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Être guide pour un permis provisoire en Belgique : tout ce que tu dois savoir avant de dire oui

Accepter d’être guide, ce n’est pas juste s’asseoir à droite. Il y a quatre conditions légales, une formation obligatoire dans deux Régions sur trois, et des responsabilités qui pèsent sur toi. Voici tout, sans jargon.

Être guide pour un permis provisoire en Belgique : tout ce que tu dois savoir avant de dire oui

Ton fils, ta petite sœur ou ton filleul vient de réussir son théorique et te demande d’être son guide. Tu vas dire oui, évidemment. Mais avant, il faut que tu saches deux choses que presque personne ne dit clairement.

La première, c’est que tu dois remplir quatre conditions légales précises. Si une seule manque, la commune refuse tout simplement de t’inscrire sur le permis provisoire, et le dossier bloque.

La deuxième, c’est que dans deux Régions sur trois, tu dois suivre une formation obligatoire avant que ton élève puisse présenter son examen pratique. Et en Flandre, il y a un délai de cinq mois à respecter. Si tu t’y prends trop tard, tu fais perdre des mois à ton élève sans même le savoir.

On passe tout en revue : les conditions, la formation selon ta Région, ce que tu dois faire dans la voiture, ce que tu risques toi personnellement, et l’assurance. Tout est sourcé sur des textes belges.

Les quatre conditions, et elles ne se négocient pas

Elles sont écrites dans l’arrêté royal du 10 juillet 2006 relatif au permis de conduire pour les véhicules de catégorie B, à l’article 3. Le texte est court et sans ambiguïté.

Un, tu dois être « depuis 8 ans au moins, titulaire et porteur d’un permis de conduire belge ou européen valable pour la conduite de véhicules de la catégorie B ».

Deux, tu ne peux pas être déchu du droit de conduire, ni l’avoir été « dans les trois dernières années ».

Trois, tu dois « être mentionné sur le permis de conduire provisoire et prendre place à l’avant du véhicule ».

Quatre, tu ne peux pas avoir été mentionné comme guide sur un autre permis provisoire pendant l’année qui précède la délivrance de celui de ton élève. Avec une grosse exception qu’on détaille plus bas.

C’est tout. Il n’y a pas de condition d’âge, pas de test, pas de casier à fournir. Mais chacune de ces quatre lignes élimine du monde, et tu vas voir que la troisième et la quatrième sont celles qui posent le plus de problèmes en pratique.

Huit ans de permis, pas huit ans de conduite

La condition la plus mal comprise. Ce qui compte, c’est la date de délivrance de ton permis B, pas ton expérience réelle au volant.

Tu as ton permis depuis neuf ans mais tu n’as pas conduit pendant six ans parce que tu vivais en ville sans voiture ? Tu es un guide valable aux yeux de la loi. Tu conduis quarante mille kilomètres par an mais tu as ton permis depuis sept ans et demi ? Tu ne peux pas.

Regarde la date sur ton permis avant de dire oui. Elle est au verso sur les cartes récentes, à la ligne 4a pour la date de délivrance et dans le tableau des catégories pour la date d’obtention de la catégorie B. C’est cette dernière qui compte.

Petite conséquence arithmétique : comme on obtient son permis B à 18 ans au plus tôt, le guide le plus jeune possible a 26 ans. