Module 10 · Cours · 16 sections · 46 min de lecture

Le véhicule : équipement & entretien

La voiture n'est pas une boîte noire. C'est une machine dont tu es responsable, et la connaître change tout : tu repères une usure avant la panne, tu comprends pourquoi une règle existe, et tu passes plus sereinement le contrôle technique du véhicule le jour de l'examen pratique. Car ce module sert aux deux épreuves, la théorie et la pratique. C'est aussi le module le plus riche en chiffres, donc celui où l'examen pose le plus de questions à réponse unique. Pour ne pas les apprendre par cœur sans logique, garde une grille en tête, elle revient à chaque page. Face à n'importe quelle obligation technique, demande-toi à laquelle de ces trois questions elle répond. Un, EST-CE QUE JE VOIS : l'éclairage, les vitres, les essuie-glaces, les rétroviseurs. Deux, EST-CE QUE JE SUIS VU : les feux, la plaque, les catadioptres, la signalisation du chargement. Trois, EST-CE QUE JE PEUX M'ARRÊTER ET DIRIGER : les pneus, les freins, la direction, les masses, le chargement. Je vois, je suis vu, je m'arrête. Si tu retiens cette grille, tu peux retrouver la logique d'une règle que tu as oubliée. Et pour chaque organe, on t'expliquera d'abord à quoi il sert, avant de dire ce que la loi impose : un chiffre qui découle d'une fonction se retient, un chiffre appris seul s'oublie.

10.0
Étape 10.0 sur 16

Le contrôle de départ

On commence par le geste réel, celui que l'examen pratique teste et que tu feras toute ta vie de conducteur. La plupart des défaillances qui causent un accident sont visibles avant de partir. Trente secondes d'attention valent mieux qu'une panne sur l'autoroute.

Illustration en préparationToute obligation technique repond a l'une de ces trois questions. Retiens la grille, tu retrouveras la regle.

Le tour du véhicule

Avant de monter, fais le tour. Tu cherches cinq choses : des pneus visiblement dégonflés ou abîmés, un feu cassé, une plaque devenue illisible, une tache sous la voiture qui trahit une fuite, et un obstacle ou un enfant derrière toi. C'est le seul moment où tu vois ta voiture de l'extérieur.

La position de conduite

Bien réglée, elle te rend précis et elle te protège. Dans l'ordre :

  • Le siège : recule ou avance jusqu'à ce que tes jambes soient légèrement fléchies quand tu enfonces la pédale à fond, et que tes poignets tombent sur le haut du volant bras tendus.
  • Le dossier : presque droit, pour garder le contrôle et le contact avec le siège.
  • L'appuie-tête : son haut à la hauteur du sommet de ta tête, pas de ta nuque. Mal réglé, il ne protège pas du coup du lapin en cas de choc arrière.
  • Les rétroviseurs : règle-les une fois bien installé (voir plus bas).
Illustration en préparationJambes legerement flechies, poignets sur le haut du volant, appuie-tete au sommet de la tete : une bonne position rend precis et protege.

Le réglage des rétroviseurs

Règle les trois rétroviseurs pour voir juste un filet de ta propre carrosserie sur le bord intérieur : tu élargis ainsi le champ et tu réduis l'angle mort. Attention, un bon réglage réduit l'angle mort mais ne le supprime pas : le coup d'œil par-dessus l'épaule reste indispensable.

Illustration en préparationBien regles, les retros couvrent large, mais une zone reste aveugle sur les cotes arriere : d'ou le coup d'oeil par-dessus l'epaule.

La ceinture, tout de suite

Boucle-la avant de démarrer : bien à plat, sans vrille, la sangle basse sur les hanches et non sur le ventre, la diagonale sur l'épaule et non dans le cou. Son fonctionnement et son rôle technique sont à la section 10.9.

Le démarrage et les premiers instants

L'ordre des gestes : siège, rétroviseurs, ceinture, puis mise du contact. À cet instant, regarde le tableau de bord : tous les voyants s'allument, puis s'éteignent. Un voyant qui reste allumé signale une anomalie. C'est un test de santé gratuit, offert à chaque démarrage. Ensuite, frein enfoncé, tu démarres. Les premiers kilomètres, moteur froid, freins et pneus pas encore à température, demandent une conduite plus douce.

Illustration en préparationLe tour du vehicule en trente secondes : pneus, feux, plaque, fuite, obstacle, vitres. Le reflexe qui evite la panne.

Les vérifications périodiques

Pas chaque jour, mais régulièrement : les niveaux (huile, lave-glace, refroidissement, section 10.5), la pression des pneus (section 10.3), l'état des essuie-glaces, et le bon fonctionnement des feux (fais-toi aider par quelqu'un, ou observe leur reflet sur une vitrine).

Piège fréquent
L'appuie-tête ne se règle pas au niveau de la nuque mais au sommet de la tête : mal placé, il n'arrête pas le mouvement de la tête en cas de choc arrière et ne protège pas du coup du lapin.
10.1
Étape 10.1 sur 16

Les masses : MMA, MEC et ce que je peux conduire

C'est une des sections les plus testées, et elle conditionne ton permis lui-même. Tout part de deux mots qu'il ne faut jamais confondre.

Les définitions

  • La MMA, masse maximale autorisée : le poids total maximal du véhicule, fixé par le constructeur d'après la résistance de ses organes. C'est une limite théorique, elle figure sur le certificat d'immatriculation et ne change jamais.
  • La MEC, masse en charge : le poids réel du véhicule à un instant donné, passagers et chargement compris. Elle se mesure sur une balance et varie en permanence.
  • La masse à vide (tare) : le véhicule seul, sans passagers ni chargement.
  • La charge utile : ce que tu peux ajouter, soit la MMA moins la masse à vide.
Illustration en préparationLa MMA est une limite fixe inscrite sur le certificat ; la MEC est le poids reel, qui change a chaque chargement. On ne les confond jamais.

Calculer une masse en charge

L'examen aime ce calcul. La méthode est simple : tu additionnes la masse à vide, le poids des passagers, et le poids du chargement. Exemple : une voiture de 1300 kg à vide, avec 4 personnes de 70 kg (280 kg) et 120 kg de bagages, affiche une MEC de 1700 kg. Si sa MMA est de 1900 kg, tout va bien ; il te reste 200 kg de marge. Si tu ajoutes une remorque ou du matériel lourd et que tu dépasses 1900 kg, tu es en surcharge.

Ce que le permis B autorise

Le permis B te permet de conduire voiture, break, monospace, camionnette ou minibus, tant que la MMA ne dépasse pas 3500 kg et que le véhicule ne compte pas plus de 8 places outre celle du conducteur. Le détail des catégories de permis est au module 09 ; la remorque et l'attelage font l'objet de la section 10.11.

La surcharge

Dépasser la MMA n'est pas un détail. Une voiture surchargée freine plus loin, tient moins bien la route, use et échauffe ses pneus au point de risquer l'éclatement, et fatigue ses freins. C'est une infraction, sanctionnée. FG

Le piège des panneaux de masse

Selon le panneau, la limite ne vise pas la même masse, et c'est un classique d'examen.

