une formation aux premiers secours, le brevet européen (BEPS), accessible dès douze ans. Bon à savoir : selon la région et la filière, ce brevet peut dispenser de la formation aux premiers secours exigée dans le parcours du permis. Quelques heures qui peuvent, un jour, tout changer.
Les cas particuliers
Quelques situations demandent une attention particulière. Le fil rouge reste le même : sécuriser, alerter, secourir, sans aggraver.
Un usager vulnérable
Piéton, cycliste, motard : une victime vulnérable est souvent gravement atteinte même si elle semble aller bien, car rien ne la protège. Ne la laisse pas repartir, appelle les secours et fais-la examiner.
Une collision avec un animal
S'il s'agit d'un animal domestique identifiable, on cherche à prévenir son propriétaire. S'il s'agit de gibier ou d'un animal sauvage, on prévient la police, qui fait le nécessaire. Dans tous les cas, on sécurise les lieux et on ne s'approche pas d'un animal blessé et paniqué, qui peut être dangereux.
Un accident sans autre véhicule
Sortir seul de la route reste un accident : les obligations demeurent. En particulier, si tu as endommagé un bien (une barrière, un lampadaire, une clôture), tu dois prévenir. Endommager un bien et repartir sans rien faire, c'est un délit de fuite (section 11.10). Si le propriétaire est absent, laisse tes coordonnées de façon vérifiable ou préviens la police.
Un véhicule qui prend feu
De la fumée sous le capot, une odeur âcre : tu as très peu de temps. Fais sortir tout le monde et éloigne les gens à bonne distance. Ensuite seulement, et uniquement si le feu débute à peine, l'extincteur du bord sert à quelque chose : on vise la base des flammes, jamais la fumée. Le capot ne s'entrouvre que de quelques centimètres, jamais en grand, car l'air qui entre relance le feu d'un coup. Dès que les flammes prennent de l'ampleur, tu n'insistes pas : un réservoir et une batterie ne se combattent pas avec un extincteur de voiture. Tu t'éloignes et tu laisses faire les pompiers.
Un véhicule électrique
Si un véhicule électrique est impliqué, signale-le aux secours dès l'appel. Ne touche pas les câbles oranges (haute tension). Et si la batterie prend feu, l'extincteur ne sert plus à rien : ce type de feu se rallume tout seul et demande des quantités d'eau qu'un particulier n'a pas. On s'éloigne et on attend les pompiers, qui savent quoi faire.
Un transport de matières dangereuses
Un camion qui porte des plaques orange transporte des matières dangereuses. En cas d'accident : ne t'approche pas, place-toi au vent, c'est-à-dire le vent dans le dos, pour que d'éventuelles émanations s'éloignent de toi, et informe précisément le 112, en lui lisant si possible les chiffres inscrits sur la plaque orange, qui identifient le produit.
Un accident dans un tunnel
Un tunnel concentre tout : la fumée n'a nulle part où aller, et personne ne voit ce qui se passe devant. Coupe le moteur et laisse la clé sur le contact, pour que les secours puissent déplacer ta voiture. Utilise le téléphone d'urgence du tunnel plutôt que ton portable : il dit aux secours dans quel tunnel et à quelle hauteur tu es. S'il y a de la fumée, tu sors du véhicule et tu rejoins à pied la sortie de secours la plus proche. Et tu ne fais jamais demi-tour, tu ne recules pas. Le comportement complet en tunnel est au module 06.
Une victime coincée
Si quelqu'un est bloqué dans un véhicule, tu ne tires pas dessus. Dis-le au 112 dès l'appel, car il faut alors les pompiers et leur matériel de désincarcération, pas seulement une ambulance. En attendant, tu parles à la personne, tu la couvres et tu surveilles sa respiration. Ta voix et ta présence valent mieux que tout ce que tu pourrais tenter seul.
Le témoin non impliqué
Si tu n'es pas impliqué, tu n'as pas à t'arrêter systématiquement, mais tu dois t'arrêter si tu peux réellement aider, ne pas gêner les secours, et accepter de témoigner si on te le demande. Ton témoignage peut être précieux pour établir les faits.
Quand c'est toi qui es dans l'accident
Tout ce qui précède suppose que tu es témoin. Mais un jour, c'est peut-être toi qui es impliqué. Le stress et l'adrénaline changent tout : on est souvent sonné, et la douleur peut être masquée.
