Tu as ton permis depuis trois semaines. Un copain te dit que tu ne peux pas dépasser 90 sur l’autoroute pendant deux ans. Un autre affirme qu’il te faut un autocollant à l’arrière. Ton oncle est persuadé que tu es à zéro alcool jusqu’à tes trois ans de permis.
Alors la question est simple : est-ce qu’il existe vraiment des règles spéciales pour les conducteurs qui viennent d’avoir leur permis en Belgique ?
La réponse va te surprendre dans les deux sens. La plupart de ce qu’on te raconte est faux. Mais il existe une règle, une seule, qui te vise spécifiquement pendant deux ans, et elle est bien plus sévère que toutes celles que tes copains ont inventées. On t’explique laquelle, et ce que les autorités ont annoncé le mois dernier pour la suite.
La réponse, tout de suite
Il n’existe pas de permis probatoire en Belgique. Pas de période d’essai officielle, pas de points à perdre, pas de signe distinctif à coller sur ta voiture.
En revanche, la loi du 16 mars 1968 relative à la police de la circulation routière contient une disposition qui change tout si tu commets une infraction grave avec moins de deux ans de permis B. C’est l’article 38, paragraphe 5. Et il ne t’impose pas une règle de conduite supplémentaire : il retire au juge le droit de te laisser une chance.
Autrement dit, tu conduis avec exactement les mêmes règles que tout le monde. Mais tu es jugé différemment si tu les enfreins.
Ce qui n’existe pas en Belgique, et que tout le monde croit
Faisons le ménage, parce que ces croyances viennent presque toutes de France et circulent dans les cours de récré comme dans les familles.
Le disque A à l’arrière de la voiture n’existe pas chez nous. Le seul signe réglementaire du parcours belge est le L du permis provisoire, et il disparaît le jour où tu obtiens ton permis définitif.
Il n’y a pas de limitation de vitesse propre aux conducteurs récents. Les 120 sur autoroute, les 90 hors agglomération en Wallonie et à Bruxelles, les 70 en Flandre, le 50 ou le 30 en ville : ce sont tes limites, comme pour un conducteur de trente ans d’expérience.
Il n’y a pas non plus de permis à points en Belgique. Le système n’existe tout simplement pas dans le droit belge, et aucun compteur ne se vide à chaque infraction.
Et le taux d’alcool, aujourd’hui, est le même pour toi que pour les autres : 0,5 gramme par litre de sang, soit 0,22 milligramme par litre d’air expiré. Le seuil abaissé à 0,2 concerne les conducteurs professionnels, pas les jeunes. Retiens bien le mot aujourd’hui, parce que c’est précisément ce point qui a été annoncé comme devant changer, et on y revient plus bas.
La seule règle qui te vise vraiment
Elle est courte et elle fait mal.
L’article 38, paragraphe 5, de la loi du 16 mars 1968 prévoit que lorsqu’un juge condamne quelqu’un pour une infraction susceptible d’entraîner une déchéance du droit de conduire, et que ce condamné est titulaire du permis B depuis moins de deux ans, le juge doit prononcer la déchéance et doit subordonner la réintégration dans le droit de conduire à la réussite d’au moins l’examen théorique ou l’examen pratique.
Le mot qui compte dans cette phrase, c’est doit. Pour un conducteur expérimenté, l’article 38 dit que le juge peut prononcer une déchéance. Pour toi, pendant deux ans, il n’a plus le choix.
Et ce n’est pas tout. La loi prévoit aussi que la formation spécifique visée au paragraphe 3 peut s’ajouter à ces examens ou les remplacer. Le tribunal garde donc une marge sur la forme de ton retour, pas sur le principe.
Ce que ça change concrètement
Prenons deux conducteurs qui commettent exactement la même infraction, le même jour, au même endroit.