Le panneau rond à bord rouge portant un chiffre en tonnes masse maximale autorisée en charge vise la masse en charge RÉELLE au moment où tu passes, pas la MMA de ton certificat. Une camionnette peu chargée ce jour-là peut donc passer, même si sa MMA est plus élevée que le chiffre affiché.

Le panneau rond à bord rouge montrant une camionnette accès interdit aux véhicules affectés au transport de choses vise, lui, le type de véhicule : il interdit les véhicules affectés au transport de choses. Complété d'un panneau additionnel de tonnage, il vise alors la MMA.

À retenir : le chiffre seul parle de la masse réelle, la camionnette avec tonnage parle de la MMA. La reconnaissance de ces panneaux est au module 02.

Piège fréquent
Le panneau rond qui n'affiche qu'un chiffre en tonnes ne vise pas la MMA inscrite sur ton certificat, mais la masse réelle de ton véhicule au moment de passer. Celui qui montre une camionnette avec un tonnage, lui, vise bien la MMA. C'est la confusion classique de l'examen.
10.2
Étape 10.2 sur 16

L'éclairage et la signalisation du véhicule

L'éclairage sert les deux premières questions de la grille : il t'aide à voir, et il te rend visible. Ici, on présente chaque feu comme un équipement, à quoi il sert et quand il est obligatoire ou interdit. Le détail de l'emploi selon la météo et la nuit est au module 08, on ne le réécrit pas.

Chaque feu et son rôle

  • Feux de position (veilleuses) : signalent ta présence à l'arrêt ou dans la circulation, ils n'éclairent pas la route.
  • Feux de croisement (codes) : ton éclairage de base la nuit, portée d'environ 30 mètres, sans éblouir les autres.
  • Feux de route (pleins phares) : longue portée, uniquement quand tu n'éblouis personne.
  • Feu de brouillard avant : par brouillard, neige ou forte pluie.
  • Feu de brouillard arrière : obligatoire par brouillard ou chute de neige ramenant la visibilité sous 100 mètres environ, et par forte pluie. En dehors, il est interdit car il éblouit celui qui te suit.
  • Feux stop : s'allument au freinage pour prévenir l'arrière.
  • Indicateurs de direction (clignotants) : annoncent ton intention.
  • Feux de détresse : les quatre clignotants ensemble, pour signaler un danger ou un arrêt forcé.
  • Feux de recul : blancs, ils signalent ta marche arrière.
  • Éclairage de la plaque : blanc, il rend la plaque arrière lisible la nuit.
Illustration en préparationChaque feu a un nom et un role. Savoir les nommer, c'est savoir lequel allumer et lequel eviter.
Illustration en préparationUn memo par situation. Le detail des seuils et des conditions est au module 08.

Les feux de jour

Les feux de jour (DRL) équipent d'office les voitures depuis 2011. Ils te rendent plus visible de jour, mais attention : ils n'éclairent pas l'arrière du véhicule et ne remplacent pas les feux de croisement quand la visibilité baisse. Rouler de nuit avec les seuls feux de jour, c'est être invisible de l'arrière.

Les catadioptres

Ce sont les réflecteurs qui renvoient la lumière des phares d'un autre véhicule : rouges à l'arrière, ils assurent ta visibilité passive même moteur éteint. Une remorque en ajoute à l'arrière, de forme triangulaire (section 10.11).

La plaque d'immatriculation

La plaque belge, caractères rouge foncé sur fond blanc rétroréfléchissant, doit rester lisible, bien fixée et éclairée à l'arrière. La masquer, la salir au point de la rendre illisible ou en modifier les caractères est une infraction. FG

Le klaxon

L'avertisseur sonore ne sert qu'à éviter un accident, et aussi brièvement que possible. En agglomération, tu ne l'emploies qu'en cas de danger. La nuit, sauf danger imminent, tu le remplaces par de brefs appels de phares. Il ne sert jamais à exprimer l'agacement.

Piège fréquent
Les feux de jour ne remplacent pas les feux de croisement : ils n'éclairent pas l'arrière du véhicule. Rouler de nuit avec les seuls feux de jour te rend invisible pour ceux qui te suivent.
10.3
Étape 10.3 sur 16

Les pneumatiques

Regarde bien tes quatre pneus, car tout passe par eux. Ce sont les seuls points de contact entre ta voiture et la route, quatre surfaces à peine plus grandes qu'une carte postale chacune. Le freinage, la direction, l'adhérence : tout dépend de ces quatre empreintes.

Lire un pneu

Penche-toi sur le flanc de ton pneu : tout y est écrit. Tu y lis d'abord la dimension, du type 205/55 R16 : la largeur, la hauteur du flanc, puis le diamètre de la jante. Vient ensuite l'indice de charge, le poids maximal que ce pneu peut porter. Et enfin l'indice de vitesse, une lettre qui dit jusqu'à quelle vitesse il est conçu.

Quand tu remplaces un pneu, tu remontes toujours au moins l'équivalent de l'origine.

Illustration en préparationTout est ecrit sur le flanc : dimension, indice de charge, indice de vitesse. Il suffit d'apprendre a le lire.

La date de fabrication

Le marquage DOT se termine par quatre chiffres : les deux premiers donnent la semaine, les deux derniers l'année. Ainsi 2823 signifie la 28e semaine de 2023. C'est important, car un pneu vieillit même sans rouler : la gomme durcit et se fissure avec le temps. Un pneu neuf acheté mais fabriqué il y a des années n'est donc pas vraiment neuf.

Illustration en préparationLes quatre derniers chiffres du DOT : semaine et annee de fabrication. Un pneu vieillit meme sans rouler.

L'usure et le témoin

Un pneu usé n'accroche plus, surtout sur route mouillée. La profondeur des rainures ne doit jamais descendre sous 1,6 mm sur toute la largeur. Pour le vérifier sans outil, cherche le témoin d'usure (TWI) : de petites bosses de gomme au fond des rainures. Quand la surface du pneu arrive au niveau de ces bosses, la limite est atteinte et le pneu doit être remplacé. Rouler avec des pneus trop usés est une infraction et un motif de refus au contrôle technique. FG

Illustration en préparationLe temoin d'usure, au fond des rainures : quand la gomme l'atteint, il reste 1,6 mm, la limite legale.
Illustration en préparationA gauche l'adherence, a droite le danger. La difference se joue sur quelques millimetres de gomme.

Ce qui est interdit sur un pneu

Sur un véhicule de tourisme, il est interdit de retailler (recreuser) les rainures pour prolonger un pneu usé. Et sur un même essieu, les deux pneus doivent être identiques (même dimension, même type) : tu ne peux pas mélanger un pneu radial et un pneu diagonal, ni des pneus de caractéristiques différentes.

La pression

Une bonne pression, c'est de l'adhérence, une usure régulière, moins de consommation et pas de risque d'éclatement. La valeur recommandée est celle du constructeur : tu la trouves sur une étiquette dans l'encadrement de la portière conducteur ou sur la trappe à carburant, et dans le carnet. Vérifie-la à froid (un pneu chaud fausse la mesure), environ une fois par mois et avant un long trajet.

