
Qui commande à un carrefour
D'abord, deux mots à ne pas confondre
Un carrefour, c'est l'endroit où deux voies publiques se rencontrent. Céder le passage ne veut pas dire s'arrêter : ça veut dire ne pas continuer si l'autre doit modifier brusquement sa direction ou sa vitesse à cause de toi. Si la voie est libre, tu passes sans t'arrêter. Si l'autre doit freiner ou dévier, tu étais en faute, même s'il n'y a pas eu d'accident.
C'est cette définition qui décide de presque toutes les questions d'examen. Retiens-la mot à mot.
La question à se poser, toujours dans cet ordre
Devant n'importe quel carrefour, tu descends cette liste. Dès qu'un niveau est présent, il commande et tu arrêtes de descendre.
- Y a-t-il un agent qualifié ?
- Sinon, y a-t-il des feux ?
- Sinon, y a-t-il des signaux, panneaux et marquages ?
- Sinon, on applique les règles générales, dont la priorité de droite.
Un agent efface les feux. Les feux effacent les panneaux de priorité placés sur la même voie, et eux seuls : une interdiction, un sens interdit ou une limitation de vitesse restent valables. Les panneaux de priorité effacent la priorité de droite. Cet ordre n'a pas d'exception dans ce sens-là : un agent qui te fait avancer alors que ton feu est rouge, tu avances.

Trois cas où le niveau du dessus ne commande plus
- Le feu orange clignotant seul ou au milieu : le feu est en panne, il ne commande plus rien, on redescend aux panneaux puis à la priorité de droite.
- Les signaux placés au-dessus d'une bande : ils ne valent que pour cette bande, pas pour le carrefour.
- Les plaques à vélo sous un feu : elles autorisent les cyclistes à tourner ou à continuer malgré le rouge. Elles ne s'adressent jamais aux voitures.
Même prioritaire, tu ne bloques pas le carrefour
Il est interdit de s'engager dans un carrefour si la circulation est telle que tu risques d'y rester immobilisé. Cette règle s'applique même au feu vert et même si tu es prioritaire : tu attends avant la ligne d'arrêt. Et si tu es déjà dedans quand ça bloque, tu le dégages dès que possible.
Être « engagé », ça veut dire quoi
Le mot revient sans arrêt dans les questions, et il a un sens précis : tu es engagé quand ton véhicule a franchi la ligne où tu aurais dû t'arrêter et se trouve sur le carrefour. Tant que tu es en deçà, tu n'es pas engagé, même si ton capot dépasse un peu.
Ça change deux choses. Celui qui est déjà engagé finit de passer, et personne ne le renvoie en arrière. Et un agent qui lève le bras n'arrête pas ceux qui sont déjà dedans : eux dégagent.
Céder ne veut pas dire s'arrêter n'importe où
Quand tu t'arrêtes pour céder le passage, tu choisis où. Tu ne t'immobilises jamais sur un passage pour piétons, ni sur une piste cyclable, ni sur des rails. Si la place manque, tu attends en amont, avant l'obstacle.
Quand tu ne vois rien
À un carrefour masqué par une haie, un mur ou une camionnette, la règle ne change pas : tu dois céder, mais tu ne peux pas céder à l'aveugle. Tu avances très lentement, par petits pas, jusqu'à voir la route transversale, sans encore t'engager. Tu ne t'engages qu'une fois que tu vois. S'avancer d'un coup en espérant que ce soit libre est une faute.
Deux chaussées séparées, deux carrefours
Quand un terre-plein sépare les deux sens, tu ne traverses pas un carrefour mais deux, l'un après l'autre. Tu règles la priorité pour la première chaussée, puis tu recommences pour la seconde.
Deux conséquences. Si l'espace entre les deux chaussées est assez large pour ta voiture, tu peux t'y arrêter et attendre. S'il ne l'est pas, tu ne t'engages pas du tout tant que les deux chaussées ne sont pas libres : rester à cheval sur un terre-plein trop court, c'est bloquer les deux sens.
À l'examen, lis l'énoncé autant que le dessin
Certains mots de la question sont là pour te faire douter, et ils reviennent tout le temps.
- « il ralentit », « il s'arrête » : le prioritaire reste prioritaire. Freiner n'est pas céder.
- « il semble vouloir » : tu ne juges jamais sur l'intention, seulement sur la règle.
- « déjà engagé » : celui qui est dedans finit de passer.
