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Taux de réussite au permis B en Belgique : les vrais chiffres par Région, et ce qu’ils ne disent pas

Les taux de réussite au permis B ne sont pas nationaux : ils sont régionaux, souvent anciens, parfois inversés par la presse. Voici les chiffres confirmés à leur source primaire, année par année, et surtout ce qu’un taux bas dans ta Région ne dit absolument pas de tes chances.

Publié le Mis à jour le 25 min de lecture 4 sources officielles

En Belgique, aucune autorité ne publie de taux de réussite national au permis B, parce que l’examen de conduite est régionalisé et que chaque Région diffuse ses propres chiffres, avec son propre périmètre. Les données officielles les plus récentes donnent, pour la Flandre, 45,74 % de réussite au premier passage de l’examen pratique de catégorie B (GOCA Vlaanderen, chiffres du rapport annuel, page publiée le 25 septembre 2026) et 58,9 % de réussite toutes présentations confondues en 2024, sur 117 885 examens pratiques (Vlaams Parlement, question écrite n° 337 de Sofie Mertens, réponse de la ministre Annick De Ridder). En Wallonie, le ministre François Desquesnes a communiqué au Parlement de Wallonie des taux de réussite au théorique de 29,1 % à Lobbes et 46,9 % à Louvain-la-Neuve pour 2024. À Bruxelles, la seule ventilation officielle par centre jamais publiée donne 39,38 % au théorique à Schaerbeek-Evere contre 23,53 % à Anderlecht. Retiens d’abord ceci : un taux régional est une moyenne portant sur des dizaines de milliers de candidats très différents, et il ne prédit rien de ton résultat personnel.

Quel est le taux de réussite au permis B en Belgique ?

Il n’existe pas de taux belge au permis B : il existe trois séries régionales, qui ne mesurent pas la même chose et ne sortent pas en même temps. La Flandre, la Wallonie et la Région de Bruxelles-Capitale organisent chacune leurs examens via des centres agréés, et chacune décide ce qu’elle publie. Additionner les trois pour fabriquer une moyenne belge n’a aucun sens statistique, et aucune administration ne le fait.

Deuxième piège, plus vicieux : l’expression « taux de réussite » recouvre au moins quatre calculs différents. Selon celui qu’on retient, le même examen, la même année, dans la même Région, peut afficher 45 % ou 59 %.

  • Réussite par examen : les épreuves réussies divisées par les épreuves passées. Un candidat qui se présente quatre fois compte quatre fois.
  • Réussite au premier passage : uniquement la première tentative de chaque personne. C’est le chiffre le plus bas, et le plus honnête si l’on veut savoir si l’apprentissage a fonctionné.
  • Réussite toutes tentatives confondues : la personne a-t-elle fini par obtenir son permis. C’est le chiffre le plus haut.
  • Réussite sur une période glissante : trimestre, semestre ou année civile. Les relevés GOCA sont souvent trimestriels, les réponses parlementaires annuelles.

L’écart n’est pas théorique. En Flandre, pour le pratique, la réussite au premier passage tourne autour de 45 à 47 %, contre 58,9 % toutes présentations confondues en 2024 : treize points d’écart sur le même examen et la même année. Un article qui ne précise pas lequel des deux il cite ne dit rien d’utile. Voici les derniers taux réellement confirmés à une source primaire.

RégionDernier taux théorique confirméDernier taux pratique confirméSource et année
Flandre40,50 % fin septembre 202358,9 % toutes présentations en 2024 ; 45,74 % au premier passageGOCA Vlaanderen ; Vlaams Parlement, questions écrites n° 337 et n° 1475
WallonieDe 29,1 % (Lobbes) à 46,9 % (Louvain-la-Neuve) en 202473 % à Arlon et 66 % à Bastogne en 2021Parlement de Wallonie, questions écrites de 2022 et 2025
Bruxelles39,38 % à Schaerbeek-Evere et 23,53 % à Anderlecht36,96 % à Schaerbeek-Evere et 49,21 % à Anderlecht sur la voie publiqueParlement bruxellois, question écrite n° 91, novembre 2018 à octobre 2019

Ce tableau est frustrant, et c’est le problème : les chiffres wallons et bruxellois par centre n’existent publiquement que parce qu’un parlementaire a posé une question écrite. Pas de série annuelle, pas de tableau de bord ouvert, pas de fichier téléchargeable. Les chiffres flamands sont les plus complets parce que la députée Sofie Mertens a posé en 2025 deux questions écrites très détaillées à la ministre Annick De Ridder, dont les réponses contiennent les tableaux par année, par centre, par âge et par type de boîte.