Pneus hiver, quatre saisons, à clous

En Belgique, les pneus hiver ne sont pas obligatoires (ils sont recommandés sous 7 degrés), et les pneus à clous ne sont autorisés qu'à titre exceptionnel, avec des vitesses réduites. Les périodes et les vitesses exactes sont au module 04.

La roue de secours et le changement de roue

Regarde ce que ta voiture emporte, car il y a trois cas. Une roue de secours normale, que tu montes et qui te ramène partout. Une galette, cette roue étroite de dépannage, limitée en général à 80 km/h et sur une courte distance. Ou un simple kit anti-crevaison, bombe et compresseur, qui ne fait que te dépanner provisoirement.

Pour changer une roue en sécurité : gare-toi à plat, serre le frein, fais sortir tout le monde. Desserre légèrement les boulons avant de lever la voiture, sinon la roue tourne dans le vide. Lève, retire, monte la nouvelle. Puis serre les boulons en croix, jamais en cercle. Le serrage en croix répartit la pression régulièrement et centre la roue ; en cercle, la roue se monterait de travers.

Illustration en préparationOn serre en croix, jamais en cercle : la pression se repartit et la roue se centre.

Enfin, pour l'adhérence et l'aquaplaning, vois le module 04.

Piège fréquent
Un pneu neuf peut ne pas être neuf : regarde le DOT. Fabriqué il y a plusieurs années, sa gomme a déjà vieilli et durci, même s'il n'a jamais roulé. La date compte autant que l'aspect.
10.4
Étape 10.4 sur 16

Les freins et la direction

Deux organes qui répondent à la troisième question de la grille : m'arrêter, et diriger. On les surveille aux signes, avant la panne.

Le freinage

Quand tu freines, des plaquettes viennent serrer un disque solidaire de la roue, et transforment le mouvement en chaleur. La commande passe par un liquide de frein sous pression. Ce liquide a une particularité : il absorbe l'humidité de l'air avec le temps, ce qui abaisse son point d'ébullition. Trop vieux, il peut se mettre à bouillir sous l'effet de la chaleur d'un freinage appuyé, former des bulles, et rendre la pédale molle. C'est pourquoi on le remplace périodiquement.

Les signes d'alerte des freins

  • Une pédale spongieuse ou qui s'enfonce plus que d'habitude : de l'air ou de l'humidité dans le circuit.
  • Un grincement ou un sifflement aigu au freinage : des plaquettes usées.
  • La voiture qui tire d'un côté quand tu freines : une usure inégale ou un étrier bloqué.
  • Une vibration dans le volant ou la pédale : des disques déformés.
  • Un voyant allumé : un niveau bas ou un défaut, à faire vérifier sans tarder.

En cas de panne de freins en roulant, la conduite à tenir dépend du système, et elle est détaillée au module 08.

Le fading : quand tes freins s'arrêtent de freiner

Un frein transforme le mouvement en chaleur. Tant qu'il a le temps de refroidir entre deux appuis, tout va bien. Mais si tu gardes le pied dessus longtemps, dans une longue descente par exemple, la température monte jusqu'à ce que les garnitures ne mordent plus. C'est le fading, et il arrive sans prévenir : la pédale devient molle, ta voiture ne ralentit plus.

Deux réflexes l'évitent. Tu freines par appuis francs et courts plutôt qu'en traînant le pied, et tu laisses le frein moteur retenir la voiture en rétrogradant. Si tu sens la pédale s'allonger, tu t'arrêtes et tu laisses refroidir : de l'eau sur un disque brûlant le fendrait.

Le circuit de freinage

Ta voiture ne dispose pas d'un frein, mais de trois fonctions distinctes, et l'examen aime cette distinction. Le frein de service, la pédale, est celui que tu utilises en roulant. Le frein de secours prend le relais si le premier lâche. Le frein de parking, mécanique (un levier ou une pédale) ou électronique (un bouton), immobilise la voiture à l'arrêt : sur la plupart des voitures, il agit sur les roues arrière et sert aussi de frein de secours.

Le circuit est hydraulique et il est dédoublé : si une conduite lâche, il te reste la moitié du freinage, en général en diagonale. C'est pour ça qu'une pédale qui descend anormalement bas doit t'envoyer au garage le jour même.

La direction

La direction traduit le mouvement du volant en angle des roues. Presque toutes les voitures ont une direction assistée qui allège l'effort. Le signe d'usure à connaître est le jeu au volant : si tu dois tourner le volant d'un certain angle avant que les roues ne réagissent, ou si la voiture ne tient pas droit sans corrections constantes, fais vérifier la direction.

Les amortisseurs et la suspension

On les oublie, et pourtant ils sont essentiels : leur rôle est de maintenir le pneu en contact avec la route. Des amortisseurs usés laissent la roue rebondir, ce qui dégrade la tenue de route et allonge la distance de freinage. Les signes : la voiture qui rebondit plusieurs fois après une bosse, qui plonge au freinage ou se balance en virage, et une usure irrégulière des pneus.

Piège fréquent
Des amortisseurs usés ne se voient pas, mais ils allongent ta distance de freinage : la roue rebondit au lieu de rester collée à la route. Si la voiture rebondit plusieurs fois après une bosse, fais-les vérifier.
10.5
Étape 10.5 sur 16

Sous le capot : les niveaux et les fluides

Pas besoin d'être mécanicien pour surveiller quelques niveaux. Ce sont des gestes simples qui évitent les grosses pannes.

L'huile moteur

L'huile est vitale pour ton moteur, et elle fait cinq choses à la fois. Elle lubrifie les pièces en mouvement et elle refroidit les zones que le liquide de refroidissement n'atteint pas. Elle nettoie, en emportant les impuretés vers le filtre, et elle protège de la corrosion. Enfin, elle assure l'étanchéité entre le piston et le cylindre.

Retiens les cinq : c'est une question d'examen classique.

Pour lire la jauge correctement : moteur froid (ou arrêté depuis quelques minutes), voiture sur un terrain plat. Retire la jauge, essuie-la, replonge-la à fond, ressors-la et lis : le niveau doit se situer entre les repères mini et maxi.

Illustration en préparationMoteur froid, sur terrain plat : on essuie, on replonge, on lit. Le niveau doit rester entre mini et maxi.
Illustration en préparationSous le capot, apprends a reperer les reservoirs : lave-glace, refroidissement, liquide de frein, et la jauge d'huile.

Le liquide de refroidissement

Il circule dans le moteur pour maintenir sa température, et se régule dans le vase d'expansion, où son niveau doit rester entre mini et maxi. Un avertissement de sécurité absolu : ne jamais ouvrir le bouchon quand le moteur est chaud. Le circuit est sous pression, et le liquide bouillant peut jaillir et te brûler. On attend le refroidissement.