Le premier a son permis depuis huit ans. Le juge examine son dossier, tient compte de son passé, de sa situation professionnelle, et peut très bien décider de ne pas prononcer de déchéance. Il paie une amende et il repart avec son permis.
Le second a son permis depuis quatorze mois. Même infraction, même tribunal, même juge. Là, la déchéance tombe obligatoirement, et le juge doit en plus conditionner son retour au volant à la réussite d’un examen.
Traduis ça dans ta vie réelle. Ce n’est pas seulement quelques semaines sans voiture. C’est reprendre rendez-vous dans un centre d’examen, repasser une épreuve que tu croyais derrière toi, et attendre les délais de réservation comme n’importe quel candidat. Pour un étudiant qui a mis dix-huit mois à obtenir son permis, c’est un retour à la case départ.
Et si tu dois repasser un théorique, tu retombes dans toute la mécanique du parcours belge, avec sa validité de trois ans et ses conditions. On a détaillé ce piège dans notre article sur la validité de l’examen théorique.
Quelles infractions déclenchent cette règle
Le texte ne dresse pas une liste spéciale pour les jeunes conducteurs. Il renvoie aux infractions qui sont déjà susceptibles d’entraîner une déchéance dans l’article 38.
Ça couvre les gros morceaux du droit routier. La conduite sous influence de l’alcool et l’état d’ivresse. La conduite sous l’influence de stupéfiants. Les excès de vitesse les plus importants. Le délit de fuite. La conduite malgré une déchéance. Et plus largement les comportements qui mettent directement la sécurité d’autrui en danger.
Autrement dit, on ne parle pas d’un oubli de clignotant ni d’un stationnement mal placé. Une infraction du premier degré ne t’envoie pas devant un juge et ne déclenche donc pas cette règle. Ce qui la déclenche, c’est le type de dossier qui finit au tribunal de police.
Pour comprendre quelles infractions y mènent et comment les trois mesures belges se cumulent, on a fait le tour complet dans notre dossier sur le retrait de permis.
La seule exception prévue
Il y en a une, et elle est précise.
Le texte exclut l’application de cette aggravation pour l’infraction visée à l’article 38, paragraphe 1er, 2°, lorsqu’il s’agit d’un accident de la circulation n’ayant causé que des blessés légers.
C’est une soupape étroite. Elle ne couvre pas l’alcool, ni la vitesse excessive, ni le délit de fuite. Ne compte pas dessus comme filet de sécurité.
Pourquoi le législateur a écrit ça
La logique est explicite dans les travaux préparatoires, et elle vaut la peine d’être comprise plutôt que subie.
Le raisonnement est le suivant : un conducteur qui dispose de son permis B depuis moins de deux ans et qui commet déjà une infraction grave démontre par son comportement qu’il n’est pas encore apte à conduire. Ce n’est donc pas conçu comme une punition supplémentaire, mais comme un retour en formation.
Ça explique aussi la nature de la sanction. On ne t’impose pas une amende plus lourde, on t’impose de repasser un examen. Le législateur ne dit pas que tu as été méchant, il dit qu’il veut vérifier que tu sais conduire avant de te rendre la route.
On peut trouver ça dur. C’est en tout cas cohérent, et ça éclaire la seule stratégie qui fonctionne : tes deux premières années ne sont pas un sursis à gérer, c’est une période où le droit considère que tu es encore en apprentissage.
Tu ne peux pas être guide avant huit ans
Celle-là surprend presque tout le monde, et elle n’a rien à voir avec une sanction.
Ton petit frère réussit son théorique, il te demande d’être son guide. Tu ne peux pas, et pas avant longtemps : il faut être titulaire d’un permis B belge ou européen depuis au moins huit ans pour accompagner un candidat avec un permis provisoire.
Huit ans, pas deux. C’est la condition la plus mal connue du parcours belge, et elle bloque régulièrement des familles qui avaient déjà tout prévu. Si c’est ton cas, lis notre article sur les conditions pour être guide et fais-le lire au bon membre de la famille.