Quel est le taux de réussite à l’examen théorique en Belgique ?

Le théorique est partout l’épreuve la plus ratée des deux, avec environ 40 % de réussite en Flandre et de 29 à 47 % selon le centre en Wallonie. C’est contre-intuitif : beaucoup de candidats préparent le pratique avec angoisse et traitent le théorique comme une formalité.

En Flandre, GOCA Vlaanderen publie ses propres relevés : 37,90 % de réussite fin 2022, 39,38 % au premier trimestre 2023, puis 40,50 % fin septembre 2023. Sur les volumes, 2025 est net : 294 351 examens théoriques toutes catégories, dont 237 373 pour la seule catégorie B, et 218 670 examens pratiques, dont 146 352 de catégorie B. Ce sont les volumes les plus récents disponibles à une source primaire en Belgique.

La langue de l’examen pèse énormément, et GOCA l’a mesuré. Au premier semestre 2023, en catégorie B, la réussite était de 38,48 % sans traduction audio, 38,17 % en français, 28,89 % en anglais et 11,54 % en allemand, les 3 616 examens avec traduction audio représentant 3,3 % du total. Un écart de 27 points entre le néerlandais et l’allemand ne mesure pas l’intelligence des candidats : il mesure la qualité de la traduction et l’accès au matériel de préparation dans cette langue.

En Wallonie, le ministre François Desquesnes a transmis au Parlement de Wallonie les taux par centre pour 2024, en réponse à deux questions écrites de mars 2025, des députées Sabine de Roberty et Christine Mauel. Les deux bornes sont 29,1 % à Lobbes et 46,9 % à Louvain-la-Neuve. Les questions signalent aussi une baisse marquée entre 2023 et 2024 à Couillet, Mariembourg et Braine-le-Comte, et un taux faible à Eupen, mais les chiffres de ces centres ne figurent pas dans la réponse, donc on ne les écrira pas ici. En 2021, sous la ministre Valérie De Bue, le meilleur centre wallon au théorique était Braine-le-Comte avec 45,90 %, le plus faible Cuesmes, dont le taux n’a pas été communiqué.

À Bruxelles, la seule ventilation complète remonte à la question écrite n° 91 de la députée Bianca Debaets à la ministre Elke Van den Brandt, pour la période du 1er novembre 2018 au 31 octobre 2019 : 39,38 % de réussite à Schaerbeek-Evere sur 33 221 examens, 23,53 % à Anderlecht sur 13 171 examens. La même réponse ventile par âge, et l’effet est brutal : à Schaerbeek-Evere, 44,66 % chez les moins de 25 ans, 38,63 % chez les 25-34 ans et 25,97 % chez les plus de 35 ans. Ces données ont six ans, il faut le dire, mais ce sont les seules publiées à ce niveau de détail pour la capitale.

Le barème, le nombre de questions et les conditions d’accès sont détaillés dans notre guide de l’examen théorique du permis B, et les 13 modules de théorie suivent le découpage officiel des matières. Les chiffres ci-dessus expliquent pourquoi ce travail n’est pas optionnel : six candidats sur dix échouent au théorique en Wallonie, et presque autant en Flandre.

Quel est le taux de réussite à l’examen pratique en Wallonie ?

Les seuls taux wallons au pratique confirmés par une réponse ministérielle sont ceux de 2021 : 73 % à Arlon et 66 % à Bastogne. Ils figurent dans la réponse de la ministre Valérie De Bue à la question écrite n° 217 de la députée Sabine de Roberty, du 16 février 2022. Aucune autre valeur par centre n’a été publiée depuis pour le pratique wallon.

La même réponse contient une phrase que personne ne cite et qui est pourtant la plus importante du dossier. La ministre rappelle que, pour le pratique, les examinateurs, la grille d’évaluation et le déroulement de l’épreuve sont identiques dans tous les centres wallons, et en tire la conclusion suivante : « Les différences du taux de réussite s’expliquent donc aussi dans le degré de préparation des candidats. » Son successeur François Desquesnes a dit la même chose en 2025 à propos du théorique, en précisant que les disparités entre centres ne sont pas nouvelles et s’expliquent probablement par une meilleure préparation des candidats dans certaines régions.

Autrement dit : l’administration elle-même refuse d’expliquer les écarts par la sévérité des examinateurs. Cela a une conséquence directe pour toi : si l’outil de mesure est le même partout, le seul levier qui reste est ce que tu amènes le jour J.