Le liquide de frein et le lave-glace

Le liquide de frein, on l'a vu, absorbe l'humidité et se remplace périodiquement (section 10.4). Le lave-glace, souvent négligé, est indispensable pour garder une vue nette : garde le réservoir plein, et l'hiver, utilise un liquide antigel, sinon l'eau gèle dans les gicleurs et tu te retrouves sans projection au pire moment.

La batterie et les câbles de démarrage

La batterie fournit l'électricité pour démarrer et alimenter les équipements. Signes de faiblesse : un démarreur qui peine, des feux qui faiblissent, un démarrage difficile par temps froid. Si elle est à plat, tu peux démarrer avec des câbles et une autre batterie. L'ordre compte, pour ta sécurité :

  1. Pince rouge sur la borne plus (+) de la batterie à plat.
  2. Autre pince rouge sur la borne plus (+) de la batterie de secours.
  3. Pince noire sur la borne moins (-) de la batterie de secours.
  4. Dernière pince noire sur une partie métallique nue du véhicule en panne (le bloc moteur), jamais sur la borne moins de la batterie à plat.

Pourquoi ce dernier point ? Une batterie à plat dégage de l'hydrogène ; brancher la dernière pince à distance éloigne la petite étincelle de ces gaz et évite tout risque d'explosion. Pour débrancher, on procède dans l'ordre inverse.

Illustration en préparationRouge sur les bornes plus, noir sur le moins de la batterie de secours, puis la derniere pince noire sur une masse metallique, jamais sur le moins de la batterie a plat.

Les autres organes

Trois pièces que tu n'entretiens pas toi-même, mais dont le nom peut tomber. La courroie, de distribution ou d'accessoires, entraîne des organes essentiels et se remplace aux intervalles du carnet. Le filtre à air protège le moteur des impuretés. Et les bougies allument le mélange, sur un moteur essence. Un entretien sauté sur ces pièces coûte plus cher qu'il ne fait économiser.

Piège fréquent
On n'ouvre jamais le bouchon du circuit de refroidissement moteur chaud : il est sous pression, et le liquide bouillant peut jaillir et brûler. On attend toujours que le moteur refroidisse.
10.6
Étape 10.6 sur 16

Le moteur et les motorisations

Tu n'as pas besoin de savoir réparer un moteur, mais en comprendre le principe aide à le ménager et répond à des questions d'examen.

Le moteur à quatre temps

La plupart des moteurs fonctionnent en quatre temps, quatre phases qui se répètent :

  1. Admission : le piston descend et aspire le mélange d'air et de carburant.
  2. Compression : le piston remonte et comprime ce mélange.
  3. Combustion (ou détente) : le mélange s'enflamme et repousse le piston vers le bas. C'est le seul temps moteur, celui qui produit la force.
  4. Échappement : le piston remonte et chasse les gaz brûlés.

Une image simple : le moteur aspire, comprime, explose, expulse. Ces quatre mots, dans cet ordre, sont la réponse attendue à l'examen.

Illustration en préparationAspire, comprime, explose, expulse : les quatre temps, dans l'ordre. Seule la combustion produit la force.

Essence et diesel

Les deux diffèrent par la manière d'enflammer le mélange. En essence, une bougie d'allumage produit une étincelle qui met le feu au mélange comprimé. En diesel, il n'y a pas d'étincelle : l'air seul est si fortement comprimé qu'il devient brûlant, et le gazole injecté s'enflamme tout seul à son contact. Le diesel a des bougies de préchauffage, qui réchauffent la chambre pour démarrer à froid : ne les confonds pas avec les bougies d'allumage de l'essence.

Électrique et hybride

Un moteur électrique est alimenté par une batterie ; un hybride combine un moteur thermique et un moteur électrique. Un point technique intéressant, le freinage régénératif : au ralentissement, le moteur électrique fonctionne à l'envers, en génératrice, et transforme l'énergie du mouvement en électricité qu'il renvoie à la batterie. Il freine donc la voiture tout en la rechargeant, ce qui ménage les freins. À basse vitesse, ces véhicules sont très silencieux, un danger pour les piétons traité au module 07.

La boîte de vitesses

La boîte manuelle te fait choisir les rapports avec l'embrayage ; la boîte automatique le fait à ta place. Si tu passes ton examen sur une boîte automatique, ton permis porte le code 78 et te limite à ce type de véhicule. Un réflexe utile : en descente, laisser un rapport engagé pour utiliser le frein moteur plutôt que de chauffer les freins.

Les carburants et l'environnement

Chaque véhicule a une norme EURO qui mesure ses émissions polluantes. Sur cette base, plusieurs villes belges ont instauré des zones de basses émissions (LEZ). En Flandre, ce sont Anvers et Gand ; Bruxelles en a une aussi. L'accès y est réservé aux véhicules assez récents, et les plaques sont scannées automatiquement. Attention, la Belgique fonctionne à la norme EURO, pas avec une vignette à coller sur le pare-brise comme chez nos voisins. Les règles varient d'une région à l'autre.

Piège fréquent
Les LEZ belges ne fonctionnent pas avec une vignette de couleur à coller sur le pare-brise, contrairement à la France. En Belgique, c'est la norme EURO de ton véhicule, lue automatiquement via la plaque, qui détermine l'accès.
10.7
Étape 10.7 sur 16

Les aides électroniques et le tableau de bord

Le tableau de bord te parle en permanence par ses voyants. Encore faut-il comprendre sa langue. Elle tient d'abord dans les couleurs.

La logique des couleurs

Avant même de connaître chaque symbole, cette logique te permet de réagir face à un voyant inconnu :

  • Rouge : danger ou anomalie sérieuse, tu dois agir tout de suite.
  • Orange (jaune) : anomalie à faire vérifier ; la voiture roule souvent encore.
  • Vert ou bleu : simple information, une fonction est active (feux, clignotant, régulateur).

C'est la logique du feu tricolore, appliquée au tableau de bord.

Illustration en préparationRouge, j'agis tout de suite ; orange, je fais verifier ; vert ou bleu, information. La logique du feu tricolore.

Que faire quand un voyant s'allume

Voici la conduite à tenir, en trois niveaux de réaction. C'est ce que tu chercheras vraiment un jour.

RéactionVoyants concernés
Je m'arrête immédiatement et je coupe le moteurPression d'huile, température moteur (surchauffe), freins, alerte d'incendie. Continuer, c'est détruire le moteur ou perdre les freins.
Je m'arrête dès que possible, en sécuritéBatterie et charge, direction assistée, airbag, voyant moteur qui clignote.
Je peux continuer mais je fais vérifierVoyant moteur fixe, ABS, ESP, usure des plaquettes, pression des pneus.

Ne panique pas si l'assistance lâche

Si tu perds la direction assistée ou le freinage assisté, le véhicule n'est pas incontrôlable : la direction et les freins restent mécaniquement là, mais demandent beaucoup plus de force. Le volant devient dur, la pédale de frein aussi. Le bon réflexe : ne pas paniquer, ralentir, appuyer plus fort, et te ranger.

Illustration en préparationApprends a reconnaitre les voyants et surtout leur couleur : c'est elle qui dicte l'urgence de ta reaction.