- « chemin de terre », « parking », « propriété », « il sort de » : la priorité de droite saute.
- « il tourne », « il fait demi-tour », « il recule », « il change de bande » : c'est une manœuvre, donc jamais prioritaire.
L'agent qualifié
L'agent qualifié occupe le niveau 1 : ses injonctions passent avant les feux, avant les panneaux, avant le tram. Ne pas lui obéir est une faute grave FG.
Les gestes d'arrêt
Il n'y en a que trois à connaître, et ils sont sans ambiguïté.

Il utilise aussi deux gestes qui ne sont pas des ordres d'arrêt : un mouvement du bras de haut en bas te demande de ralentir, un moulinet t'invite à accélérer pour dégager. Le coup de sifflet, lui, n'ordonne rien du tout : il attire ton attention, tu regardes l'agent, puis tu obéis à son geste.
L'ordre peut aussi être verbal
Tu obéis immédiatement, sans qu'il ait à se justifier. Refuser d'obéir, ou refuser de déplacer ton véhicule quand il te le demande, est une faute grave FG.
Ceux qui ressemblent à un agent sans en être un
D'autres personnes peuvent te donner des indications que tu dois suivre : les surveillants habilités aux traversées d'écoliers, les capitaines de route, les signaleurs de courses cyclistes, les chefs de groupe. Tu leur obéis, mais ce ne sont pas des agents qualifiés : ils ne règlent pas toute la circulation et ne verbalisent pas.
À un carrefour sans feux, une personne habilitée arrête la circulation avec un brassard aux couleurs belges au bras gauche levé et un disque de circulation interdite tenu à bout de bras. Tu t'arrêtes.
Un pompier peut régler la circulation sur son lieu d'intervention. Un simple conducteur, même après un accident ou une panne, n'en a jamais le pouvoir.
Les feux, en situation
Tu sais déjà les reconnaître. Ici, une seule question : qui passe ?
Ce que le vert ne te donne pas
Le vert t'autorise à passer. Il ne te rend pas prioritaire sur tout. Trois obligations subsistent :
- Les véhicules encore engagés dans le carrefour finissent de le dégager avant toi.
- Les piétons déjà engagés terminent leur traversée.
- Tu ne t'engages pas si tu risques de rester bloqué dans le carrefour.
Et si tu tournes, le vert ne te dispense pas de céder : en tournant à gauche tu cèdes à ceux qui viennent en face, en tournant à droite tu cèdes aux cyclistes qui continuent tout droit à ta droite.
L'orange fixe
Tu t'arrêtes. Une seule exception : si tu es déjà si près du feu que t'arrêter ne peut plus se faire en sécurité. Ce n'est pas un droit de passer, c'est une tolérance pour éviter un freinage dangereux.
La flèche d'évacuation éteinte
Une flèche lumineuse qui ne s'allume pas n'interdit rien. Elle ne veut pas dire « interdit de tourner ». Tu peux tourner, en cédant simplement le passage aux véhicules qui viennent en face.
Le feu en panne
Un orange clignotant seul ou au milieu, ou un feu totalement éteint : le feu ne commande plus. Le carrefour redevient ordinaire. Tu appliques les panneaux s'il y en a, et sinon la priorité de droite.
Attention à ne pas confondre avec l'orange clignotant qui s'allume à la place du vert, dans le bloc tricolore : celui-là dit que le feu fonctionne, et te laisse passer avec prudence.
Le sas cycliste au feu
Devant certains feux, une zone avancée est réservée aux cyclistes, délimitée par deux lignes d'arrêt. Tu t'arrêtes à la première, la plus éloignée du carrefour, et tu laisses la zone libre. Les cyclistes se placent devant toi et démarrent avant toi : c'est fait exprès, pour qu'ils soient visibles.
Les feux qui ne valent que pour une bande
Une croix rouge ou une flèche au-dessus d'une bande ne commande que cette bande. Rouler sous une croix rouge est une faute grave FG.
La priorité de droite
Pas d'agent, pas de feux, pas de panneaux ? Alors la règle par défaut s'applique : tu cèdes le passage à celui qui vient de ta droite. Ne pas la respecter est une faute grave FG.
Elle ne joue qu'aux carrefours
La priorité de droite ne s'applique qu'à un carrefour, c'est-à-dire là où deux voies publiques se rencontrent. Elle ne joue pas quand quelqu'un débouche d'un garage, d'un parking ou d'une station-service : ce n'est pas un carrefour, c'est une manœuvre, et il cède à tout le monde.
