
Qui est qui : les définitions
Avant de parler de comportement, il faut savoir nommer. L'examen teste sans arrêt les définitions, parce que ta réaction dépend du statut de celui que tu croises. La même personne peut être piéton à un instant et conducteur l'instant d'après.
L'usager, c'est une personne
Un usager est une personne qui utilise la voie publique. Précision qui tombe à l'examen : un usager n'est ni un animal, ni un objet. Un cheval seul n'est pas un usager ; le cavalier qui le monte, si.
Qui est piéton
Est piéton celui qui se déplace à pied, mais aussi, et c'est là que ça se corse :
- celui qui pousse une poussette, un caddie ou une brouette,
- celui qui se déplace en fauteuil roulant,
- celui qui utilise un engin de déplacement sans moteur (rollers, skateboard, trottinette classique) à l'allure du pas,
- celui qui pousse à la main un vélo, un cycle motorisé ou un cyclomoteur à deux roues. Pas une moto : elle n'est pas dans la liste.
Pousser à la main un vélo, un cycle motorisé ou un cyclomoteur à deux roues, c'est être piéton. Attention : pousser une moto, non, elle ne figure pas dans la liste, et tu restes conducteur. Pour celui qui est bien piéton, la conséquence est directe et testée : pas de casque exigé, et surtout pas de priorité de droite, puisqu'il suit les règles des piétons. Il marche, il n'est plus un conducteur.
Qui est conducteur
Est conducteur celui qui assure la direction d'un véhicule, mais aussi le cavalier, la personne qui guide ou garde des animaux, et celui qui pousse une voiture en panne. Et bien sûr celui qui roule à vélo, en cyclomoteur ou en trottinette au-delà de l'allure du pas.
Le basculement de statut
Voici le piège central de la section. La même personne change de statut selon ce qu'elle fait. Le cycliste qui descend de son vélo et le pousse devient piéton : il peut emprunter le passage pour piétons. Le piéton qui enfourche son vélo devient conducteur : il doit rouler sur la chaussée ou la piste cyclable. Attention, c'est le moteur qui décide, pas la vitesse : une trottinette électrique est toujours assimilée à un cycliste, même au pas. Seule une trottinette sans moteur garde le statut variable : piéton au pas, cycliste au-delà.
Le tableau à photographier
| Ce que fait la personne | Son statut |
|---|---|
| Elle marche à pied | Piéton |
| Elle pousse une poussette ou un caddie | Piéton |
| Elle se déplace en fauteuil roulant | Piéton |
| Elle roule en trottinette sans moteur à l'allure du pas | Piéton |
| Elle pousse son vélo, son cycle motorisé ou son cyclomoteur à la main | Piéton |
| Elle roule à vélo ou en trottinette au-delà de l'allure du pas | Conducteur |
| Elle monte un cheval (cavalier) | Conducteur |
| Elle guide ou garde des animaux | Conducteur |
| Elle pousse une voiture en panne | Conducteur |
Les piétons
C'est la section la plus importante du module. Un piéton renversé n'a pas de carrosserie, pas de ceinture, pas d'airbag. Face à lui, ta prudence n'est pas une politesse, c'est une obligation.
Où circule le piéton
Le piéton emprunte le trottoir, à défaut l'accotement praticable, et seulement en dernier recours le bord de la chaussée. Point souvent testé : dès qu'il marche sur la chaussée, en agglomération comme en dehors, le piéton se tient le plus à gauche, dans le sens de sa marche, donc face au trafic, pour voir arriver les voitures. Un groupe encadré peut faire exception et se tenir à droite.
Le passage pour piétons
À l'approche d'un passage pour piétons, tu roules à allure modérée. Tu dois céder le passage au piéton qui y est engagé ou qui va s'y engager, quitte à t'arrêter. Et tu le laisses achever sa traversée : tu ne redémarres pas parce qu'il « a presque fini ». Ne pas céder à un piéton sur un passage est une faute grave. FG
Le piéton aussi a des devoirs. S'il existe un passage à moins de 20 mètres, il doit l'emprunter, et il traverse perpendiculairement à l'axe de la chaussée, par le chemin le plus court, sans s'attarder. Le savoir t'aide à anticiper où il va traverser.
Céder au piéton en tournant, le cas le plus accidentogène
Quand tu tournes, tu cèdes le passage aux piétons qui traversent la voie que tu vas emprunter. C'est le moment où l'on renverse le plus de piétons, parce qu'on regarde la voiture d'en face et pas le piéton sur le côté. Le détail du geste de tourner est au module 06.
Ne jamais dépasser un véhicule arrêté devant un passage
Tu ne dépasses jamais, ni par la gauche ni par la droite, un véhicule qui ralentit ou s'arrête devant un passage pour piétons. Raison : ce véhicule masque peut-être un piéton en train de traverser. C'est une faute grave. FG
Les piétons qui surgissent
Le piéton le plus dangereux est celui que tu ne vois pas encore. Apprends à l'anticiper :
- le piéton masqué entre deux voitures en stationnement qui traverse sans regarder, danger numéro un en ville : ralentis dans les rues bordées de stationnement, guette les jambes qui dépassent sous les véhicules,
- le passager qui descend d'une voiture, d'un taxi ou d'une camionnette de livraison dont la porte latérale s'ouvre,
- le piéton qui court après son bus et surgit sans regarder.
Les enfants
Un enfant est imprévisible, petit donc peu visible, et il ne mesure pas le danger. Il traverse en courant après un ballon, il ne fait pas le lien entre une voiture et sa propre sécurité. Prudence maximale aux abords des écoles, des arrêts de bus et des zones de jeu. En zone 30 comme aux abords d'une école, la limite est de 30 km/h.
Le surveillant habilité aux abords des écoles
Devant une école, tu croiseras une personne en chasuble rétroréfléchissante munie d'un disque rouge à bord blanc. Ce n'est pas un bénévole qui fait de son mieux : c'est un surveillant habilité, et quand il lève son disque, tu t'arrêtes, exactement comme devant un agent.