Les premiers instants
Ne bouge pas brusquement. Prends trois secondes pour t'évaluer avant de sortir : est-ce que j'ai mal quelque part, est-ce que je peux bouger. L'adrénaline peut cacher une blessure, alors on ne se fie pas seulement à ce qu'on ressent sur le moment.
Avant de sortir
- Coupe le contact et serre le frein de parking.
- Allume les feux de détresse.
- Regarde la circulation autour de toi.
- Enfile ton gilet.
- Sors du côté opposé au trafic.
Si tu ne peux pas sortir
Si ta portière est bloquée ou si tu soupçonnes une blessure au dos ou au cou, ne force pas. Reste attaché, garde ton calme, appelle ou fais appeler le 112, et attends les secours. Vouloir sortir à tout prix peut aggraver une blessure.
Tes passagers
Occupe-toi d'abord des personnes, avant le véhicule et les formalités. Vérifie les enfants en premier : ils ne savent pas toujours dire où ils ont mal.
Si tu te sens mal après coup
Dis-le aux secours, ne minimise pas, et ne reprends pas le volant. Certaines douleurs apparaissent plus tard.
L'état de choc est normal
Après un accident, il est normal de trembler, d'être confus, d'avoir du mal à décider. Ce n'est pas un signe de faiblesse. Dis-le, fais-toi aider, et ne reste pas seul. Un accompagnement existe.
Le constat amiable
Le constat amiable fait peur, à tort. Bien rempli, il protège tout le monde. Encore faut-il comprendre à quoi il sert vraiment.
Ce que tout le monde ignore
Le constat n'établit pas les responsabilités. Il fixe les faits : qui, quand, où, comment. Ce sont les assureurs qui déterminent ensuite les responsabilités à partir de ces faits. Signer un constat n'est donc pas reconnaître sa faute, c'est acter ce qui s'est passé.
Quand le remplir
On remplit un constat pour un accident matériel sans blessé. Dès qu'il y a un blessé, même léger, on appelle la police.
Le recto et le verso
Le recto se remplit et se signe sur place, par les deux conducteurs. Une fois signé, plus rien ne peut y être modifié : vérifie donc bien avant de signer. Le verso, lui, se complète plus tard, chacun de son côté.
Les points à ne pas rater
- La date et l'heure, le lieu précis.
- Les circonstances cochées : c'est la partie la plus importante, coche exactement ce qui s'est passé.
- Le croquis et les dégâts apparents.
- Les témoins et leurs coordonnées.
- La signature des deux parties.
Le croquis
Un bon croquis montre la position des véhicules, le sens de circulation, la signalisation et les marquages, et le nom des rues. Simple et clair vaut mieux que détaillé et confus.
Le constat sur smartphone
Il existe des applications de constat électronique en Belgique : elles ont la même valeur que le constat papier. Dans tous les cas, avant de déplacer les véhicules, photographie la scène : vue d'ensemble, position des véhicules, dégâts de chacun, plaques, signalisation et marquages, traces au sol. Les photos ne remplacent pas le constat, mais elles le complètent utilement.
L'autre conducteur ne parle pas ta langue
Le constat européen est standardisé : les cases se correspondent d'une langue à l'autre. Chacun peut donc remplir sa version dans sa propre langue, et les deux resteront compréhensibles. Si tu es seul et sans constat, note au minimum la plaque, la marque, le modèle, l'heure, le lieu et les coordonnées des témoins.
Quand appeler la police malgré tout
Certains cas imposent d'appeler la police plutôt que de se contenter d'un constat :
- Désaccord ou refus de signer.
- L'autre conducteur n'est pas en règle, semble sous influence, ou n'est pas assuré.
- Un conducteur qui veut partir.
- Des dégâts à un bien public.
- Un blessé, même léger.
Si la police ne se déplace pas, rends-toi au commissariat au plus vite pour faire acter les faits. Dans tous les cas, tu dois rester sur place et présenter ta carte d'identité. Enfin, déclare le sinistre à ton assureur au plus tard dans les 8 jours.
Le délit de fuite
C'est l'une des fautes les plus graves qu'un conducteur puisse commettre, et souvent par panique plutôt que par malveillance. La connaître, c'est ne jamais la commettre.