L’assurance, la vraie règle non écrite
Il y a une chose qui va effectivement te traiter différemment pendant tes premières années, et ce n’est pas le code de la route. C’est ton assureur.
Aucune loi ne lui impose de te surtaxer. Mais les compagnies appliquent leurs propres grilles, et l’âge combiné au manque d’expérience est le facteur qui pèse le plus lourd sur ta prime. C’est une réalité économique, pas une règle juridique, et c’est important de ne pas confondre les deux quand tu cherches des informations.
Deux réflexes utiles. Vérifie si ton contrat couvre les dommages du conducteur lui-même, parce que la responsabilité civile obligatoire n’indemnise que les tiers. Et ne laisse pas une infraction grave atterrir dans ton dossier : au-delà de la sanction pénale, elle se paie en prime pendant des années.
Ce qui va changer, et c’est acté au niveau européen
Voilà pourquoi cet article aura une suite, et pourquoi il faut comprendre le calendrier plutôt que les titres de presse.
La directive européenne 2025/2205 relative au permis de conduire a été adoptée le 22 octobre 2025. Elle remplace la directive de 2006 et elle prévoit qu’une période probatoire d’au moins deux ans devrait s’appliquer aux conducteurs novices, période pendant laquelle des règles ou des sanctions plus strictes en matière de conduite sous influence de l’alcool devraient s’appliquer.
Le texte évoque aussi la possibilité d’une formation spécifique à la perception du risque pour ces conducteurs, et des mesures en matière de drogue au volant.
Important : une directive n’est pas du droit directement applicable chez toi. Elle doit être transposée en droit belge, et les États membres ont jusqu’au 26 novembre 2028 pour le faire. Aujourd’hui, au moment où tu lis ces lignes, il n’y a donc pas encore de période probatoire belge. La règle en vigueur reste celle de l’article 38, paragraphe 5.
L’annonce du 6 octobre 2026 : le seuil de 0,2
Et la Belgique a commencé à annoncer sa version.
Le 6 octobre 2026, lors des États généraux de la Sécurité routière, le ministre fédéral de la Mobilité Jean-Luc Crucke a annoncé un seuil d’alcoolémie de 0,2 pour mille pour les conducteurs titulaires de leur permis depuis moins de trois ans, présenté comme une tolérance zéro, avec une mise en œuvre évoquée pour 2027. Au-delà de cette période, le seuil général de 0,5 pour mille continuerait de s’appliquer.
La justification avancée n’est pas que les jeunes boiraient davantage. C’est que leur risque d’accident augmente plus vite après consommation : entre 0,5 et 0,8 pour mille, le risque d’accident est deux fois plus élevé chez les 18 à 25 ans que chez les conducteurs plus âgés.
Le contexte explique l’urgence. La Belgique a compté 223 morts sur ses routes au premier semestre 2026, contre 210 un an plus tôt. En 2025, 464 personnes y ont perdu la vie, contre 670 dix ans plus tôt, et l’objectif fixé pour 2030 est de ne pas dépasser 320 décès.
À retenir avec précision : il s’agit d’une annonce ministérielle, pas d’un texte voté et publié. Tant que la loi n’est pas adoptée, le seuil qui s’applique à toi est celui de 0,5 gramme par litre. On mettra cet article à jour le jour où le texte paraîtra.
Deux ans, trois ans : ne confonds pas
Petit avertissement, parce que c’est exactement le genre de détail qui va créer de la confusion dans les mois qui viennent.
La règle belge en vigueur aujourd’hui, celle de l’article 38, paragraphe 5, parle de moins de deux ans de permis B.
La directive européenne parle d’une période probatoire minimale de deux ans.
L’annonce belge sur l’alcool parle de moins de trois ans de permis.
Trois chiffres, trois objets différents. Si tu lis un article qui mélange les trois, tu peux refermer l’onglet.