Son signal prime sur le feu vert et sur ta priorité. Tu ne redémarres que lorsqu'il abaisse son disque, jamais quand le dernier enfant a fini de traverser : il en reste peut-être un derrière lui.
Les personnes aveugles ou malvoyantes
Une personne qui tient une canne blanche (ou blanche et jaune) ou qui est accompagnée d'un chien d'assistance est aveugle ou malvoyante. Face à elle, tu redoubles de prudence : tu t'arrêtes, tu ne klaxonnes pas et tu ne fais aucun geste de la main, elle ne les voit pas. Tu attends, simplement.
Les personnes âgées et à mobilité réduite
Elles traversent plus lentement. Tu leur laisses le temps, tu ne redémarres pas au premier espace libre. Une personne âgée qui hésite au bord du trottoir n'a pas renoncé à traverser : attends de comprendre son intention.
La rue réservée au jeu
Une rue réservée au jeu est barrée à ses deux extrémités pendant certaines heures, et toute la chaussée y devient une aire de jeu. Les enfants y jouent partout, et c'est normal.
Tu n'as le droit d'y entrer que si tu habites la rue ou si ton garage s'y trouve. Dans ce cas tu roules à l'allure du pas, tu cèdes le passage aux joueurs et tu t'arrêtes s'il le faut. Tu ne les mets jamais en danger. Un accompagnateur peut y régler la circulation : tu lui obéis.
Le piéton la nuit hors agglomération
La nuit, sur une route de campagne, un piéton est presque invisible, souvent sans vêtement réfléchissant. Tu adaptes ta vitesse à la portée de tes feux : si tu ne peux pas t'arrêter dans la zone que tu éclaires, tu vas trop vite.
Communiquer avec les autres usagers
Face à un usager fragile, ton outil le plus sûr n'est ni le klaxon ni les phares : c'est le regard. Mais certains gestes qu'on croit polis sont en réalité dangereux. Faisons le tri.
Le contact visuel, l'outil de sécurité numéro un
Avant de t'engager près d'un piéton, d'un cycliste ou d'un motard, cherche son regard. S'il te regarde, il t'a vu. S'il ne te regarde pas, il ne t'a pas vu, et tu dois agir comme s'il allait continuer sans s'arrêter. Un cycliste qui fixe son téléphone n'a pas conscience de ta voiture : tu ne comptes pas sur lui pour s'arrêter.
Le geste de la main : une fausse politesse dangereuse
Inviter un piéton à traverser d'un geste de la main est une pratique répandue et dangereuse. Pourquoi ? Parce que tu ne vois pas ce qui arrive derrière toi ni sur l'autre bande. En l'invitant, tu l'envoies vers un danger que tu ne maîtrises pas, une voiture qui double ou qui arrive en sens inverse. La bonne pratique : tu t'arrêtes clairement, et tu laisses le piéton décider lui-même quand traverser.
L'appel de phares n'a aucune valeur
Un appel de phares n'a aucune valeur légale. Il ne donne aucune priorité et n'engage personne. Ne t'engage jamais sur la seule foi d'un appel de phares : celui qui l'a fait n'est pas obligé de t'attendre, et tu resterais seul responsable d'un accident.
La distance latérale vaut aussi pour le piéton
On l'apprend pour le cycliste, on l'oublie pour le piéton. Quand quelqu'un marche sur la chaussée, tu laisses 1 mètre en agglomération et 1,5 mètre en dehors. Si tu ne peux pas, tu ne passes qu'à l'allure du pas, et tu t'arrêtes au besoin.
Celui qui pousse son vélo marche à droite
Attention à une règle qui n'existe plus : on lisait autrefois que celui qui pousse son vélo marche à droite. Cette disposition est abrogée. Aujourd'hui, tous les piétons qui empruntent la chaussée marchent à gauche, face au trafic, y compris celui qui pousse un vélo ou un cyclomoteur. La seule règle propre à lui : il doit passer sur la chaussée s'il gêne fortement les autres piétons.
Le klaxon
L'avertisseur sonore a un seul usage autorisé, partout : donner l'avertissement nécessaire pour éviter un accident. Ni pour saluer, ni pour reprocher, ni pour presser celui qui est devant toi.
Hors agglomération, et là seulement, il gagne un second usage : annoncer que tu vas dépasser.
La nuit, ce n'est pas une préférence, c'est une obligation : tu remplaces le klaxon par de brefs appels de phares. Le son n'est admis la nuit qu'en cas de danger imminent.
Et rappelle-toi qu'il est inutile et agressif envers un usager fragile, et sans effet sur une personne sourde ou sur un moteur électrique déjà silencieux.
Les usagers avec qui on ne peut pas communiquer
Avec certains usagers, aucun geste ne passe. Ni ton bras, ni tes phares, ni ton klaxon :
- la personne aveugle ne voit ni ton geste ni tes phares,
- la personne sourde n'entend ni ton klaxon ni ton moteur, surtout un véhicule électrique,
- l'enfant ne comprend pas tes intentions,
- la personne âgée ou désorientée peut mal interpréter ton geste.
Avec eux, un seul langage marche : t'arrêter complètement et attendre.
Les cyclistes
Le cycliste partage ta chaussée sans aucune protection. Ta marge d'erreur face à lui est nulle, et l'examen le sait : les questions sur les cyclistes sont partout.
Où circule le cycliste
Le cycliste emprunte la piste cyclable quand elle existe et qu'elle est praticable, sinon la chaussée. Rappel qui fait la différence : la piste cyclable (deux lignes blanches discontinues, ou le panneau rond bleu au vélo) ne fait pas partie de la chaussée, alors que la bande cyclable suggérée (un vélo simplement peint sur le sol, sans marquage de bordure) en fait partie et n'oblige personne.
Une précision que beaucoup ignorent : la piste cyclable n'est obligatoire que si elle se trouve à droite dans le sens de marche du cycliste. Une piste située de l'autre côté de la route ne l'oblige pas ; il a le droit de rester sur la chaussée, à ta droite. Ne t'énerve pas : il est parfaitement en règle.