Les aides à la conduite

Ta voiture est peut-être équipée de plusieurs systèmes. Ici, on donne le principe technique ; leurs limites et la façon de conduire avec sont au module 08.

  • L'ABS empêche les roues de se bloquer au freinage, ce qui te permet de continuer à diriger pendant que tu freines fort.
  • L'ESP (contrôle de trajectoire) détecte un début de dérapage et freine une roue pour te remettre dans l'axe.
  • Le freinage d'urgence automatique peut freiner devant un obstacle, l'aide au maintien de voie te ramène dans ta bande, la détection d'angle mort t'alerte d'un véhicule sur le côté, la caméra de recul t'aide à manœuvrer.

Trois aides touchent à la vitesse, et on les confond souvent. Le régulateur tient tout seul la vitesse que tu as choisie : ton pied quitte l'accélérateur. Le limiteur te laisse accélérer normalement, mais t'empêche de passer au-dessus du plafond que tu as réglé. Et l'ISA, l'adaptation intelligente de la vitesse, lit les panneaux et la carte puis t'avertit dès que tu dépasses la limite du moment ; elle équipe d'office toutes les voitures neuves vendues dans l'Union européenne depuis juillet 2024. Aucune des trois ne te dispense de lire les panneaux toi-même.

L'aide n'est pas le conducteur

Ces systèmes assistent, ils ne remplacent pas le conducteur, et ils ont des limites (voir module 08). Retiens aussi ceci : un voyant d'aide allumé (ABS, ESP) signifie souvent que le système est désactivé, donc que tu ne peux plus compter dessus. Redouble alors de prudence.

Piège fréquent
Un voyant ABS ou ESP allumé ne veut pas dire que le système travaille : il veut dire, le plus souvent, qu'il est en panne et désactivé. Tu ne peux donc plus compter dessus, prudence accrue.
10.8
Étape 10.8 sur 16

La visibilité et l'habitacle

La première question de la grille, est-ce que je vois, se joue en grande partie ici. Bien voir, c'est la moitié du travail de conduite.

Le pare-brise

Avant de partir, tu dois dégager toutes les vitres, pas seulement un rond devant le volant : buée, givre ou neige doivent disparaître. Un impact ou une fissure dans ton champ de vision, la zone balayée par les essuie-glaces devant toi, n'est pas anodin : c'est un motif de refus au contrôle technique, et un éclat peut s'agrandir d'un coup. Un pare-brise atteint dans cette zone se répare ou se remplace.

Les essuie-glaces

Des balais usés laissent des traces et des zones non essuyées, dangereuses sous la pluie ou face au soleil. Les signes : stries, grincements, caoutchouc craquelé. On les remplace dès qu'ils n'essuient plus net, c'est simple et peu coûteux. Et on garde toujours du lave-glace dans le réservoir.

Illustration en préparationUn balai use laisse des stries juste dans ton champ de vision. On le change des qu'il n'essuie plus net.

Les vitres teintées

La loi impose une transmission lumineuse minimale à l'avant, pour que tu voies dehors et qu'on te voie à l'intérieur. Le pare-brise doit laisser passer au moins 75 % de la lumière, les vitres latérales avant au moins 70 %. Les vitres arrière, elles, peuvent être teintées librement si la voiture a deux rétroviseurs extérieurs. Un film trop foncé à l'avant entraîne un refus au contrôle technique et une infraction.

Le désembuage

Contre la buée, le désembuage et la climatisation sont tes meilleurs alliés : la clim assèche l'air et dégage la vitre bien plus vite qu'un chiffon, qui ne fait que l'étaler. Utilise-la aussi l'hiver pour désembuer.

Ce qui ne doit pas gêner la vue

Ton champ de vision doit rester libre : pas d'objets sur le tableau de bord, pas de GPS mal placé qui masque la route, pas d'autocollants ni de pendentif qui se balance au rétroviseur. Tout ce qui bouge ou bouche, même un peu, distrait et cache.

Piège fréquent
Dégager un simple rond dans le givre ne suffit pas : la loi impose une vue complète. Une fissure dans la zone balayée par les essuie-glaces, devant toi, fait recaler au contrôle technique, même petite.
10.9
Étape 10.9 sur 16

La ceinture et les dispositifs de retenue

On aborde ici le côté technique de la ceinture, de l'airbag et des sièges. Les règles d'usage, qui doit s'attacher, où placer un enfant, sont déjà au module 07 : on ne les répète pas, on complète.

Pourquoi la ceinture fonctionne

En cas de choc, la voiture s'arrête net mais ton corps, lui, continue à la vitesse où il roulait. La ceinture te retient solidaire du siège et répartit l'effort sur les parties solides du corps, le bassin et la cage thoracique, au lieu de te laisser partir contre le pare-brise ou le volant. Pour donner une idée de la violence en jeu, un choc à 50 km/h sans ceinture équivaut à une chute du troisième étage, une dizaine de mètres. Personne ne sauterait par cette fenêtre ; c'est pourtant exactement le même choc.

Illustration en préparationSangle basse sur les hanches, diagonale a plat sur l'epaule, jamais sur le ventre ni dans le cou. Une ceinture mal mise blesse au lieu de proteger.

Ce qu'il y a dans la ceinture

Une ceinture n'est pas une simple sangle. Elle contient un enrouleur à inertie : il te laisse bouger librement, mais une masselotte le bloque instantanément dès qu'il y a une décélération brutale. C'est pour ça que tu peux te pencher doucement vers la boîte à gants, et que la sangle se bloque si tu tires d'un coup.

Beaucoup de voitures ajoutent deux dispositifs. Le prétensionneur rattrape le mou de la sangle en quelques millisecondes au moment du choc, pour te plaquer contre le siège avant que ton corps ne parte en avant. Le limiteur d'effort fait l'inverse juste après : il laisse la sangle filer très légèrement, pour éviter que la ceinture elle-même ne te blesse.

Conséquence pratique : une ceinture qui a encaissé un choc a joué son rôle une fois et doit être remplacée, même si elle a l'air intacte. Et une sangle vrillée concentre l'effort sur quelques centimètres au lieu de le répartir : c'est la raison technique du geste qu'on te répète.

L'airbag complète la ceinture

Un point essentiel : l'airbag complète la ceinture, il ne la remplace pas. Il se déploie à très grande vitesse, et sans ceinture pour te retenir, il peut te blesser au lieu de te protéger. D'où un danger majeur à connaître : un siège enfant dos à la route installé devant un airbag passager actif est un danger mortel, car l'airbag frapperait la coque du siège à l'endroit de la tête de l'enfant. Dans ce cas, il faut désactiver l'airbag passager (par un contacteur à clé, souvent dans la boîte à gants ou sur le flanc du tableau de bord). Si l'airbag ne peut pas être désactivé, on n'installe pas le siège dos à la route à cette place.

Illustration en préparationSiege dos a la route + airbag actif = danger mortel. On desactive l'airbag passager, ou on ne met pas le siege a cette place.