Elle vaut pour tout le monde
La priorité de droite ne concerne pas que les voitures. Un cycliste, un cyclomotoriste, un cavalier qui arrivent de ta droite sont prioritaires exactement de la même façon.
Elle ne se perd pas
Le prioritaire garde sa priorité même s'il ralentit, même s'il s'arrête. Ce n'est pas parce qu'il freine qu'il te cède la route. Tu ne t'engages que si tu ne l'obliges ni à freiner, ni à dévier.
C'est le piège le plus fréquent de tout l'examen : dès qu'un énoncé dit « le véhicule prioritaire ralentit », la réponse ne change pas.
Quand elle saute
La priorité de droite a des exceptions, et elles tombent souvent. Dans ces cas, celui qui vient de droite n'est pas prioritaire.
- Le tram et le train passent toujours, même en venant de ta gauche.
- Celui qui débouche d'un chemin de terre ou d'un sentier sur une route revêtue cède.
- Celui qui traverse un trottoir ou une piste cyclable cède à ceux qui y circulent.
- Celui qui coupe une piste cyclable cède aux cyclistes qui la suivent.
- Celui qui manœuvre, quelle que soit la manœuvre, n'est jamais prioritaire.
- Un groupe organisé qui a commencé à passer ne se coupe pas.
- Celui qui arrive d'un sens interdit n'a aucune priorité à faire valoir.
Sur l'autoroute, celui qui s'insère cède
La priorité de droite ne s'applique pas sur autoroute : il n'y a pas de carrefour. Celui qui arrive par la bande d'accélération adapte sa vitesse à celle du trafic et s'insère sans forcer personne à freiner. Les conducteurs déjà sur la chaussée n'ont aucune obligation de lui faire de la place, même s'il est courtois de se déporter quand c'est possible.
La technique de l'insertion est au module 06.
Ce qui ne fait PAS perdre la priorité
Beaucoup de candidats inventent des raisons de céder qui n'existent pas. Aucune de ces situations n'enlève quoi que ce soit à celui qui vient de droite :
- Ta route est plus large, mieux revêtue, ou a l'air plus importante.
- L'autre véhicule est plus petit, ou plus gros. Un camion n'a aucune priorité du fait de sa taille.
- Ta route se termine au carrefour, en T. Celui qui débouche de ta droite reste prioritaire.
- Tu es arrivé le premier, ou l'autre roule plus vite.
- Il n'y a aucun marquage au sol : l'absence de marquage ne crée pas de priorité.
Quand chacun a quelqu'un à sa droite
Quatre véhicules arrivent en même temps à un carrefour sans aucun signal : chacun a quelqu'un à sa droite, donc personne ne peut partir. La règle ne tranche pas ce cas, et l'examen le sait. On se dégage prudemment, en se comprenant du regard ; celui qui peut avancer sans gêner personne le fait en premier. Forcer le passage reste une faute.
Celui qui manœuvre n'est jamais prioritaire
Beaucoup d'exceptions se ramènent à un seul mot. Une bonne partie des questions de priorité se règle en repérant que quelqu'un manœuvre.
- Sur la chaussée
- Changer de bande, traverser la chaussée, faire demi-tour, faire marche arrière
- En quittant la route
- Entrer dans un stationnement ou en sortir, entrer dans une propriété ou en sortir
- La conséquence
- Celui qui manœuvre cède le passage à tous les autres usagers (une seule exception, le bus qui quitte son arrêt en agglomération, voir 3.10)
- Ce que ça n'est pas
- Suivre la route, même en tournant à un carrefour, n'est pas une manœuvre
Sortir de chez soi, c'est céder à tout le monde
Quand tu sors d'un garage, d'une allée, d'un parking ou d'une station-service, tu cèdes dans l'ordre : d'abord aux piétons du trottoir que tu traverses, puis aux cyclistes de la piste cyclable, puis à la circulation de la chaussée. Tu es le dernier servi.
Deux véhicules qui tournent à gauche l'un en face de l'autre
Deux voitures se font face et veulent toutes les deux tourner à gauche. Chacune doit d'abord céder aux véhicules qui viennent en face et vont tout droit : tourner à gauche ne dispense jamais de ça. Entre elles, elles se croisent en passant l'une derrière l'autre, chacune gardant l'autre sur sa gauche, parce que le code demande de tourner aussi largement que possible pour aborder la nouvelle chaussée par la droite. Un marquage au sol peut imposer autre chose.