Le dépassement d'un cycliste
Pour dépasser un cycliste, tu laisses une distance latérale d'au moins 1 mètre en agglomération et 1,5 mètre hors agglomération. Si tu ne peux pas laisser cet espace, tu ne dépasses pas, tu attends. Dépasser un cycliste sans cette distance est une faute grave. FG
Le passage pour cyclistes et le franchissement d'une piste
Le passage pour cyclistes se reconnaît à ses deux rangées de carrés blancs. En le franchissant, tu cèdes aux cyclistes qui y circulent. Et retiens ceci : traverser une piste cyclable, pour entrer ou sortir d'une propriété par exemple, est une manœuvre, donc tu cèdes le passage. Au sas cycliste, ce carré peint juste avant le feu, tu t'arrêtes à la première ligne : le carré est réservé aux cyclistes et aux cyclomotoristes, et seulement pendant la phase rouge.
La rue cyclable
Dans une rue cyclable, la vitesse est limitée à 30 km/h, tu ne peux jamais dépasser un cycliste, et les cyclistes peuvent occuper toute la largeur de la bande de droite (ou toute la chaussée si elle est à sens unique). Cette interdiction de dépasser vaut aussi en zone cyclable, pas seulement en rue cyclable.
Les enfants à vélo sur le trottoir
Les cyclistes de moins de 10 ans peuvent circuler sur le trottoir et les accotements en toutes circonstances, partout, à condition de ne pas mettre les piétons en danger. Le piéton y reste prioritaire.
Il existe une seconde ouverture, valable pour tous les cyclistes quel que soit leur âge : hors agglomération, ils peuvent rouler sur les trottoirs et accotements, aux mêmes conditions. Donc un adulte à vélo sur un accotement en pleine campagne n'est pas en infraction. En agglomération, en revanche, seuls les moins de 10 ans y ont droit.
Circuler à deux de front
Les cyclistes peuvent rouler à deux côte à côte sur la chaussée. Ils doivent se remettre en file dans deux cas :
- lorsque le croisement n'est pas possible avec un véhicule venant en sens inverse,
- hors agglomération, à l'approche d'un véhicule venant de l'arrière.
Piège de formulation : hors agglomération, c'est le véhicule qui arrive derrière les cyclistes qui les oblige à se remettre en file, pas seulement celui d'en face. Le savoir t'évite de croire qu'ils sont en infraction quand ils roulent à deux devant toi en ville.
Transporter un enfant à vélo
On ne prend un passager à vélo que si une place est aménagée pour lui : un siège fixé et deux repose-pieds. Une remorque vélo peut emporter deux passagers au maximum, quel que soit leur âge, et doit protéger leurs mains, leurs pieds et leur dos. Avec une remorque, les cyclistes roulent obligatoirement en file indienne.
Les groupes de cyclistes
Un groupe de 15 à 50 cyclistes peut rouler en permanence à deux de front, à condition de rester groupé, et est dispensé d'emprunter la piste cyclable ; les capitaines de route y sont facultatifs. Un groupe de 51 à 150 cyclistes doit compter au moins deux capitaines de route. Le capitaine de route, âgé d'au moins 21 ans et portant un brassard aux couleurs nationales, peut, aux carrefours sans feux, arrêter la circulation transversale avec un disque rouge pour laisser passer le groupe. Comme tout groupe organisé, on ne le coupe jamais.
Les voitures d'escorte, ce que tu vois depuis ta voiture
Un groupe de 15 à 50 cyclistes peut être précédé et suivi d'une voiture d'escorte, à une trentaine de mètres ; s'il n'y en a qu'une, elle suit le groupe. À partir de 51 cyclistes, les deux voitures deviennent obligatoires, devant et derrière.
Et où qu'ils soient, les cyclistes à deux de front n'occupent que la bande de droite. Sur une chaussée sans bandes marquées, ils ne dépassent jamais la moitié de la chaussée.
Les deux panneaux à flèche et vélo
Sous un feu, tu verras parfois un petit panneau avec une flèche et un vélo : la flèche vers la droite (tourner à droite) ou la flèche vers le haut (aller tout droit). Ces panneaux autorisent le cycliste à franchir le feu rouge pour tourner à droite ou continuer tout droit, en cédant le passage aux autres usagers. Point crucial : ils ne concernent pas les voitures. Conséquence pour toi : dans ces carrefours, attends-toi à voir un cycliste passer au rouge en toute légalité.
Le cycliste n'est pas toujours dans son droit
Pour être honnête et pour t'aider à anticiper, le cycliste a aussi ses obligations. Son vélo doit avoir deux freins, une sonnette audible à 20 mètres, et, la nuit ou par visibilité réduite, un feu avant blanc ou jaune et un feu arrière rouge, plus des réflecteurs. Il doit respecter les feux et les panneaux, sauf les deux panneaux à flèche et vélo. Savoir ce que le cycliste doit faire t'aide à prévoir son comportement, et ce cours te forme à conduire, pas à accuser.
Enfin, deux dangers déjà vus ailleurs concernent surtout les cyclistes : le dooring, l'ouverture de portière sans regard, et le cycliste dans l'angle mort à droite quand tu tournes, le danger numéro un.
Les cyclomoteurs et deux-roues motorisés
Entre le vélo et la moto, toute une famille de deux-roues motorisés, avec des règles précises que l'examen adore, et une constante : ils sont petits et peu visibles.
Cyclomoteur classe A et classe B
| Classe A | Classe B | |
|---|---|---|
| Vitesse max (construction) | 25 km/h | 45 km/h |
| Âge minimum | 16 ans | 16 ans |
| Permis | Aucun permis exigé | Permis AM obligatoire |
| Casque | Obligatoire | Obligatoire |
| Plaque | S-A | S-B |
| Où il circule | Piste cyclable si elle est praticable, sinon la chaussée | Piste obligatoire si la voie dépasse 50 km/h, sinon au choix |
Les vitesses par construction : un cyclomoteur bridé à 25 reste à 25, même sous un panneau plus élevé.