Les dispositifs pour enfants

Sur le plan technique, un enfant qui mesure moins de 135 cm et a moins de 18 ans doit voyager dans un dispositif de retenue adapté à sa taille. Deux normes d'homologation sont acceptées en Belgique : l'ancienne ECE R44/04, basée sur le poids de l'enfant, et la plus récente R129, dite i-Size, basée sur la taille et privilégiant la fixation ISOFIX. Depuis septembre 2024, seuls des sièges neufs homologués R129 peuvent être vendus, mais un siège R44/04 que tu possèdes déjà reste utilisable.

Les dispenses

La ceinture connaît cinq dispenses précises, détaillées au module 07 : le conducteur en marche arrière, les chauffeurs de taxi en service, les occupants d'un véhicule prioritaire dans les cas précis du module 07, les personnes titulaires d'une dispense médicale officielle délivrée par le SPF Mobilité, et le distributeur de courrier qui s'arrête sans cesse sur de courtes distances. Ces dispenses médicales ont d'ailleurs été resserrées : les anciennes, délivrées avant mars 2022, ont cessé d'être valables début 2026, et il faut désormais une dispense à jour. Attention aussi à un piège venu de France : la grossesse n'est pas une dispense. La femme enceinte porte la ceinture, en plaçant simplement la sangle basse sous le ventre sur le bassin, et la diagonale entre les seins.

Les objets non arrimés

Un objet lourd posé sur la plage arrière ou dans l'habitacle devient un projectile en cas de choc ou de freinage brusque. On range et on cale ce qui peut voler.

Piège fréquent
La grossesse n'est pas une dispense de ceinture en Belgique, contrairement à une idée venue de France. La femme enceinte s'attache, sangle basse sous le ventre et diagonale entre les seins. Les adaptateurs vendus en ligne ne sont pas homologués.
10.10
Étape 10.10 sur 16

Le chargement

Mal charger, c'est risquer de gêner la vue, de masquer les feux, de perdre un objet sur la route ou de déséquilibrer la voiture. La loi fixe donc des limites précises.

Les dimensions maximales

Chargement compris, un véhicule ne peut dépasser 2,55 m de largeur ni 4 m de hauteur. Côté longueur, la règle des dépassements est un classique d'examen :

  • À l'avant : le chargement ne peut pas dépasser l'extrémité du véhicule.
  • À l'arrière : il peut dépasser d'1 mètre en général, et jusqu'à 3 mètres pour une pièce indivisible (une échelle, des planches). Pour un deux-roues, la limite est de 0,50 m.
Illustration en préparationLargeur 2,55 m, hauteur 4 m, rien qui depasse a l'avant, un metre a l'arriere (trois pour une piece indivisible).

Signaler ce qui dépasse

Dès que ton chargement dépasse de plus d'un mètre à l'arrière, tu dois le signaler. Le panneau est précis : un carré de 50 cm de côté, à bandes rouges et blanches en diagonale, les rouges rétroréfléchissantes. Tu le fixes sur la partie la plus en arrière de ce qui dépasse. La nuit ou par mauvaise visibilité, tu ajoutes un feu rouge et un catadioptre orange vers l'arrière, placés entre 0,40 m et 1,60 m du sol. FG

Illustration en préparationLe panneau reglementaire : carre de 50 cm, bandes rouges et blanches en diagonale, retroreflechissant. La nuit, on ajoute un feu rouge.

Arrimer et répartir

Le chargement doit être solidement arrimé : il ne peut ni tomber, ni traîner, ni gêner la direction, ni masquer les feux et la plaque. La façon de conduire avec un chargement et le détail de l'arrimage sont au module 08. Côté répartition, un principe : le poids se place bas et vers l'avant, jamais en hauteur ni tout à l'arrière, sous peine d'alléger la direction et d'allonger le freinage.

Illustration en préparationLe lourd en bas et vers l'avant, contre le dossier. En hauteur ou tout a l'arriere, la voiture devient instable.

Le toit et les objets particuliers

Une charge sur le toit ou un coffre de toit monte le centre de gravité et augmente la prise au vent : la voiture penche plus en virage et consomme plus. Pour les vélos sur porte-vélos, veille à ce que la plaque et les feux ne soient pas masqués : si c'est le cas, il faut une plaque et des feux répétés sur le porte-vélos. Les objets longs se signalent comme vu plus haut, et le transport de matières dangereuses n'est toléré qu'en très petites quantités, pour usage domestique.

Piège fréquent
À l'avant, le chargement ne peut jamais dépasser l'extrémité du véhicule ; à l'arrière, un mètre suffit à déclencher l'obligation de signalisation par le panneau carré rouge et blanc. Ne retiens pas le même chiffre pour les deux bouts.
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Étape 10.11 sur 16

L'attelage et la remorque

Tracter change le comportement de la voiture et dépend de ton permis. Trois masses à distinguer d'abord.

Les définitions

  • La masse de la remorque : sa MMA propre.
  • La masse de l'ensemble : le total du véhicule tracteur et de la remorque.
  • La charge sur la boule : le poids vertical que la flèche de la remorque exerce sur l'attelage.

Ce que le permis B autorise

Les seuils sont très testés, retiens-les bien :

  • Une remorque jusqu'à 750 kg de MMA : toujours autorisée avec le permis B.
  • Une remorque de plus de 750 kg : le permis B suffit tant que la masse de l'ensemble ne dépasse pas 3500 kg.
  • Si l'ensemble dépasse 3500 kg sans aller au-delà de 4250 kg : il te faut le code 96 (B96), obtenu par une formation, sans nouvel examen complet.
  • Au-delà : il faut le permis BE.
Illustration en préparationJusqu'a 750 kg ou ensemble sous 3500 kg, le permis B suffit ; entre 3500 et 4250 kg d'ensemble, le code 96 ; au-dela, le permis BE.

La charge sur la boule : le louvoiement se joue au chargement

Une remorque qui se met à louvoyer (osciller de gauche à droite) à vitesse élevée est presque toujours mal chargée. Le poids doit être placé en avant de l'essieu de la remorque, pour appuyer légèrement sur la boule, et non à l'arrière, ce qui allège l'avant et déclenche l'effet de balancier. La bonne charge sur la boule figure sur la plaque de l'attelage et dans le carnet du véhicule : c'est un problème de chargement avant d'être un problème de conduite. Le comportement au volant avec une remorque est détaillé au module 08.

Comment une remorque freine

Une remorque jusqu'à 750 kg de MMA peut n'avoir aucun frein : c'est ta voiture qui arrête l'ensemble, et ta distance d'arrêt s'allonge d'autant. Au-delà de 750 kg, la remorque doit disposer de son propre système de freinage, qui agit quand tu freines.

Le système courant s'appelle le freinage par inertie, et son principe est astucieux : quand tu freines, la remorque continue sur sa lancée et pousse sur la flèche d'attelage ; ce mouvement de quelques centimètres actionne ses propres freins. Elle freine donc d'autant plus fort que tu freines fort, sans aucune commande électrique.