Ce qui compte à l'examen : tu ne coupes jamais la trajectoire de l'autre, et tu gardes le contact visuel jusqu'au bout.
La technique du changement de direction, c'est-à-dire où se placer, quand mettre le clignotant et comment contrôler l'angle mort, est au module 06.
Les panneaux de priorité, en situation
Tu sais déjà les reconnaître. Ici, on applique.
Céder, ou s'arrêter
Les deux panneaux te demandent de céder. La différence est dans l'arrêt.
- Sous
, tu ralentis, tu regardes, tu cèdes. Si la voie est libre, tu n'es pas obligé de t'arrêter.
- Sous
, tu dois t'arrêter complètement, roues immobiles, même si personne ne vient. Ensuite seulement tu cèdes et tu repars. Ne pas marquer cet arrêt est une faute grave FG.
Où s'arrêter ? À la ligne d'arrêt si elle est tracée. Sinon, à l'endroit d'où tu vois la route transversale, sans mordre dessus.

Prioritaire en continu, ou à un seul carrefour
C'est l'autre confusion classique.
te rend prioritaire tout le long de la route, à chaque carrefour, jusqu'à ce que
y mette fin.
ne vaut qu'au carrefour suivant. Après, c'est fini.
ne donne rien du tout : il rappelle simplement que la priorité de droite s'applique ici.

Quand la route prioritaire tourne
La voie prioritaire ne va pas toujours tout droit. Un additionnel sous le losange dessine alors son tracé : le trait épais est la route prioritaire, les traits fins sont celles qui cèdent. Si tu quittes le trait épais, tu changes de direction par rapport à la voie prioritaire : tu mets ton clignotant.
Le passage étroit signalé
Ces deux-là règlent une priorité, malgré leur forme inhabituelle. : tu cèdes à celui d'en face.
: tu passes.
Pour ne plus les inverser, regarde la flèche de droite du panneau : c'est la tienne. Rouge, tu cèdes. Blanche, tu passes.
Le rond-point
Un rond-point fait tourner tout le monde dans le même sens autour d'un îlot central. Bien lu, c'est le carrefour le plus simple. Mal lu, c'est celui qui coûte le plus de points.
Ce qui fait un vrai rond-point
Ce n'est pas la forme, c'est le panneau. Un carrefour n'est un rond-point réglementaire que s'il porte .
- Avec ce panneau : celui qui entre cède à ceux qui tournent déjà dans l'anneau.
- Sans ce panneau, une place ronde reste un carrefour ordinaire : c'est la priorité de droite qui s'applique, donc tu cèdes à celui qui entre à ta droite.
C'est exactement l'inverse dans les deux cas. Beaucoup cèdent à l'anneau par réflexe et se trompent.

Entrer, tourner, sortir
- En entrant : tu cèdes aux véhicules déjà dans l'anneau. Tu ne mets le clignotant à droite que si tu prends la première sortie.
- Dans l'anneau : tu ne mets le clignotant que si tu changes de bande.
- En sortant : clignotant à droite toujours obligatoire, mis assez tôt, et tu te rabats à droite à temps.
En sortant, tu cèdes aussi aux piétons et aux cyclistes qui traversent la branche de sortie. Dans le doute, tu refais un tour plutôt que de couper.

Les passages pour piétons du rond-point
Un rond-point a souvent un passage pour piétons sur chaque branche, à l'entrée comme à la sortie. Celui de l'entrée se traite avant même la question de l'anneau : tu cèdes d'abord aux piétons, puis tu regardes l'anneau.
Quelle bande prendre
Sur un rond-point à plusieurs bandes, tu prends celle qui correspond à ta sortie et tu restes dedans. La bande de droite convient pour les premières sorties, la bande de gauche pour aller loin, mais tu dois pouvoir rejoindre la droite à temps pour sortir, sans forcer personne.
Dans l'anneau, tu ne dépasses pas par la gauche celui qui tourne devant toi : suivre la courbe n'est pas une ligne droite, et le doubler revient à lui couper sa sortie.
Le rond-point réglé par des feux
Certains grands ronds-points ont des feux à l'entrée ou dans l'anneau. Tu remontes alors la liste du début de module : les feux commandent, ils passent avant la règle de l'anneau. Tu obéis d'abord au feu.
La tirette
La tirette est la façon légale de s'insérer quand une bande disparaît dans un bouchon. Elle n'est pas facultative : depuis 2014, c'est une obligation, des deux côtés.
- Condition 1
- Une bande se termine ou est obstruée : rétrécissement, travaux, obstacle
- Condition 2
- La circulation est fortement ralentie ou à l'arrêt
- Si une seule manque
- Pas de tirette. Tu t'insères selon les règles ordinaires
Comment ça se passe
Tu roules jusqu'au bout de ta bande : s'insérer trop tôt n'est pas courtois, c'est contraire à la règle. Juste avant le rétrécissement, les voitures s'intercalent une sur deux, chacune son tour. Les conducteurs de la bande qui continue doivent laisser la place : ce n'est pas une faveur.


Ce qui tombe à l'examen
- Une interdiction de dépasser n'empêche pas la tirette : s'intercaler n'est pas un dépassement.
- Sans bouchon, pas de tirette : les deux conditions sont cumulatives.
- Sur autoroute, l'insertion depuis une bande d'accélération suit sa propre règle et n'est pas une tirette (→ module 06).
Le passage étroit et l'obstacle
La route se rétrécit et deux véhicules ne peuvent pas se croiser. Deux cas seulement : avec panneaux, ou sans.
Sans panneau : c'est l'obstacle qui décide
Celui qui a l'obstacle de son côté, voiture en stationnement, travaux ou rétrécissement, cède le passage à celui d'en face. Si tu dois déborder sur la voie opposée pour continuer, c'est à toi d'attendre.
Ne cherche pas qui vient de droite : ici, la priorité de droite ne joue pas. C'est la position de l'obstacle qui tranche.

Avec panneaux
Ce sont les deux signaux du passage étroit vus plus haut : tu cèdes,
tu passes. L'astuce reste la flèche de droite du panneau.
La circulation alternée d'un chantier
Quand un chantier ne laisse qu'une seule voie, le passage est réglé de trois façons, et c'est toujours la même hiérarchie qui s'applique.
- Un signaleur ou un ouvrier habilité : c'est lui qui commande, avant tout le reste.
- Un feu à deux couleurs, rouge et vert, sans orange : tu obéis au feu.
- Rien du tout, seulement les deux panneaux du passage étroit, ou seulement l'obstacle : tu appliques ce qui précède.
Sur un chantier, les marques orange effacent les blanches et les panneaux à fond orange effacent la signalisation habituelle.
Quand il y a un obstacle de chaque côté
Si les deux voies sont obstruées, l'obstacle ne départage plus rien. On mesure alors la largeur restante et on se croise si elle suffit ; sinon, celui qui peut se ranger ou reculer le plus facilement le fait. Aucune règle ne désigne un gagnant : on se met d'accord du regard.
Les véhicules prioritaires
Police, ambulance, pompiers en intervention. Ce qui déclenche ton obligation n'est pas le véhicule, ni sa couleur : c'est la combinaison de deux signaux.
- Feu bleu et sirène
- Véhicule prioritaire en service. Tu dégages la voie et tu cèdes le passage, en t'arrêtant s'il le faut
- Feu bleu seul
- Aucune obligation de céder. Tu continues normalement
- Feu orange
- Jamais prioritaire. Simple avertissement de prudence
C'est la sirène qui crée l'obligation. Un gyrophare bleu qui tourne sans avertisseur sonore signale une présence, il ne réclame rien. Ne pas céder à un véhicule prioritaire annoncé par la sirène est une faute grave FG.

Comment dégager
Tu te serres à droite et tu t'arrêtes si nécessaire. Sur une route à plusieurs bandes, l'usage est de laisser un couloir libre entre les files. Tu ne franchis pas un feu rouge pour lui faire de la place : tu avances seulement si c'est possible en sécurité et sans mettre personne en danger.
Deux idées fausses
- Il n'existe aucune distance chiffrée à garder derrière un véhicule prioritaire. Ce qu'on te demande, c'est de libérer le passage, pas de compter des mètres.
- Le gyrophare orange des dépanneuses, engins de chantier, convois exceptionnels et véhicules lents n'accorde aucune priorité. Il dit « sois prudent », rien de plus.