Le casque et les vêtements du motocycliste
À moto, conducteur et passager doivent porter un casque, mais aussi des gants, une veste à manches longues, un pantalon ou une combinaison et des bottes ou bottillons couvrant les chevilles. Cette liste ne vaut que pour la moto : le cyclomotoriste, lui, ne doit que le casque.
Le contre-pied tombe régulièrement : à vélo et en trottinette électrique, aucun casque n'est obligatoire en Belgique. Il est vivement conseillé, il n'est pas imposé.
Le speed pedelec
Le speed pedelec est un vélo à assistance électrique rapide, qui aide jusqu'à 45 km/h. Il n'est pas un vélo ordinaire : il est classé cyclomoteur, il faut 16 ans, un permis AM (ou B) et une plaque S-P.
Le casque est obligatoire, mais son conducteur a le choix : un casque de cyclomoteur, ou un casque de vélo spécial qui couvre l'arrière de la tête.
Pour la piste cyclable, la règle n'est pas l'agglomération, c'est la vitesse autorisée sur la route. Au-dessus de 50 km/h, la piste cyclable est obligatoire. À 50 km/h ou moins, il choisit : la piste ou la chaussée. Ne t'étonne donc pas de voir un speed pedelec rouler au milieu des voitures en ville : c'est son droit.
Les motos et leur faible visibilité
Une moto est étroite : elle se cache facilement dans un angle mort, et sa vitesse d'approche est difficile à évaluer parce qu'elle est peu large. Le réflexe qui sauve : un contrôle visuel direct, un vrai coup d'œil, pas seulement un regard au rétroviseur, avant de changer de bande ou de tourner. Beaucoup d'accidents commencent par un « je ne l'ai pas vue ».
La circulation entre les files
Les motos peuvent circuler entre deux files de véhicules à l'arrêt ou roulant lentement, à une vitesse maximale de 50 km/h et avec un écart de vitesse d'au plus 20 km/h par rapport aux véhicules qu'elles remontent. Sur autoroute, seulement entre les deux bandes les plus à gauche. En Belgique, c'est légal et encadré, ce n'est pas un dépassement au sens strict.
Conséquence directe pour toi : dans un embouteillage, une moto peut remonter entre les files à tout moment. Ne change jamais de bande sans contrôler ton angle mort, même à l'arrêt ou au pas. La voiture qui déboîte sans regarder est la hantise du motard.
Les motos qui roulent en groupe
Deux motocyclistes ont le droit de rouler côte à côte sur la chaussée. Ils doivent se remettre l'un derrière l'autre partout où le croisement devient impossible, par exemple dans un rétrécissement ou entre deux files de voitures en stationnement. En groupe, ils se placent en général en quinconce, décalés dans la bande, pour garder de la distance : ne prends pas ce décalage pour une invitation à te glisser entre eux.
Le passager d'une moto ou d'un cyclomoteur
Un passager ne monte que s'il y a une place aménagée pour lui, avec des repose-pieds. Un enfant de moins de 3 ans ne peut pas être transporté sur une moto ni un cyclomoteur à deux roues (il peut l'être dans le side-car, avec un dispositif de retenue). De 3 à 8 ans, il ne peut monter que sur un cyclomoteur ou une moto d'au plus 125 cm³, avec un dispositif de retenue adapté : sur une moto plus grosse, il est interdit, siège ou pas. Et le passager porte le casque, exactement comme le conducteur.
La moto avec side-car
Une moto équipée d'un side-car a trois roues : elle n'est pas un deux-roues et se traite comme un véhicule large. Conséquence directe : si le véhicule devant toi est en train de doubler un side-car, tu ne peux pas le doubler à ton tour, alors que tu le pourrais s'il doublait un vélo ou une moto.
Les trams
Le tram est le poids lourd du rail urbain : plusieurs dizaines de tonnes qui ne peuvent ni dévier ni s'arrêter court. Face à lui, une seule attitude, la priorité absolue.
Le tram est prioritaire, toujours
Tu dois céder le passage aux véhicules sur rails, et t'écarter de la voie ferrée dès que possible. Le tram est prioritaire même s'il vient de ta gauche, même sans signalisation. La raison est physique : il ne peut pas dévier de ses rails et sa distance de freinage est énorme. Ne pas céder à un tram est une faute grave. FG
Ne jamais bloquer un tram
Tu ne t'immobilises jamais sur les rails, et tu ne t'engages pas devant un tram si tu ne peux pas dégager complètement. Un tram bloqué, c'est toute une ligne à l'arrêt et, pire, un choc que le conducteur ne peut pas éviter. L'arrêt et le stationnement sur les voies de tram sont interdits.
Le dépassement d'un tram
Un tram en marche se dépasse par la droite. L'exception, le dépassement par la gauche, n'est permise que si la place à droite est insuffisante, ou sur une chaussée à sens unique.
Le tram à l'arrêt sans refuge
Quand un tram s'arrête pour laisser monter et descendre ses voyageurs et qu'il n'y a pas de refuge (pas d'îlot aménagé), tu dois t'arrêter pour laisser les voyageurs traverser vers le trottoir. Tu ne repars qu'à allure modérée, une fois les voyageurs à l'abri et le danger écarté. Des gens traversent devant et derrière le tram : c'est un moment à haut risque.
Le conducteur de tram ne suit pas tout le code, mais il obéit aux feux et aux injonctions des agents. Deux autres pièges : les rails mouillés glissent et ils piègent les roues étroites des vélos et des motos.
Les bus et le transport scolaire
Un bus, c'est un mur qui masque tout ce qui se trouve devant lui, et une source de piétons qui surgissent. Deux règles à connaître par cœur, dont l'une est la plus vitale du module.
Le bus qui quitte son arrêt
En agglomération, quand un bus des transports en commun signale, avec son clignotant gauche, son intention de quitter son arrêt, tu dois ralentir et, au besoin, t'arrêter pour le laisser repartir. Le bus n'a pas à te céder le passage : il doit seulement prendre les précautions pour éviter un accident.