Deux conséquences concrètes. En marche arrière, la remorque pousse aussi sur la flèche : un mécanisme la reconnaît et empêche les freins de se bloquer, mais sur les modèles anciens il faut parfois verrouiller un levier. Et un câble de rupture relie la remorque à ta voiture : si l'attelage lâche, ce câble déclenche le frein de la remorque et l'arrête au lieu de la laisser partir seule.

L'équipement de la remorque

La remorque doit avoir des feux en état (position, stop, clignotants), des catadioptres arrière de forme triangulaire (c'est ce triangle qui, la nuit, signale une remorque), et reproduire la plaque d'immatriculation du véhicule tracteur. Vérifie leur fonctionnement avant de partir, en branchant la prise.

Vitesse et comportement

Avec une remorque, tant que l'ensemble reste sous 3500 kg, tu gardes en principe les mêmes limitations de vitesse que la voiture seule ; au-delà, l'autoroute est plafonnée à 90 km/h. Le détail des vitesses est au module 04.

Piège fréquent
Ce qui compte pour savoir si le permis B suffit, ce n'est pas seulement le poids de la remorque, mais la masse de l'ENSEMBLE. Une petite remorque derrière une grosse voiture peut déjà dépasser 3500 kg d'ensemble et exiger le code 96.
10.12
Étape 10.12 sur 16

Le contrôle technique et les documents du véhicule

Le contrôle technique est le rendez-vous où l'État vérifie que ton véhicule est sûr pour la route et les autres. En connaître le déroulé évite les mauvaises surprises.

La périodicité

Une voiture particulière passe son premier contrôle le jour de ses 4 ans. Ensuite, le principe est un contrôle tous les ans. Mais chacune des trois régions accorde un rythme de deux ans à une voiture récente et peu roulée, présentée à temps et repartie avec un certificat vert. Cette matière est régionalisée : les seuils d'âge et de kilométrage ne sont pas les mêmes partout et bougent régulièrement.

RégionRythme de deux ans accordé si
BruxellesVoiture de moins de 6 ans et moins de 100 000 km.
WallonieVoiture de moins de 8 ans et moins de 110 000 km.
FlandreRégime le plus large, et la Flandre est en train de supprimer toute condition d'âge et de kilométrage.

Dans les trois cas, tracter une remorque de plus de 750 kg fait perdre le bonus. Retiens la logique plutôt que les chiffres, qui changent : premier contrôle à 4 ans, puis un passage chaque année, sauf si ta voiture est assez jeune et assez peu roulée pour bénéficier du rythme de deux ans de ta région. Ne transpose surtout pas le régime français (tous les deux ans pour tout le monde), il ne s'applique pas ici. Rouler avec un contrôle périmé est une infraction, traitée au module 09.

Les contrôles occasionnels

En plus du contrôle périodique, un passage est requis dans certains cas : avant une revente entre particuliers (le contrôle dit occasion), lors de l'importation d'un véhicule, après un accident grave, ou après une modification notable du véhicule. À l'issue, tu reçois notamment le certificat de contrôle et, pour une vente, le Car-Pass.

Ce qui est vérifié

Le contrôle passe en revue tout ce qui touche à la sécurité : le freinage, l'éclairage et la signalisation, les pneus, la direction, les émissions polluantes, ainsi que l'état de la carrosserie et du châssis (corrosion, jeux). Tu retrouves là, une à une, les obligations vues dans ce module.

Les résultats possibles

  • Certificat vert : le véhicule est conforme, tu roules jusqu'au prochain contrôle.
  • Certificat rouge à durée limitée : des défauts graves sont à réparer, avec une obligation de représenter le véhicule dans un délai (de l'ordre de 15 jours).
  • Certificat rouge : les défauts sont si graves que le véhicule est interdit de circulation jusqu'à réparation.
Illustration en préparationAu controle technique, on retrouve toutes les obligations de ce module : freins, feux, pneus, direction, emissions.

Les documents du véhicule

Ne les confonds pas avec les documents à garder sur toi. Le véhicule est lié à un certificat d'immatriculation, un certificat de conformité, une attestation d'assurance (carte verte) et un certificat de contrôle technique. Ceux que tu dois pouvoir présenter lors d'un contrôle de police sont listés au module 09.

Les modifications interdites

Modifier son véhicule n'est pas libre. Sont interdits ou soumis à homologation : la suppression du filtre à particules, la modification de l'échappement pour le rendre plus bruyant, un abaissement non homologué, un éclairage non conforme, une teinte excessive des vitres avant. Les conséquences sont triples : refus au contrôle technique, véhicule en non-conformité, et surtout problème d'assurance en cas d'accident, l'assureur pouvant refuser sa garantie. Enfin, un véhicule hors d'usage ou en panne ne peut rester sur la voie publique au-delà d'un délai.

Piège fréquent
Le contrôle technique belge n'est pas le contrôle français (tous les deux ans pour tout le monde). Ici, le principe reste le passage annuel après le premier contrôle à 4 ans. Les deux ans sont un bonus, réservé aux voitures jeunes et peu roulées, et les trois régions ne l'accordent pas aux mêmes conditions.
10.13
Étape 10.13 sur 16

Acheter et entretenir son premier véhicule

Dans l'année, beaucoup d'entre vous achèteront une première voiture d'occasion. Voici les vérifications et les obligations, sans conseil d'achat ni marque, juste ce qui protège.

Le Car-Pass

À toute vente d'un véhicule d'occasion en Belgique, le vendeur doit remettre un Car-Pass, un document officiel qui retrace l'historique kilométrique du véhicule, relevé à chaque passage au contrôle technique et en atelier. Il sert à détecter une fraude au compteur (un kilométrage trafiqué). Attention à ce qu'il prouve et ne prouve pas : il atteste des kilomètres, pas de l'état mécanique. Il doit dater de moins de deux mois à la remise.

Illustration en préparationA l'achat, on rassemble et on verifie ces documents : immatriculation, conformite, controle technique, Car-Pass, assurance.

Le contrôle technique avant la vente

Pour une vente entre particuliers, le vendeur doit en principe fournir un véhicule avec un contrôle technique valable (le contrôle occasion). Un véhicule vendu sans contrôle reporte sur l'acheteur la charge et le risque des réparations nécessaires pour le passer : à prendre en compte dans le prix.

Ce qu'on vérifie avant d'acheter

  • La correspondance entre le numéro de châssis et les documents.
  • L'état des pneus et leur date (le DOT, section 10.3).
  • L'usure des freins, d'éventuelles traces de fuite sous le véhicule.
  • L'historique d'entretien (le carnet, les factures).
  • La cohérence entre l'usure générale et le kilométrage annoncé.

Les démarches avant de rouler

Avant de prendre la route avec ta nouvelle voiture, il faut l'immatriculer (obtenir la plaque) et surtout l'assurer : l'assurance en responsabilité civile est obligatoire avant tout déplacement. S'ajoutent les taxes de mise en circulation et de circulation.

L'entretien périodique

Respecte le carnet d'entretien et fais les révisions aux échéances prévues. Un entretien sauté coûte presque toujours plus cher qu'il ne fait économiser : une vidange oubliée, une courroie négligée, et c'est le moteur qui trinque.