Il faut aussi savoir que, depuis le 1er janvier 2026, tout le parcours d’examen doit avoir été réalisé en Région wallonne pour présenter le pratique en Wallonie. Le portail Mobilité de la Wallonie est explicite : réussir le théorique en Région wallonne, réussir le test de perception des risques en Région wallonne, et pour un permis provisoire M18 passer le test de capacité technique de conduite en Région wallonne. Une réussite obtenue ailleurs ne donne plus accès à l’examen pratique wallon. Le même portail rappelle que les attestations du rendez-vous pédagogique du candidat et de ses guides doivent avoir au moins trois mois le jour de l’examen, règle en vigueur depuis le 1er janvier 2022.

Pourquoi les taux de réussite wallons publiés dans la presse sont faux

En janvier 2026, une dépêche d’agence a attribué au théorique wallon un taux de 54 % et au pratique un taux de 37 %, alors que c’est exactement l’inverse. Plusieurs rédactions belges ont repris l’erreur telle quelle, et elle circule encore. Voici la démonstration, parce qu’elle t’apprend aussi à vérifier n’importe quel chiffre tout seul.

Les données communiquées par l’administration pour 2025 sont, en Wallonie, 87 162 examens avec 54 % de réussite d’un côté, et 152 005 examens avec 37 % de réussite de l’autre. Reste à savoir lequel des deux blocs est le théorique. Trois vérifications indépendantes donnent la même réponse.

  • Le texte se contredit lui-même. L’article est titré sur le fait que les examens pratiques sont mieux réussis en Wallonie qu’à Bruxelles, et compare 54 % à 51 %. Le titre traite donc 54 % comme le taux du pratique, pendant que le corps du texte l’étiquette « théorique ».
  • Un taux théorique wallon de 54 % est arithmétiquement impossible. Le Parlement de Wallonie a publié les taux par centre pour 2024 : le meilleur centre de la Région, Louvain-la-Neuve, plafonne à 46,9 %. Une moyenne régionale ne peut pas dépasser son maximum local.
  • Le rapport entre les volumes tranche. Partout en Belgique on passe beaucoup plus de théoriques que de pratiques, parce que le théorique vient d’abord et qu’on le rate plus souvent : en Flandre en 2025, 237 373 théoriques de catégorie B contre 146 352 pratiques. Le bloc wallon de 152 005 examens est donc le théorique.

La seule lecture cohérente est donc environ 37 % de réussite au théorique et environ 54 % au pratique en Wallonie en 2025. Et voici la précaution d’usage, qui compte autant que le résultat : l’annexe parlementaire qui porte ces chiffres n’est pas accessible en ligne, et la source publique disponible reste une communication d’administration relayée par une agence de presse. Nous citons donc ces deux valeurs comme des ordres de grandeur à confirmer, pas comme des données établies, et nous n’en tirons aucun calcul. Les chiffres bruxellois 2025 qui circulent, soit 53 721 examens théoriques à 41 % et un peu plus de 21 000 pratiques à 51 %, souffrent du même défaut et ne sont donc pas présentés ici comme confirmés.

Trois réflexes suffisent pour ne plus se faire avoir par un pourcentage de permis :

  • Exiger l’année. Un taux sans millésime est inutilisable : entre 2019 et 2024, les écarts atteignent plusieurs points.
  • Exiger le dénominateur. Combien d’examens, et des examens ou des candidats ? Sans cela, impossible de distinguer le premier passage de l’ensemble.
  • Vérifier la cohérence interne. Si une moyenne régionale dépasse le meilleur centre de la Région, c’est faux. Si le théorique est annoncé plus haut que le pratique dans une Région belge, c’est très probablement une inversion.

Existe-t-il un taux de réussite par centre d’examen ?

Ces statistiques existent, mais aucune des trois Régions ne les publie régulièrement : elles ne sortent qu’en annexe de réponses à des questions écrites de parlementaires. Ni classement officiel, ni mise à jour annoncée, ni fichier ouvert. C’est pour cette raison qu’on trouve en ligne tant de classements de centres non sourcés : personne ne peut les vérifier.

La série la plus complète jamais publiée en Belgique est flamande. Elle vient de la réponse de la ministre Annick De Ridder à la question écrite n° 1475 de Sofie Mertens, du 8 septembre 2025, et couvre la réussite au premier passage du pratique de catégorie B du 1er janvier 2019 au 1er septembre 2025 : 445 774 candidats, 209 272 réussites, soit 46,95 % au global. Les taux ci-dessous sont calculés directement sur les tableaux officiels de cette réponse.