Deux limites précises à retenir. D'abord, l'obligation ne vaut qu'en agglomération : hors agglomération, elle n'existe tout simplement pas. Ensuite, elle ne concerne que les conducteurs qui circulent dans le même sens que le bus ; celui qui vient en face n'est pas visé.
Le transport scolaire, la règle la plus vitale du module
Un véhicule affecté au transport scolaire se reconnaît à son panneau jaune réglementaire, d'au moins 0,40 mètre de côté, rétroréfléchissant, placé à l'avant et à l'arrière. Ce panneau doit être retiré ou masqué quand le véhicule n'est plus en service scolaire.
Quand ce véhicule est à l'arrêt et que ses feux de détresse clignotent, cela veut dire une seule chose : des enfants montent ou descendent. Le texte est exigeant : tu dois ralentir fortement et, au besoin, t'arrêter. Ne pas respecter cette règle est une faute grave. FG
Pourquoi cette règle sauve des vies : un enfant qui descend d'un bus traverse souvent devant ou derrière le véhicule, sans regarder, complètement masqué par le bus. Et ce n'est pas qu'un conseil : longer un bus ou un tram à l'arrêt dont les voyageurs montent ou descendent t'oblige à ralentir et, si nécessaire, à t'arrêter. Cela vaut même quand il y a un refuge et même quand tu es sur la voie prioritaire.
Qui a le droit de rouler sur une bande bus
Une bande bus porte le mot BUS inscrit au sol. Elle est réservée aux bus des transports en commun et aux véhicules de transport scolaire. Les taxis, les cyclistes et les cyclomotoristes n'y ont accès que si un panneau additionnel les y autorise expressément. Un véhicule prioritaire en mission urgente peut toujours l'utiliser.
Toi, en voiture, tu ne t'y installes pas. Tu peux seulement y circuler pour contourner un obstacle sur la chaussée ou juste avant un carrefour pour changer de direction, et la traverser pour entrer dans une propriété ou un emplacement de stationnement. Dans tous les cas, tu cèdes le passage à ceux qui y circulent.
Le site spécial franchissable obéit à la même logique, mais il sert aux bus et aux trams. Il est délimité par de larges lignes blanches continues ou par des marques en damier, alors que la bande bus l'est par des lignes discontinues. Là aussi : tu le franchis, tu ne le suis pas.
Les feux blancs des bus et des trams
À certains carrefours, tu verras des feux blancs en forme de barre : une barre horizontale, verticale ou oblique. Ces feux ne sont pas pour toi. Ils commandent uniquement les véhicules des transports en commun. Toi, tu obéis aux feux tricolores normaux, même si le bus à côté de toi démarre sur son feu blanc.
Les camions et les véhicules longs
C'est l'usager le plus lourd, le plus long et le moins manœuvrable que tu croiseras. Il ne peut ni s'arrêter court, ni te voir partout, ni tourner comme toi. Le connaître, c'est surtout savoir où ne jamais se mettre.
Le déport : il s'écarte à gauche pour tourner à droite
Voici le comportement qui surprend tout le monde. Un camion long ne peut pas prendre un virage serré : pour tourner à droite, il commence par s'écarter vers la gauche. Un espace s'ouvre alors sur sa droite, entre lui et le trottoir.
Cet espace est un piège mortel. Il n'est pas une invitation : c'est exactement la zone que la remorque va balayer en se refermant. Ne t'y engage jamais, ni en voiture, ni à vélo, ni à moto. Et si tu vois un camion se déporter à gauche, ne conclus pas qu'il va à gauche : attends son clignotant.
Ne jamais rester le long d'un camion
Le long du flanc droit d'un camion, tu es invisible. Le conducteur est assis haut et à gauche, et cette zone lui échappe presque entièrement. À l'approche d'un carrefour, ne te place jamais à la droite d'un camion : soit tu es clairement devant lui, soit tu es clairement derrière.
Même règle derrière lui : si tu ne vois pas ses rétroviseurs, lui ne te voit pas. C'est le test le plus simple qui existe.
Sa distance de freinage n'a rien à voir avec la tienne
Un camion chargé pèse jusqu'à quarante fois une voiture. À la même vitesse, il lui faut beaucoup plus de mètres pour s'arrêter, et il ne peut pas éviter par un écart, sous peine de coucher sa remorque. Conséquence pratique et permanente : ne te rabats jamais juste devant un camion, notamment après un dépassement. Tu viendrais de lui supprimer la distance de sécurité qu'il avait mis longtemps à construire.
Le dépasser demande de la place et du temps
Un ensemble articulé mesure jusqu'à dix-huit mètres et demi, et il roule vite. Le dépasser prend beaucoup plus de temps que tu ne le crois : ne t'y engage qu'avec une visibilité franche et longue. Par pluie, ajoute le nuage de projections qui te prive de vue pendant plusieurs secondes, et par vent, la bourrasque au moment où tu sors de son abri.
Le convoi exceptionnel
Un transport exceptionnel est un convoi trop long, trop large ou trop lourd pour la route. Il est signalé par des panneaux rouges et blancs, des feux orange, et il est souvent encadré par des voitures pilotes.
Face à lui : tu suis les indications des accompagnateurs, et tu ne le dépasses pas tant qu'ils ne t'y invitent pas. Accepte aussi qu'il empiète sur ta voie dans les virages, et recule s'il le faut : il ne peut pas faire autrement, et lui ne peut pas reculer.
Les cavaliers et les animaux
Sur les routes de campagne belges, tu croiseras des chevaux et parfois du bétail. Un animal ne raisonne pas : c'est à toi de te rendre prévisible et inoffensif.
Le cavalier est un conducteur
Rappel de la section 7.0 : le cavalier est un conducteur, pas un piéton. Il en a les devoirs : il obéit aux feux, aux panneaux et aux règles de priorité comme n'importe quel véhicule. L'âge minimum pour conduire seul un cheval sur la voie publique est de 14 ans, ou 12 ans si le cavalier est accompagné d'un autre cavalier, donc à cheval et pas à pied, d'au moins 21 ans.