Piège fréquent
Le Car-Pass prouve le kilométrage, pas l'état mécanique du véhicule. Un compteur honnête ne garantit pas une voiture saine : les vérifications techniques (pneus, freins, fuites, entretien) restent indispensables.
10.14
Étape 10.14 sur 16

L'éco-conduite et l'entretien économique

Conduire souplement, c'est bon pour ton budget, pour le moteur et pour l'air, et il se trouve que c'est aussi plus sûr. L'éco-conduite et la conduite défensive vont dans le même sens.

Les gestes qui économisent

  • Passe les rapports tôt : monter dans les tours consomme pour rien. En diesel, change de rapport avant environ 2000 tours ; en essence, avant environ 2500 tours.
  • Anticipe au lieu de freiner : lever le pied à temps use moins et consomme moins qu'accélérer puis freiner.
  • Utilise le frein moteur en décélérant, plutôt que de rester sur les freins.
  • Coupe le moteur dès que l'arrêt dépasse une vingtaine de secondes (beaucoup de voitures le font seules avec le Start and Stop).
  • Évite les accélérations et freinages brusques, qui gaspillent l'énergie.
Illustration en préparationVitesse, clim, coffre de toit, pneus sous-gonfles, charge inutile, trajets courts a froid : autant de litres en plus.

Anticiper, le geste qui économise le plus

Le poste qui coûte le plus de carburant n'est ni la vitesse ni la climatisation : ce sont les accélérations qui suivent un freinage. Chaque fois que tu freines, tu jettes de l'énergie que le moteur devra reproduire.

D'où le geste qui résume toute l'éco-conduite : regarder loin et lever le pied tôt. Un feu rouge repéré à cent mètres se négocie en roue libre ; le même feu repéré à vingt mètres se paie en freinage puis en réaccélération. C'est exactement la conduite défensive, et elle se trouve être la plus économique.

Ce qui coûte sans qu'on le voie

Cinq choses gonflent la consommation sans que tu les remarques. Des pneus sous-gonflés augmentent la résistance au roulement, et c'est le poste le plus facile à corriger. Une galerie ou un coffre de toit laissé en place hors voyage détruit l'aérodynamique, même vide. Le poids inutile transporté toute l'année dans le coffre se paie à chaque démarrage. La climatisation tourne en continu si tu l'oublies. Et les trajets courts moteur froid sont ceux où tu consommes le plus, parce que le moteur passe son temps à monter en température sans jamais y arriver.

À grande vitesse, la résistance de l'air devient dominante : rouler à 120 plutôt qu'à 130 fait chuter la consommation nettement plus que la différence de vitesse ne le laisserait croire, parce que cette résistance augmente avec le carré de la vitesse.

Les carburants et l'entretien

Du plus au moins émetteur, les motorisations s'échelonnent des thermiques (essence, diesel) vers les hybrides et l'électrique, dont l'impact dépend de l'électricité utilisée. Enfin, retiens qu'un véhicule bien entretenu consomme moins, pollue moins et tombe moins en panne : l'entretien est à la fois une économie et une sécurité.

Piège fréquent
L'éco-conduite n'est pas une contrainte écologique de plus : monter moins dans les tours, anticiper et couper le moteur à l'arrêt font économiser du carburant tout en rendant la conduite plus douce et plus sûre.
10.15
Étape 10.15 sur 16

Récapitulatif final

Tout le module en quatre tableaux : les chiffres, les feux, la grille des trois questions, et la checklist de départ.

Les chiffres à connaître

ÉlémentValeurBase
Permis B : MMA max3500 kg, 8 passagers maxPermis (AR 23/3/1998)
Profondeur de sculpture des pneus1,6 mm minimumRèglement technique
Transmission lumineusePare-brise 75 %, vitres avant 70 %Règlement technique
Chargement : largeur / hauteur max2,55 m / 4 mCode route (art. 46)
Dépassement du chargementAvant interdit ; arrière 1 m (3 m indivisible)Code route (art. 46-47)
Panneau de signalisation du chargementCarré 50 cm, rouge et blanc en diagonaleCode route (art. 47)
Remorque avec permis B750 kg, ou ensemble 3500 kg ; B96 jusqu'à 4250 kgPermis (AR 23/3/1998)
Dispositif de retenue enfantObligatoire sous 135 cm et moins de 18 ansCode route / normes
Contrôle technique1er passage à 4 ans, puis chaque année ; rythme de deux ans possible pour une voiture jeune et peu roulée, à des conditions propres à chaque régionRèglement technique / régions

Les feux

FeuQuand
Feux de positionPrésence, à l'arrêt et en circulation quand requis
Feux de croisementNuit et visibilité réduite ; en croisant pour ne pas éblouir
Feux de routeRoute libre et sombre ; jamais s'ils éblouissent
Feu de brouillard avantBrouillard, neige ou forte pluie
Feu de brouillard arrièreObligatoire : brouillard ou neige sous 100 m, et forte pluie
Feux de détresseDanger ou arrêt forcé
Éclairage de plaqueLa nuit, en permanence à l'arrière

Je vois, je suis vu, je m'arrête

Je voisJe suis vuJe m'arrête et je dirige
Feux (mes phares)Feux (vus des autres)Pneus
Vitres et pare-brisePlaqueFreins
Essuie-glacesCatadioptresDirection et amortisseurs
RétroviseursSignalisation du chargementMasses et chargement

La checklist du contrôle de départ

  • Tour du véhicule : pneus, feux, plaque, fuite, obstacle.
  • Position : siège, dossier, appuie-tête au sommet de la tête, rétroviseurs.
  • Ceinture à plat, sans vrille, basse sur les hanches.
  • Contact : les voyants s'allument puis s'éteignent ; un voyant qui reste est une alerte.
  • Vitres dégagées, essuie-glaces et lave-glace en état.

* Sources de ce module : arrêté royal du 15 mars 1968 portant règlement général sur les conditions techniques des véhicules automobiles (éclairage et signalisation, pneumatiques, freins, direction, vitrage, plaques, dispositifs de retenue) ; arrêté royal du 1er décembre 1975, articles 30 et 31 pour l'emploi des feux, 44 à 47 pour les passagers et le chargement, 81 et 82 pour l'équipement obligatoire à bord ; arrêté royal du 23 mars 1998 pour le permis et ses catégories ; loi du 21 novembre 1989 pour l'assurance obligatoire. Le contrôle technique et ses périodicités sont une matière régionalisée : Flandre, Wallonie et Bruxelles ont chacune leur régime, celui de la Flandre ayant été réformé par étapes jusqu'en 2026. Les données chiffrées (périodicités, seuils d'usure, pressions) valent en 2026 et peuvent évoluer. Ce cours est pédagogique et ne remplace pas le manuel de ton véhicule.

Piège fréquent
Ne récite pas ce module comme une liste de chiffres : relie chaque règle à la grille je vois, je suis vu, je m'arrête. Un chiffre rattaché à sa fonction se retrouve ; un chiffre isolé s'oublie sous le stress.

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