Centre d’examen (Flandre)Candidats au 1er passageRéussitesTaux de réussite
AIBV Asse37 85821 99658,10 %
SBAT Erembodegem16 2598 39051,60 %
SBAT Sint-Denijs-Westrem32 10616 07350,06 %
Groep Autoveiligheid Bree23 84411 88049,82 %
Keuringsbureau Motorvoertuigen Wevelgem31 25515 51249,63 %
SBAT Brakel14 2566 99249,05 %
Groep Autoveiligheid Deurne56 61127 36548,34 %
Groep Autoveiligheid Geel39 88318 76447,05 %
Keuringsbureau Motorvoertuigen Oostende13 1395 97145,44 %
SBAT Sint-Niklaas23 24210 43344,89 %
SBAT Eeklo14 9396 51943,64 %
Groep Autoveiligheid Heverlee31 54613 53142,89 %
Keuringsbureau Motorvoertuigen Roeselare19 3848 24342,52 %
Groep Autoveiligheid Alken39 04516 14541,35 %
Groep Autoveiligheid Kontich36 72015 10641,14 %
Keuringsbureau Motorvoertuigen Brugge15 6876 35240,49 %

L’écart entre le premier et le dernier est de 17,61 points, sur plus de six ans et presque un demi-million de candidats : ce n’est pas du bruit statistique. Mais attention au contresens, ce tableau ne dit pas que les examinateurs de Bruges sont plus sévères que ceux d’Asse. Il dit que les candidats qui se présentent à Bruges réussissent moins souvent. La réponse parlementaire fournit elle-même de quoi le comprendre : à Asse, 21 502 des 37 858 premiers passages ont été réservés par une auto-école, soit environ 57 % ; à Eeklo, 3 944 sur 14 939, soit environ 26 %. Comparer ces deux centres, c’est comparer deux populations, pas deux niveaux d’exigence.

Sur l’ensemble des présentations, la question écrite n° 337 donne les mêmes centres de 2018 à 2024, avec des taux logiquement plus élevés : 67,9 % à Asse, 64,3 % à Wevelgem, 63,8 % à Erembodegem, 59,4 % à Bruges et 57,0 % à Kontich, qui ferme la marche. Par province, l’éventail est plus resserré : 64,4 % en Brabant flamand, 63,4 % en Flandre-Orientale, 62,8 % en Flandre-Occidentale, 62,1 % dans la province d’Anvers et 61,6 % dans le Limbourg.

Un dernier point, devenu décisif : tu ne peux plus choisir une Région pour ses statistiques. La Wallonie impose depuis le 1er janvier 2026 que tout le parcours d’examen soit réalisé en Région wallonne. En Flandre, une nouvelle règle entrera en vigueur le 1er janvier 2027 : qui voudra présenter le pratique en Flandre devra aussi avoir réussi son théorique dans un centre d’examen flamand. Le Gouvernement flamand a approuvé ce régime en première lecture le 3 juillet 2026, et GOCA Vlaanderen indique qu’aucune mesure transitoire n’est prévue. Ce n’est donc pas encore applicable, mais c’est à anticiper si ton parcours s’étale sur 2026 et 2027. Pour comparer les centres sur ce qui est vérifiable, à savoir leur adresse, leurs modalités de réservation et leur environnement routier, passe par notre liste des centres d’examen en Belgique.

Combien de fois faut-il passer son permis en moyenne ?

En Flandre, un peu moins d’un candidat sur deux réussit le pratique du premier coup, et le taux monte à 57,66 % au troisième passage. Ce sont les chiffres de GOCA Vlaanderen : 45,74 % de réussite à la première tentative et 57,66 % à la troisième. La ministre Annick De Ridder résume la même réalité autrement dans sa réponse à la question n° 1475 : en moyenne 50 % aux premier et deuxième examens pratiques de catégorie B, et 61 % au troisième. Les deux formulations sont officielles et portent sur des périodes différentes ; l’écart entre 45,74 % et « environ 50 % » montre à quel point même une synthèse ministérielle arrondit.

Les tableaux complets permettent de descendre à l’année, toujours au premier passage du pratique en Flandre :

  • 2021 : 38 615 réussites sur 79 279 candidats, soit 48,71 %, le meilleur millésime de la série.
  • 2023 : 32 933 sur 70 919, soit 46,44 %.
  • 2024 : 31 600 sur 70 014, soit 45,13 %, le plus bas de la série.
  • 2025, jusqu’au 1er septembre : 21 837 sur 47 438, soit 46,03 %.

Sur la même période, 232 795 candidats se sont présentés une deuxième fois, pour 445 774 premiers passages : un peu plus d’un candidat sur deux doit revenir. Et il y a une limite nette à ce qu’on peut en déduire. Interrogée sur les abandons, la ministre répond que la raison pour laquelle un candidat cesse de se présenter n’est pas enregistrée. Il n’existe donc aucune statistique officielle du nombre moyen de présentations nécessaires pour obtenir le permis B, ni en Flandre, ni en Wallonie, ni à Bruxelles. Tout chiffre de ce genre est une estimation.