La définition
Le délit de fuite, c'est quitter intentionnellement les lieux d'un accident auquel on a participé, ou qu'on soupçonne avoir causé, pour échapper aux constatations utiles. Deux choses à bien comprendre :
- Il n'est pas nécessaire d'avoir causé l'accident, ni qu'il y ait des blessés.
- Il s'applique aussi aux simples dégâts matériels, y compris à un véhicule en stationnement ou à un bien public.
Autrement dit, celui qui accroche une voiture garée et repart sans laisser ses coordonnées commet un délit de fuite. FG
Le bon comportement sur les lieux
Pour ne jamais tomber dans le délit de fuite, la règle tient en trois gestes : tu t'arrêtes, tu restes sur place, tu t'identifies. Si le propriétaire du bien touché est absent, tu laisses tes coordonnées de façon vérifiable ou tu préviens la police. Ne jamais partir sans rien faire.
Si tu t'en aperçois seulement après
Il arrive qu'on sente un choc sans comprendre, ou qu'on découvre une trace sur son pare-chocs en rentrant. Le délit de fuite suppose une intention de se soustraire aux constatations : partir sans avoir rien remarqué n'en est pas un. Mais dès que tu réalises, tu ne laisses pas courir. Rends-toi au commissariat le plus vite possible pour déclarer les faits. Une démarche spontanée te met à l'abri ; attendre que la police te retrouve grâce à une caméra ou à un témoin te met dans la position exactement inverse.
Les conséquences
Les sanctions pénales du délit de fuite, qui montent selon qu'il y a des dégâts matériels ou des blessés, sont détaillées au module 07 et au module 09. Et il y a le coût caché : en cas de délit de fuite, ton assureur peut se retourner contre toi après avoir indemnisé la victime, comme l'explique le module 09. Fuir coûte toujours plus cher que rester.
Après l'accident
Une fois les secours partis et le constat rempli, il reste des démarches. Rien d'urgent, mais utile à connaître pour ne pas être perdu.
Le véhicule qui ne roule plus
S'il ne roule plus, un dépannage l'emmène. Sur autoroute, tu ne choisis pas toujours ton dépanneur : c'est un dépanneur agréé qui intervient. Sans contrat d'assistance, l'appel au 101 en envoie un. Si tu es membre d'une organisation d'assistance (Touring, VAB), elle intervient pour toi.
L'expertise et l'épave
Un expert évalue les dégâts. Si la réparation coûte plus cher que la valeur du véhicule, il est déclare économiquement irréparable : c'est ce qu'on appelle une épave, et l'assurance t'indemnise sur la base de la valeur du véhicule.
Le véhicule de remplacement
Selon ton contrat, tu peux disposer d'un véhicule de remplacement et d'une protection juridique qui prend en charge la défense de tes intérêts. Vérifie ce que couvre ton assurance.
Le suivi médical : consulter même sans douleur
Après un choc, consulte un médecin même si tu n'as pas mal. Certaines lésions, comme au niveau du cou, apparaissent seulement un ou deux jours plus tard. Un certificat médical établi tôt est aussi important pour ton indemnisation.
Le choc psychologique
Se sentir secoué, angoissé ou incapable de reconduire après un accident est normal, et ce n'est pas un signe de faiblesse. Un accompagnement existe : parles-en à ton médecin.
Un accident à l'étranger
Le constat européen est valable dans toute l'Europe, et le 112 fonctionne partout en Europe. Tu remplis ton constat dans ta langue, les cases se correspondent. Conserve les coordonnées de l'autre conducteur et de son assurance.
L'aptitude médicale et l'obligation de déclaration
Conduire suppose d'être médicalement apte. À la suite d'un accident, d'une maladie ou d'un traitement, cette aptitude peut être remise en cause, et la loi prévoit alors une obligation.
Ce qui peut te rendre inapte
Ce n'est pas réservé aux cas graves. Une vue qui descend sous le minimum légal, une épilepsie, un diabète mal équilibré, une apnée du sommeil non traitée, un trouble cardiaque, une atteinte des membres après un accident, ou un traitement qui altère durablement la vigilance : chacun peut suspendre ton aptitude, parfois seulement le temps de guérir.