Les six réflexes de tes deux premières années
Ce que tout ça implique, concrètement, quand on a dix-huit ou vingt ans et un permis neuf.
Note la date exacte d’obtention de ton permis. C’est elle qui déclenche ou non l’article 38, paragraphe 5, et tu ne l’auras pas en tête dans dix-huit mois. Elle figure sur ton permis.
Ne touche pas à l’alcool au volant, même un verre, même en dessous du seuil. Pas pour une raison morale : parce qu’une alcoolémie te fait passer directement dans la catégorie des infractions qui mènent au tribunal, et donc dans le champ de la déchéance obligatoire.
Surveille ta vitesse en zone 30 et aux abords d’école. Le seuil qui t’envoie au tribunal y est deux fois plus bas qu’ailleurs, et c’est là que les radars sont.
Pose ton téléphone. Depuis mars 2022, il est interdit de tenir en main ou de manipuler un appareil électronique mobile doté d’un écran, sauf s’il est fixé dans un support. C’est une infraction du troisième degré, et depuis février 2026 la manipulation du téléphone entraîne un retrait immédiat du permis de quinze jours.
Accumule des kilomètres variés volontairement. Nuit, pluie, autoroute, ville dense, parking souterrain. Ce sont les situations que tu éviteras naturellement, et celles où les accidents de jeunes conducteurs se produisent.
Et préviens ton assureur si tu changes de véhicule ou si tu conduis régulièrement celui de quelqu’un d’autre. Un appel de cinq minutes vaut mieux qu’une discussion après un sinistre.
Questions fréquentes
Existe-t-il un permis probatoire en Belgique ?
Non. Il n’y a pas de période probatoire officielle, pas de points, pas de signe distinctif à apposer sur le véhicule. La seule disposition qui vise spécifiquement les conducteurs récents est l’article 38, paragraphe 5, de la loi du 16 mars 1968.
Combien de temps suis-je considéré comme jeune conducteur en Belgique ?
Pour l’application de l’article 38, paragraphe 5, c’est pendant les deux premières années à compter de l’obtention de ton permis B. Attention, l’annonce sur l’alcool évoque une durée de trois ans, ce qui est un autre dispositif.
Quel est le taux d’alcool autorisé pour un jeune conducteur en Belgique ?
Aujourd’hui, le même que pour tout le monde : 0,5 gramme par litre de sang, soit 0,22 milligramme par litre d’air expiré. Un seuil de 0,2 pour mille pour les conducteurs ayant moins de trois ans de permis a été annoncé le 6 octobre 2026 avec une mise en œuvre évoquée pour 2027, mais il n’est pas encore en vigueur.
Y a-t-il une limitation de vitesse spéciale pour les conducteurs récents ?
Non. Aucune limitation propre aux jeunes conducteurs n’existe en droit belge. Tu es soumis aux mêmes limites que n’importe quel conducteur.
Faut-il mettre un autocollant ou un disque sur sa voiture après le permis ?
Non. Le seul signe réglementaire du parcours belge est le L du permis provisoire, et il n’a plus lieu d’être une fois ton permis définitif obtenu.
Le permis à points existe-t-il en Belgique ?
Non. Ce système n’existe pas en droit belge. Les infractions se sanctionnent par des perceptions immédiates, des amendes pénales et, pour les plus graves, une déchéance du droit de conduire prononcée par un juge.
Qu’est-ce que l’article 38, paragraphe 5, exactement ?
Une disposition de la loi du 16 mars 1968 qui oblige le juge à prononcer la déchéance du droit de conduire et à subordonner la réintégration à la réussite d’au moins l’examen théorique ou pratique, lorsqu’il condamne pour une infraction susceptible d’entraîner une déchéance une personne titulaire du permis B depuis moins de deux ans.
Est-ce que je dois repasser mon permis si je commets une infraction ?