Un facteur structurel a bougé pendant la période couverte, et la réponse parlementaire le rappelle : la durée minimale de stage avant de présenter le pratique en Flandre a été de neuf mois du 1er octobre 2017 au 12 mars 2020, puis de trois mois, puis de cinq mois depuis le 1er mars 2024. Comparer 2019 et 2024 sans tenir compte de cela, c’est comparer deux règles différentes.

Y a-t-il une différence de réussite entre auto-école et filière libre ?

Une seule source officielle belge publie cette comparaison : 49,26 % de réussite au premier passage quand le créneau d’examen a été réservé par une auto-école, contre 44,83 % sinon, soit 4,43 points d’écart. Ces chiffres viennent de la réponse à la question écrite n° 1475, sur la période du 1er janvier 2019 au 1er septembre 2025 : 104 770 réussites sur 212 668 candidats côté auto-école, 104 502 réussites sur 233 106 candidats côté apprentissage avec guide.

Avant d’en tirer quoi que ce soit, il faut dire ce que cette donnée mesure réellement :

  • Le critère est administratif, pas pédagogique. La réponse distingue les candidats selon que le créneau d’examen a été réservé par une auto-école ou non. Un candidat qui a pris vingt heures de cours puis a réservé lui-même son examen est compté côté filière libre.
  • Les deux populations n’ont pas le même profil. Côté auto-école, 178 144 des 212 668 candidats avaient 25 ans ou moins ; côté guide, 187 550 sur 233 106. Les écarts d’âge, de langue et de kilométrage ne sont pas neutralisés.
  • La filière libre est majoritaire : 233 106 des 445 774 premiers passages, soit 52,3 % des candidats flamands. Ce n’est pas une voie marginale.
  • Ni la Wallonie ni Bruxelles ne publient l’équivalent. Si tu lis un taux comparant les deux filières en Wallonie, il n’a pas de source officielle.

Conclusion honnête : 4,43 points, c’est réel mais petit. Ce n’est pas l’écart qui séparerait une bonne méthode d’une mauvaise, et certainement pas de quoi dire qu’une filière fait réussir et l’autre non. On trouve en ligne des affirmations exactement inverses, du type 59 % en filière libre contre 53 % en auto-école : elles ne reposent sur aucune publication officielle, et la seule donnée officielle va dans l’autre sens, de 4 points.

Pourquoi y a-t-il autant d’échecs au permis de conduire ?

Les causes d’échec documentées par GOCA Vlaanderen sont des fautes de lecture de la route, pas des fautes de maîtrise du véhicule, et la première de toutes est l’absence de contrôle avant un changement de direction. GOCA publie les cinq points sur lesquels les candidats perdent le plus de points au pratique de catégorie B, et classe en tête le fait de ne pas s’assurer, par un contrôle visuel, avant de changer de direction. Les quatre autres sont :

  • La vitesse et la compréhension du trafic aux carrefours à priorité de droite.
  • La technique de freinage et de décélération.
  • L’écart de trajectoire au moment de changer de direction.
  • L’adaptation de la vitesse aux circonstances.

Lis cette liste deux fois : aucun de ces cinq points n’est une question de dextérité. Ce sont cinq compétences de lecture d’environnement, savoir où regarder, savoir quand ralentir, reconnaître une priorité de droite avant d’être dedans. Ce sont précisément celles qui s’effondrent quand on découvre les lieux le jour de l’examen, parce qu’une partie de l’attention part dans la navigation au lieu d’aller à l’observation.

La structure de l’épreuve amplifie ce mécanisme. La réponse à la question écrite n° 337 est formelle : le résultat du pratique est une appréciation globale portant ensemble sur le test de perception des risques, la conduite sur la voie publique, l’exécution des manoeuvres et la conduite autonome. Ce ne sont pas des épreuves séparées avec des notes séparées. Une hésitation de navigation dans un quartier inconnu ne se compense donc pas ailleurs : elle colore tout le reste.

C’est là que se joue l’essentiel de la préparation au pratique, et c’est aussi la part la plus facile à combler. Si la grille et les examinateurs sont les mêmes partout, comme le dit l’administration wallonne, alors la variable que tu contrôles est ta familiarité avec les routes où tu seras évalué : les carrefours à priorité de droite du quartier, les zones 30 qui s’enchaînent, les insertions courtes, les endroits où l’examinateur demande habituellement une manoeuvre. C’est la raison d’être de nos packs de parcours d’examen, qui reprennent les itinéraires réels autour de chaque centre pour que tu puisses les rouler avant le jour J et arriver dans un décor que tu reconnais au lieu de le déchiffrer.