Ceux à qui on cède toujours
Certaines priorités ne dépendent ni d'un panneau, ni d'un feu, ni de la droite. Elles valent partout, tout le temps.
| Qui | Ce que tu fais |
|---|---|
| Le tram et le train | Ils passent toujours, même en venant de ta gauche. Tu dégages la voie ferrée dès que possible |
| Le bus qui quitte son arrêt | En agglomération, dès qu'il met son clignotant pour repartir, tu le laisses s'insérer, en ralentissant et en t'arrêtant s'il le faut |
| Le piéton engagé | Sur un passage, celui qui traverse ou s'apprête à traverser passe avant toi |
| Le groupe organisé | Colonne d'enfants, cortège, groupe de cyclistes encadré : il passe d'un bloc, tu ne t'insères pas dedans |
| Le véhicule prioritaire en service | Feu bleu et sirène : tu dégages et tu cèdes |
| Le convoi militaire ou funéraire | Il se traite comme un groupe : on ne le coupe pas |
Le train, cas à part
Au passage à niveau, il n'y a pas de priorité à discuter : le train passe, toujours. Barrières qui descendent, feux rouges clignotants, sonnerie ou même un seul de ces signaux : tu t'arrêtes. Le comportement complet est au module 06.
Les zones où l'usager faible commande
Dans certaines zones, la priorité ne se joue plus au carrefour mais sur toute la rue.
- Zone résidentielle et zone de rencontre : les piétons occupent toute la largeur et les enfants peuvent y jouer. Tu es limité à 20 km/h, tu ne peux ni les mettre en danger ni les gêner, et tu t'arrêtes s'il le faut.
- Zone piétonne : tu n'y entres que si un additionnel t'y autorise, et toujours au pas, en cédant à tout le monde.
- Rue cyclable : le cycliste occupe la chaussée, tu le suis sans jamais le dépasser.
Dans ces trois zones, tu n'es jamais prioritaire sur le piéton ou le cycliste, même s'il vient de ta gauche.
En sortir ne t'enlève pas automatiquement la priorité, contrairement à un chemin de terre. C'est le signal placé à la sortie qui décide : un cédez-le-passage, un stop, ou un rappel de priorité de droite. Tu le lis, tu l'appliques.
Le récapitulatif
Toutes les situations de priorité de l'examen tiennent dans ce tableau. Si tu sais le refaire de mémoire, tu sais lire n'importe quel carrefour.
| La situation | Qui passe | Le mot qui décide |
|---|---|---|
| Un agent règle le carrefour | Celui que l'agent désigne | L'agent efface tout, même le rouge |
| Des feux fonctionnent | Celui qui a le vert | Mais le vert n'autorise pas à bloquer |
| Feu orange clignotant ou éteint | Les panneaux, sinon la droite | Le feu est en panne |
| Un cédez-le-passage | La route transversale | Céder sans forcément s'arrêter |
| Un stop | La route transversale | Arrêt complet, toujours |
| Un losange jaune | Toi, à chaque carrefour | Jusqu'au losange barré |
| Rien du tout | Celui qui vient de droite | Priorité de droite |
| Quelqu'un manœuvre | Tous les autres | Manœuvre = jamais prioritaire |
| Quelqu'un sort d'une propriété | Piétons, cyclistes, puis la rue | Il est le dernier servi |
| Rond-point avec le panneau | Ceux qui sont dans l'anneau | Celui qui entre cède |
| Place ronde sans le panneau | Celui qui vient de droite | Ce n'est pas un rond-point |
| Bande qui se termine dans un bouchon | Une sur deux, chacun son tour | Tirette, obligatoire |
| Passage étroit sans panneau | Celui qui n'a pas l'obstacle | C'est l'obstacle qui décide |
| Un tram, même par la gauche | Le tram | Le rail passe avant |
| Feu bleu et sirène | Le véhicule prioritaire | C'est la sirène qui oblige |
| Feu bleu sans sirène | Toi, normalement | Aucune obligation |
La technique des manœuvres est au module 06, les usagers eux-mêmes au module 07, la reconnaissance des panneaux et des feux au module 02.
* Sources de ce module : arrêté royal du 1er décembre 1975, articles 6 (hiérarchie des injonctions et signaux), 12 (obligation de céder le passage, priorité de droite, manœuvres, carrefour encombré), 12bis (tirette), 15 (croisement et obstacle), 19 (changement de direction) et 38 (véhicules prioritaires).
Tu as lu la théorie ? Teste-toi.
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