Où circule le cavalier
Quand un chemin réservé aux cavaliers longe la route, il doit l'emprunter. Sinon, il utilise l'accotement, et à défaut la chaussée, le plus à droite. Ce qu'il ne fait jamais, c'est monter sur le trottoir.
Les cavaliers peuvent circuler à deux de front, et doivent se remettre en file quand le croisement devient impossible. Un cavalier mène parfois un second cheval en main, à sa droite : compte toujours une largeur de plus que ce que tu vois.
Les attelages et les voitures à traction animale
Une voiture attelée reste un véhicule, et son conducteur un conducteur ordinaire, soumis aux feux, aux panneaux et aux priorités. Mais elle est lente, large, elle ne freine presque pas et son moteur est un animal qui peut s'affoler. Tu la dépasses comme tu dépasserais un cheval : très lentement, très largement, sans bruit.
Les troupeaux
Un troupeau sur la chaussée est conduit par un berger, souvent avec un chien. La règle est simple et absolue : tu ne le traverses pas. Tu t'arrêtes, moteur au ralenti, et tu attends qu'il soit passé, même si cela dure. Forcer le passage disperse les bêtes et crée exactement l'accident que tu voulais éviter.
Les animaux la nuit
La nuit et par mauvaise visibilité, un cavalier, un attelage ou un troupeau doit être signalé par des feux : blanc ou jaune vers l'avant, rouge vers l'arrière, portés du côté gauche, celui de la circulation. Sur une route de campagne, c'est parfois tout ce que tu verras. Un point lumineux isolé au bord d'une route noire mérite qu'on lève le pied avant de comprendre ce que c'est.
Le chien et l'animal domestique
Sur la voie publique, un chien se tient en laisse. Un chien libre est imprévisible : il traverse en ligne droite vers son maître, sans regarder. Souviens-toi qu'un animal ne raisonne pas, et que celui qui court après lui, souvent un enfant, ne regarde pas non plus.
Le klaxon est à proscrire près des animaux
C'est le point clé. Un bruit brutal effraie un cheval, qui peut alors se cabrer, ruer ou se jeter sur la chaussée, et devenir totalement incontrôlable, avec son cavalier dessus. Donc, à l'approche d'animaux :
- tu ralentis,
- tu t'écartes largement,
- tu n'accélères pas brutalement en passant,
- tu ne klaxonnes pas et tu ne fais pas rugir ton moteur.
Si l'animal s'effraie, tu t'arrêtes. La même prudence vaut pour les groupes de cavaliers, les troupeaux et les véhicules agricoles accompagnés d'animaux.
Un animal errant sur la chaussée
Face à un animal qui surgit sur la route, ne fais jamais d'écart brutal : tu risques de perdre le contrôle ou de déporter ta voiture vers un autre usager. Les bonnes réactions d'urgence face à un obstacle sont au module 08.
Les engins de déplacement et les nouveaux usagers
Trottinettes, rollers, monoroues : une nouvelle famille d'usagers, silencieux et rapides, qui a bousculé le code ces dernières années. Leur règle de base tient en deux mots : le statut variable.
Le principe du statut variable
Depuis le 1er juillet 2022, c'est le moteur qui décide, plus la vitesse. Un engin motorisé, trottinette électrique, hoverboard ou monoroue, fait de son utilisateur un cycliste, quelle que soit son allure. Un engin sans moteur, rollers, skateboard ou trottinette classique, garde l'ancien statut variable : à l'allure du pas, son utilisateur est assimilé à un piéton et suit les règles des piétons. Plus vite, il est assimilé à un cycliste et doit circuler comme tel, sur la piste cyclable ou la chaussée.
La trottinette électrique
- Âge minimum : 16 ans (sauf dans les zones où l'enfant peut déjà rouler, comme les zones résidentielles, de rencontre, les rues réservées au jeu),
- elle est assimilée à un cycliste : piste cyclable et chaussée, jamais le trottoir (sauf à la main, où l'on redevient piéton),
- un seul occupant : le passager est interdit,
- vitesse limitée à 25 km/h par construction.
Attention, ces règles ont deux limites. D'abord, beaucoup de villes ajoutent leurs propres règles par arrêté communal : Bruxelles, Anvers et Gand imposent des zones de stationnement obligatoires et parfois des vitesses bridées, différentes d'une commune à l'autre. La règle de base est nationale, mais vérifie les arrêtés locaux là où tu circules. Ensuite, ces règles changent souvent : ce cours est à jour en 2026.
Le fauteuil roulant
Une personne en fauteuil roulant, poussé à la main ou électrique, est un piéton tant qu'elle ne dépasse pas l'allure du pas : elle circule sur le trottoir et traverse aux passages pour piétons. Si son fauteuil électrique roule plus vite que le pas, elle suit alors les règles du cycliste.
Ce qui compte pour toi est plus simple : un fauteuil est bas, donc facilement masqué par une voiture en stationnement, et il ne peut ni accélérer ni sauter en arrière. Tu lui laisses tout le temps qu'il lui faut.
Les véhicules agricoles et les engins lents
À l'opposé, les tracteurs et engins agricoles sont larges, lents, ils débordent et ne voient pas bien derrière eux. Les dépasser demande beaucoup d'espace et de patience : tu attends une vraie visibilité. Certains engins lents peuvent être interdits sur certaines routes.
Les passagers et le transport des personnes
Tes passagers sont aussi des usagers, et tu en es responsable. La sécurité ne s'arrête pas au pare-brise : elle commence à l'intérieur de ta voiture.
La ceinture de sécurité
La ceinture est obligatoire à toutes les places qui en sont équipées, à l'avant comme à l'arrière. Une règle de responsabilité à connaître : c'est le conducteur qui répond du bouclage des passagers de moins de 18 ans. À partir de 18 ans, chaque passager est personnellement responsable de sa propre ceinture.