Deux autres causes sont bien documentées et presque jamais citées. La première est l’âge, et son effet est massif : au premier passage du pratique en Flandre, la réussite est de 49,26 % chez les 25 ans et moins, 39,02 % chez les 26-30 ans, 35,39 % chez les 31-35 ans et 32,62 % chez les 36-40 ans. GOCA donne les bornes extrêmes, 54,28 % chez les 18-20 ans et 37,08 % chez les 61 ans et plus. La seconde est purement administrative : en 2025, en Flandre, 5 256 examens n’ont pas pu avoir lieu à cause de manquements administratifs des candidats ou des véhicules d’examen, et 1 750 autres pour d’autres raisons. Ce ne sont même pas des échecs, ce sont des rendez-vous perdus, évitables en vérifiant ses documents la veille.

Deux variables, en revanche, comptent moins que leur réputation. Le type de boîte : 47,17 % de réussite au premier passage en boîte manuelle contre 44,99 % en boîte automatique, soit à peine deux points, alors que l’automatique représente 21,63 % des examens pratiques. Le sexe du candidat : sur l’ensemble des présentations flamandes de 2018 à 2024, 62,3 % chez les femmes contre 64,5 % chez les hommes. La Flandre ne ventile plus ses nouvelles statistiques par sexe, la réponse ministérielle précisant que, dans le cadre de la politique flamande de diversité, aucune distinction n’est faite entre candidats sur cette base. À Bruxelles, la ventilation de 2018-2019 montrait un écart plus net sur la voie publique, 33,46 % chez les femmes contre 40,57 % chez les hommes à Schaerbeek-Evere.

Ce qu’un taux de réussite ne dit pas de tes chances

Un taux de réussite est une fréquence observée dans une population passée, pas une probabilité applicable à ta personne. C’est la confusion la plus répandue sur ce sujet, et elle démoralise des candidats pour rien. Lire « 37 % de réussite au théorique en Wallonie » ne signifie pas « j’ai 37 % de chances », mais : parmi les quelque cent cinquante mille examens passés l’an dernier en Wallonie, toutes langues, tous âges et tous niveaux de préparation confondus, 37 % se sont terminés par une réussite.

Cette population n’est pas la tienne, et les données officielles le prouvent elles-mêmes. Dans le même centre bruxellois, la même année, le taux au théorique passait de 44,66 % chez les moins de 25 ans à 25,97 % chez les plus de 35 ans. En Flandre, selon la langue, de 38,48 % à 11,54 %. Entre deux centres flamands, au premier passage du pratique, de 58,10 % à 40,49 %. Un taux global est la moyenne de sous-groupes dont les résultats varient du simple au triple. Te situer dans la moyenne n’a aucun intérêt ; te situer dans le bon sous-groupe, si.

Ce qui déplace réellement la ligne, à la lecture de toutes les sources officielles rassemblées ici, tient en quelques points :

  • Le volume et la variété de conduite avant l’examen, seule chose que les durées minimales de stage, passées de trois à cinq mois en Flandre en mars 2024, cherchent à imposer.
  • La connaissance de l’environnement du centre, puisque quatre des cinq fautes les plus fréquentes relevées par GOCA sont des fautes de lecture de la route.
  • La préparation du test de perception des risques, qui fait partie de l’appréciation globale du pratique et se travaille à part. Le fonctionnement et les formats par centre sont détaillés dans notre guide du test de perception des risques.
  • La maîtrise de la langue de l’examen théorique, premier facteur d’écart mesuré par GOCA Vlaanderen, loin devant le reste.
  • Les documents en règle, qui ont fait perdre 5 256 rendez-vous d’examen en Flandre sur la seule année 2025.

Et le point le plus utile pour finir : un taux bas dans ta Région n’est pas un handicap personnel, c’est une information sur la préparation moyenne des autres candidats. Les ministres wallons qui se sont succédé sur ce dossier disent la même chose depuis 2022, avec les mêmes mots : les écarts s’expliquent par le degré de préparation des candidats. Dans une Région où six candidats sur dix échouent au théorique, être sérieusement préparé ne te place pas dans la moyenne.

Questions fréquentes sur les taux de réussite au permis

Quel est le taux de réussite au permis B en Belgique ?