Pas pour n’importe quelle infraction. Mais si ton dossier arrive devant le tribunal de police pour une infraction pouvant entraîner une déchéance et que tu as ton permis depuis moins de deux ans, oui : le juge doit conditionner ton retour au volant à la réussite d’au moins un examen.
Le juge peut-il décider de ne pas appliquer cette règle ?
Non sur le principe. Il garde une marge sur la durée de la déchéance et sur la forme du retour, puisque la formation spécifique prévue par la loi peut s’ajouter aux examens ou les remplacer. Une seule exception légale existe, pour un accident de la circulation n’ayant causé que des blessés légers dans un cas précis.
Puis-je être guide pour un permis provisoire après deux ans de permis ?
Non. Il faut huit ans de permis B belge ou européen pour être guide, et ne pas avoir été déchu du droit de conduire dans les trois dernières années.
Mon assurance est-elle plus chère parce que je suis jeune conducteur ?
En pratique oui, mais ce n’est pas une règle légale. Les assureurs appliquent leurs propres grilles, et le manque d’expérience combiné à l’âge est le facteur qui pèse le plus sur la prime.
Qu’est-ce que la directive européenne va changer pour moi ?
La directive 2025/2205 du 22 octobre 2025 prévoit une période probatoire d’au moins deux ans pour les conducteurs novices, avec des règles ou sanctions renforcées sur l’alcool. Les États membres ont jusqu’au 26 novembre 2028 pour la transposer, donc rien ne s’applique encore automatiquement en Belgique.
Est-ce que ces règles valent aussi si j’ai un permis étranger reconnu ?
La question de l’ancienneté d’un permis obtenu à l’étranger a déjà été soumise aux juridictions belges. Si tu es dans ce cas, fais-la examiner par un avocat spécialisé plutôt que de te fier à un article général.
La réponse au problème
Reprenons la question du départ. Est-ce qu’il existe des règles spéciales pendant deux ans en Belgique ?
Sur la route, non. Tu as les mêmes limites de vitesse, le même taux d’alcool, aucun autocollant à poser et aucun compteur de points à surveiller. Tout ce qu’on te raconte là-dessus vient de l’autre côté de la frontière.
Devant un juge, oui. Et c’est beaucoup plus lourd qu’une règle de conduite supplémentaire, parce que l’article 38, paragraphe 5, supprime la marge d’appréciation qui protège les conducteurs expérimentés. Une même infraction coûte une amende à l’un et un retour au centre d’examen à l’autre. La seule variable, c’est la date sur ton permis.
Ce qui doit donc changer dans ta tête, ce n’est pas ta manière de conduire au quotidien. C’est ta tolérance au risque sur les quatre ou cinq comportements qui mènent au tribunal : l’alcool, la drogue, la vitesse excessive, le téléphone et le délit de fuite. Pendant deux ans, ces cinq choses ne coûtent pas la même chose pour toi que pour les autres.
Et comme la directive européenne et l’annonce belge sur le seuil de 0,2 vont dans le même sens, cette fenêtre de tolérance réduite est partie pour s’élargir plutôt que pour disparaître. Autant prendre l’habitude maintenant.
Pour aller plus loin
Tes deux premières années comptent double aux yeux de la loi. Autant garder tes réflexes au niveau.
Le dossier sur le retrait de permis, pour savoir exactement ce qui mène au tribunal.
Les conditions pour être guide, si quelqu’un de ta famille te le demande.
Le simulateur de perception des risques, l’exercice qui travaille vraiment l’anticipation.
Tous les articles du blog, pour le reste du parcours.
Article rédigé par l’équipe PermisPass.be. Règles et annonces vérifiées le 12 octobre 2026 dans la loi du 16 mars 1968, la directive européenne 2025/2205 et les communications des États généraux de la Sécurité routière. Ce dossier est une information générale et ne remplace pas l’avis d’un avocat sur un dossier précis.