Les enfants et les dispositifs de retenue
Un enfant de moins de 18 ans et de moins de 1,35 mètre doit voyager dans un dispositif de retenue adapté à sa taille : siège ou rehausseur. Dès qu'une seule des deux conditions tombe, c'est-à-dire dès qu'il atteint 18 ans ou 1,35 mètre, la ceinture normale suffit. Transporter un enfant qui en a besoin sans dispositif adapté est une faute grave. FG
Règle vitale de l'airbag : il est interdit d'installer un siège enfant dos à la route sur un siège passager protégé par un airbag frontal actif. En cas de choc, l'airbag qui se déploie frapperait la coque du siège. Si tu dois le faire, l'airbag doit être désactivé.
Les cas particuliers du siège enfant
Dans une voiture sans ceintures, un enfant de moins de 3 ans ne peut pas voyager du tout ; à partir de 3 ans et sous 1,35 m, il s'installe à l'arrière.
En taxi, s'il n'y a pas de dispositif à bord, l'enfant de moins de 3 ans voyage sans siège mais obligatoirement à l'arrière.
Et si deux sièges enfants occupent déjà la banquette arrière et qu'un troisième enfant de 3 ans ou plus n'y a plus la place, celui-là peut mettre la ceinture normale, à l'arrière.
Le nombre de passagers et les cinq dispenses
Tu ne transportes pas plus de passagers que de places équipées d'une ceinture, et jamais une personne dans un coffre fermé.
La ceinture connaît exactement cinq dispenses :
- le conducteur qui effectue une marche arrière ;
- le chauffeur de taxi quand il transporte un client ;
- les occupants d'un véhicule prioritaire, mais seulement s'ils transportent une personne menaçante, s'ils sont sur le lieu même de l'intervention ou s'ils donnent des soins ;
- la personne qui détient une attestation médicale de dispense, qu'elle doit avoir sur elle ;
- le distributeur de courrier qui s'arrête sans arrêt sur de courtes distances.
En dehors de ces cinq cas, la ceinture reste bouclée, même sur cent mètres.
Les usagers en groupe et les cortèges
Une règle unique gouverne tous les groupes, et elle est simple à retenir.
Un groupe passe comme un seul usager
Un groupe organisé passe comme un seul usager : on ne le coupe jamais, on ne s'intercale jamais en son milieu. Concrètement, tu dois lui laisser le passage et, s'il le faut, t'arrêter. Peu importe que le feu soit vert pour toi ou que tu sois sur la voie prioritaire : le groupe passe d'un bloc.
Les groupes concernés sont limitativement énumérés :
- les colonnes militaires ;
- les groupes de piétons conduits par un guide : rangs d'école, enfants, personnes handicapées, personnes âgées ;
- les cortèges, processions et manifestations autorisées ;
- les compétitions sportives qui se déroulent sur la voie publique.
Retiens la nuance qui piège tout le monde : un groupe de cyclistes du dimanche n'est pas dans cette liste. Ce sont des cyclistes ordinaires, tu peux les dépasser normalement. Seule la course encadrée bénéficie de la règle du groupe.
Les courses cyclistes
Une course est encadrée par deux drapeaux, et c'est le repère le plus utile à connaître. Le véhicule de tête porte un drapeau rouge : la course commence, tu t'arrêtes. Le véhicule de queue porte un drapeau vert : la course est passée, la route est de nouveau à toi.
Entre ces deux drapeaux, tu ne t'intercales jamais dans le peloton, même si un trou s'ouvre : un peloton est dense, rapide et imprévisible. Tu respectes aussi les indications des signaleurs habilités, ces bénévoles en chasuble munis d'un disque rouge à bord blanc, qui ont ici le même pouvoir d'arrêt qu'un agent.
Les groupes de cavaliers
Un groupe de cavaliers accompagné d'un guide obéit à la même logique : il passe d'un bloc et tu ne le traverses pas. Les cavaliers peuvent rouler à deux de front, et tu les dépasses toujours très lentement et très largement, sans klaxonner : un cheval qui prend peur se déporte d'un mètre en une seconde.
Les véhicules prioritaires et de service
Deux familles d'usagers qu'on ne traite comme aucune autre : ceux qu'il faut laisser passer, et ceux qu'il faut simplement laisser travailler. La confusion entre les deux se paie cher, dans les deux sens.
Les véhicules prioritaires
Un véhicule n'est pas prioritaire parce qu'il est blanc et bleu : il l'est parce qu'il signale une mission urgente. Ambulance, pompiers, police, mais aussi certains véhicules de secours et de dépollution. Ce sont ses signaux qui décident, pas son métier.
La règle tient en trois cas : feu bleu et sirène, tu cèdes le passage et tu dégages la voie ; feu bleu seul, tu continues normalement ; gyrophare orange, aucune priorité, simple prudence. Il n'existe aucune distance chiffrée à garder derrière un véhicule prioritaire : ce qu'on attend de toi, c'est de libérer le passage.
Ce que tu fais concrètement
D'abord, tu ne freines pas brutalement : celui qui te suit ne l'a peut-être pas encore entendu. Tu ralentis, tu te ranges le plus à droite possible et tu t'arrêtes s'il le faut. Sur une route à plusieurs bandes, chacun s'écarte de son côté pour ouvrir un couloir au milieu.
Si tu es arrêté à un feu rouge et qu'une sirène arrive derrière toi, tu peux avancer prudemment pour dégager, même si cela te fait franchir la ligne d'arrêt. Personne ne t'en fera reproche, mais tu restes responsable de ce que tu fais : tu regardes avant.
Une chose est absolument interdite : suivre un véhicule prioritaire dans son sillage pour profiter du passage qu'il ouvre. La route se referme derrière lui, et c'est toi qui la reçois.
Enfin, un véhicule prioritaire est dispensé de certaines règles, jamais de la prudence. Il doit ralentir avant de franchir un feu rouge. Ne présume donc rien de ce qu'il va faire : regarde-le faire.
Les véhicules de service
Les véhicules de voirie, de collecte des déchets, les dépanneuses et engins de chantier ne sont pas prioritaires, mais ils s'arrêtent souvent, reculent, et ont du personnel à pied autour d'eux, gilet fluo sur le dos. Face à eux, une seule attitude : prudence et patience, tu ralentis et tu laisses les travailleurs en sécurité.