Il n’existe aucun taux national : l’examen est régionalisé et chaque Région publie ses propres chiffres. Les derniers taux confirmés sont, en Flandre, 58,9 % au pratique toutes présentations confondues en 2024, 45,74 % au premier passage, et environ 40 % au théorique fin 2023.

Quel est le taux de réussite à l’examen théorique en Belgique ?

En Flandre, GOCA Vlaanderen a mesuré 40,50 % fin septembre 2023, après 37,90 % fin 2022. En Wallonie, les taux par centre publiés par le Parlement de Wallonie pour 2024 vont de 29,1 % à Lobbes à 46,9 % à Louvain-la-Neuve. Le théorique est partout l’épreuve la plus ratée.

Quel est le taux de réussite à l’examen pratique en Wallonie ?

Les seules valeurs confirmées par une réponse ministérielle sont celles de 2021 : 73 % à Arlon et 66 % à Bastogne. Pour 2025, un ordre de grandeur d’environ 54 % circule sur la base d’une communication de l’administration, mais l’annexe parlementaire correspondante n’est pas accessible en ligne.

Le taux de réussite au pratique en Wallonie est-il de 37 % ou de 54 % ?

Environ 54 %. Le chiffre de 37 % est celui du théorique. Une dépêche de janvier 2026 a inversé les deux intitulés et plusieurs médias ont repris l’erreur. L’inversion est démontrable : aucun centre wallon ne dépassait 46,9 % au théorique en 2024, donc une moyenne régionale de 54 % au théorique est impossible.

Combien de fois faut-il passer son permis en moyenne ?

Aucune administration belge ne publie ce nombre moyen, et la ministre flamande de la Mobilité a confirmé que les raisons d’abandon ne sont pas enregistrées. Ce qui est mesuré : 45,74 % de réussite au premier passage du pratique en Flandre et 57,66 % au troisième.

Quel centre d’examen a le meilleur taux de réussite ?

Parmi les centres flamands, Asse arrive premier avec 58,10 % de réussite au premier passage du pratique entre 2019 et septembre 2025, contre 40,49 % à Bruges. Cet écart reflète d’abord le profil des candidats de chaque centre, pas la sévérité des examinateurs.

Existe-t-il un classement officiel des centres d’examen ?

Non. Aucune des trois Régions ne publie de série statistique régulière par centre. Les chiffres existent dans les systèmes des centres agréés mais ne deviennent publics qu’en annexe de réponses à des questions écrites de parlementaires, de façon irrégulière et incomplète.

Vaut-il mieux passer par une auto-école ou par la filière libre ?

La seule comparaison officielle belge, en Flandre, donne 49,26 % de réussite au premier passage quand le créneau a été réservé par une auto-école contre 44,83 % sinon, soit 4,43 points. L’écart est réel mais modeste, et le critère est administratif plutôt que pédagogique.

Pourquoi y a-t-il autant d’échecs à l’examen théorique ?

Aucune source officielle ne publie la répartition des échecs par matière. Le seul facteur mesuré est la langue : en Flandre, au premier semestre 2023, la réussite allait de 38,48 % sans traduction audio à 28,89 % en anglais et 11,54 % en allemand. Les ministres wallons citent, eux, le degré de préparation des candidats.

Quelle est la faute la plus fréquente à l’examen pratique ?

Selon GOCA Vlaanderen, c’est l’absence de contrôle visuel avant un changement de direction. Viennent ensuite la vitesse aux carrefours à priorité de droite, la technique de freinage, l’écart de trajectoire en changeant de direction et l’adaptation de la vitesse aux circonstances.

Les jeunes réussissent-ils mieux que les adultes ?

Oui, et l’écart est important. Au premier passage du pratique en Flandre, 49,26 % de réussite chez les 25 ans et moins contre 32,62 % chez les 36-40 ans. GOCA Vlaanderen donne 54,28 % chez les 18-20 ans et 37,08 % chez les 61 ans et plus.

Les femmes réussissent-elles moins bien que les hommes ?

Sur l’ensemble des présentations flamandes de 2018 à 2024, 62,3 % de réussite chez les femmes contre 64,5 % chez les hommes. La Flandre ne ventile plus ses nouvelles statistiques par sexe, au nom de sa politique de diversité, donc cette comparaison n’est plus actualisée.

La boîte automatique augmente-t-elle les chances de réussite ?

Non, les chiffres flamands montrent même l’inverse de très peu : 47,17 % de réussite au premier passage en boîte manuelle contre 44,99 % en boîte automatique. L’automatique représente désormais 21,63 % des examens pratiques de catégorie B en Flandre.

Combien de candidats passent l’examen du permis B chaque année en Belgique ?