L'obligation de déclaration
Si tu n'es plus médicalement apte à conduire, tu as l'obligation de restituer ton permis dans les 4 jours ouvrables au service permis de conduire de ta commune. On ne conduit pas tant qu'on n'est pas de nouveau apte.
Le rôle du médecin et la récupération
C'est le médecin qui évalue l'aptitude. Le permis n'est restitué que sur présentation d'un certificat médical attestant que tu remplis à nouveau les conditions, parfois avec des conditions particulières (port de lunettes, aménagements du véhicule).
Quand il faut plus qu'un avis de médecin
Pour les cas complexes, un organisme agréé évalue ta capacité à conduire après une maladie ou un accident, et détermine si le véhicule doit être adapté. Il dépend de ta région : le CARA (Vias) en Flandre et à Bruxelles, le DAC de l'AWSR en Wallonie. Sa décision se traduit par des codes inscrits sur ton permis, qui disent à quelles conditions tu peux conduire : correction visuelle, boîte automatique, commandes déplacées au volant.
Récapitulatif final
Une page à garder en tête. Si tu ne devais retenir qu'une chose de ce module, ce serait la fiche réflexe ci-dessous.
La fiche réflexe : sécuriser, alerter, secourir
1. SÉCURISER. Gilet. Feux de détresse. Triangle. Je me place hors de la chaussée. Je coupe les moteurs. Je ne déplace ni véhicule ni victime, sauf danger vital.
2. ALERTER. J'appelle le 112. Je dis le lieu, le type d'accident, le nombre de victimes, les dangers. Je ne raccroche pas le premier.
3. SECOURIR. Je vais d'abord vers la victime silencieuse. Inconsciente qui respire, sur le côté. Ne respire pas, je masse au centre du thorax (100 à 120 par minute) et je suis le 112. Hémorragie, je comprime. Je ne donne rien à boire. Je couvre, je rassure, je reste.
Les numéros d'urgence
| Numéro | Pour quoi |
|---|---|
| 112 | Secours médicaux, pompiers, ambulance (et police) |
| 101 | Police |
| 1733 | Médecin de garde, non urgent |
| 1722 | Pompiers, intervention non urgente |
| 1711 | Urgence Infrabel, passage à niveau |
Le triangle et le gilet
| Où / quand | |
|---|---|
| Gilet | Dans l'habitacle ; enfilé avant de sortir ; porté quand on sort sur autoroute ou route pour automobiles |
| Triangle | 30 m sur route ordinaire, 100 m sur autoroute, visible à 50 m, jour comme nuit |
Ce qu'on fait, ce qu'on ne fait jamais
| On fait | On ne fait jamais |
|---|---|
| Sécuriser avant de secourir | Déplacer une victime sans danger vital |
| Appeler le 112 et rester en ligne | Retirer un casque sans raison |
| Mettre sur le côté si inconsciente et respire | Donner à boire ou à manger |
| Comprimer une hémorragie | Retirer un objet planté dans une plaie |
| Couvrir, rassurer, rester | Laisser repartir après un choc à la tête |
| Me placer en amont, derrière un obstacle fixe | Attendre entre deux véhicules |
| Entrouvrir le capot de quelques centimètres sur un début de feu | Ouvrir le capot en grand, ou insister quand ça dépasse |
La checklist du constat
- Date, heure, lieu précis.
- Circonstances cochées, la partie la plus importante.
- Croquis, dégâts apparents.
- Témoins et coordonnées.
- Signatures, après vérification.
- Photos avant de déplacer les véhicules.
* Sources de ce module : loi du 16 mars 1968 relative à la police de la circulation routière, article 33 pour le délit de fuite et article 42 pour l'aptitude à la conduite ; arrêté royal du 1er décembre 1975, article 51 pour les feux de détresse et le triangle de danger, articles 81 et 82 pour l'équipement obligatoire à bord ; article 422bis du Code pénal pour l'abstention de porter secours ; loi du 21 novembre 1989 sur l'assurance obligatoire pour l'indemnisation et le constat. Les gestes de premiers secours suivent les recommandations de la Croix-Rouge de Belgique et du Conseil européen de réanimation ; ce cours ne remplace pas une formation de secourisme. Numéro d'appel unique des secours : 112. Application officielle : 112 BE. Informations valables en 2026.
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