Quand ça tourne mal : mes obligations
Malgré toute ta prudence, un accident peut arriver. Ce que tu fais dans les secondes qui suivent est encadré par la loi, et l'ignorer aggrave tout.
L'obligation de s'arrêter
Après un accident, même léger, même sans blessé apparent, tu dois t'arrêter et rester sur place pour les constatations. Ce n'est pas une option, c'est une obligation.
Le délit de fuite
Prendre la fuite après avoir causé ou occasionné un accident, pour échapper aux constatations, est un délit de fuite, et ce même si l'accident n'est pas de ta faute. C'est une infraction lourde : en cas de dommages matériels, la peine va de quinze jours à six mois ; en cas de dommages corporels, elle peut atteindre plusieurs années, avec une déchéance possible du droit de conduire. FG
L'obligation de porter assistance
Tu dois porter assistance à une personne en danger. Concrètement, tu sécurises les lieux, tu alertes les secours et tu aides dans la mesure de tes moyens. Refuser de porter secours à quelqu'un en péril est une infraction grave. La conduite à tenir en cas d'accident (baliser, secourir, alerter) est détaillée au module 11.
La protection particulière des usagers faibles
Un point de droit qui doit changer ton regard. En Belgique, les usagers faibles, c'est-à-dire les piétons, les cyclistes et les passagers, bénéficient d'une indemnisation quasi automatique de leurs dommages corporels par l'assureur du véhicule impliqué, même s'ils ont commis une faute. La seule exception est la faute intentionnelle de la victime âgée de plus de 14 ans, celle qui a voulu l'accident.
Ce qu'il faut en comprendre comme conducteur : la charge pèse sur toi. Même si un piéton traverse au mauvais endroit, même si un cycliste grille un feu, tu ne pourras pas t'exonérer en invoquant sa faute. C'est une raison de plus, très concrète, de tout faire pour ne jamais en arriver là.
Récapitulatif final
Tout le module tient sur cette page. Si tu retiens ces deux tableaux et le fil rouge, tu as le thème.
Usager par usager
| Usager | Où il circule | Ce que je fais |
|---|---|---|
| Piéton | Trottoir, accotement ; sur la chaussée toujours à gauche, face au trafic | Je cède au passage, je le laisse achever, je ralentis là où il surgit |
| Enfant | Partout, imprévisible | Prudence maximale, je ne coupe jamais un rang FG |
| Personne aveugle (canne blanche) | Passage, trottoir | Je m'arrête, sans klaxon ni geste, et j'attends |
| Cycliste | Piste cyclable, sinon chaussée | 1 m / 1,5 m pour dépasser, et aucun dépassement en rue cyclable |
| Cyclomoteur A / B | Piste ou chaussée selon la classe | Je le traite comme un deux-roues visible et fragile |
| Moto | Chaussée, entre les files à l'arrêt | Contrôle visuel direct avant de déboîter |
| Tram | Ses rails | Je cède toujours, je ne bloque pas, je dépasse par la droite |
| Bus (agglo) | Chaussée, bande bus | Je le laisse quitter son arrêt si je roule dans le même sens |
| Bus scolaire (feux de détresse) | À l'arrêt | Je ralentis et je m'arrête FG |
| Camion, véhicule long | Chaussée, deux bandes de droite | Jamais à sa droite, jamais dans l'espace qu'il ouvre en tournant |
| Cavalier / animaux | Chemin cavalier, accotement, chaussée | Je ralentis, je m'écarte, je ne klaxonne pas |
| Troupeau | Toute la chaussée | Je m'arrête et j'attends, je ne traverse jamais |
| Véhicule prioritaire (bleu + sirène) | Partout | Je dégage à droite, je ne le suis jamais dans son sillage |
| Trottinette / engin | Piéton au pas, sinon cycliste | Contrôle visuel, jamais sur le trottoir au-delà du pas |
Les âges et les chiffres à connaître par cœur
| Notion | Chiffre |
|---|---|
| Distance latérale au dépassement d'un cycliste | 1 m agglo, 1,5 m hors agglo |
| Passage pour piétons à emprunter obligatoirement | à moins de 20 m |
| Enfant à vélo sur le trottoir | moins de 10 ans |
| Cyclomoteur classe A / classe B et speed pedelec | 25 / 45 / 45 km/h |
| Âge minimum cyclomoteur, speed pedelec, trottinette | 16 ans |
| Moto entre les files | 50 km/h max, écart 20 km/h |
| Groupes de cyclistes | 15 à 50 ; 51 à 150 (2 capitaines) |
| Capitaine de route | au moins 21 ans |
| Cavalier seul / accompagné | 14 ans / 12 ans |
| Dispositif de retenue enfant | moins de 1,35 m et moins de 18 ans |
| Panneau de transport scolaire | au moins 0,40 m |
* Sources de ce module : arrêté royal du 1er décembre 1975, articles 2 (définitions et assimilations), 7bis (engins de déplacement), 8 (âge des conducteurs), 9 (place sur la chaussée), 12 (manœuvres), 22bis (zone résidentielle), 22novies (rue cyclable), 33 (avertisseur sonore), 35 (ceinture et dispositifs de retenue), 36 (casque et vêtements), 37 et 38 (véhicules prioritaires), 39 (autobus quittant son arrêt), 39bis (transport scolaire), 40 (usagers faibles), 40ter (piétons et cyclistes), 40quater (courses cyclistes), 41 (groupes à laisser passer), 42 (piétons), 43 et 43bis (cyclistes et groupes), 44 (passagers), 48 (transports exceptionnels), 55 et 55bis (cavaliers et conducteurs d'animaux), 56 (animaux la nuit), 62ter (feux blancs des transports en commun) et 71 (rue réservée au jeu) ; arrêté royal du 30 septembre 2005 pour les degrés d'infraction.
Tu as lu la théorie ? Teste-toi.
Mets-toi à l'épreuve avec le quiz de ce module — questions corrigées, façon examen.
Faire le quiz du module →