Le seul volume confirmé à une source primaire est flamand : en 2025, 237 373 examens théoriques de catégorie B et 146 352 examens pratiques de catégorie B, sur 294 351 théoriques et 218 670 pratiques toutes catégories. La Wallonie et Bruxelles ne publient pas de série équivalente.

Puis-je choisir un centre d’examen dans une autre Région pour avoir plus de chances ?

Plus en Wallonie : depuis le 1er janvier 2026, le théorique et le test de perception des risques doivent avoir été réussis en Région wallonne pour accéder à l’examen pratique wallon. En Flandre, une règle identique sur le théorique entrera en vigueur le 1er janvier 2027, après approbation en première lecture par le Gouvernement flamand le 3 juillet 2026.

Le test de perception des risques est-il la partie la plus difficile ?

Non, c’est au contraire la partie la mieux réussie là où elle a été mesurée. À Bruxelles, sur la période novembre 2018 à octobre 2019, la réussite au test de perception des risques était de 78,27 % à Schaerbeek-Evere et 81,98 % à Anderlecht, très loin au-dessus des taux de l’épreuve sur la voie publique.

Le taux de réussite augmente-t-il au troisième passage ?

Oui. GOCA Vlaanderen mesure 45,74 % de réussite au premier passage du pratique et 57,66 % au troisième. Dans sa réponse parlementaire, la ministre flamande de la Mobilité donne en moyenne 50 % aux premier et deuxième passages et 61 % au troisième.

Mon centre affiche un taux bas : mes chances sont-elles plus faibles ?

Non. Un taux de centre décrit les candidats qui s’y présentent, pas la difficulté de l’épreuve. L’administration wallonne rappelle que les examinateurs et la grille d’évaluation sont identiques dans tous les centres, et attribue les écarts au degré de préparation des candidats.

Sources 4

Chaque règle citée dans cet article provient d'une source officielle vérifiable. Nous ne demandons pas qu'on nous croie sur parole : les liens ci-dessous mènent aux textes d'origine.

  1. Vlaams Parlement, question écrite n° 1475 de Sofie Mertens du 8 septembre 2025, réponse de la ministre Annick De Ridder

    avec la question écrite n° 337 de la même députée de janvier 2025 : atteste le nombre de candidats au premier passage du pratique de catégorie B de 2019 au 1er septembre 2025, les tableaux par centre, par âge et par type de boîte, la comparaison entre créneaux réservés par une auto-école et hors auto-école, les taux annuels du pratique de 2018 à 2024, les taux par province, l’absence d’enregistrement des motifs d’abandon et les durées minimales de stage successives.

    docs.vlaamsparlement.be

  2. GOCA Vlaanderen, rapport de signalements 2025 et relevés de taux de réussite publiés sur gocavlaanderen.be

    atteste les volumes 2025 de 294 351 examens théoriques et 218 670 examens pratiques toutes catégories, dont 237 373 théoriques et 146 352 pratiques de catégorie B, les 5 256 examens annulés pour manquements administratifs, les taux au théorique de 37,90 % fin 2022 à 40,50 % fin septembre 2023, les taux par langue d’examen, les 45,74 % et 57,66 % au premier et au troisième passage du pratique, les taux par âge et les cinq fautes les plus fréquentes.

    gocavlaanderen.be

  3. Parlement de Wallonie, questions écrites à François Desquesnes (mars 2025) et à Valérie De Bue (février 2022)

    attestent les taux au théorique par centre wallon, de 29,1 % à Lobbes à 46,9 % à Louvain-la-Neuve pour 2024 et 45,90 % à Braine-le-Comte en 2021, les taux au pratique de 73 % à Arlon et 66 % à Bastogne en 2021, et les explications ministérielles sur l’identité de la grille d’évaluation entre centres et le degré de préparation des candidats.

    parlement-wallonie.be

  4. Parlement de la Région de Bruxelles-Capitale, question écrite n° 91 de Bianca Debaets à Elke Van den Brandt, réponse du 10 janvier 2020

    atteste, pour la période du 1er novembre 2018 au 31 octobre 2019, les taux par centre bruxellois au théorique (39,38 % à Schaerbeek-Evere, 23,53 % à Anderlecht), au test de perception des risques (78,27 % et 81,98 %) et sur la voie publique (36,96 % et 49,21 %), ainsi que les ventilations par âge et par sexe.

    parlement.brussels

Sources consultées et vérifiées le 04/11/2026. Une information vous semble dépassée ou inexacte ? Signalez-le-nous, nous corrigeons et datons la correction.

Écrit par

Rayan El Majdoub

Fondateur de PermisPass.be

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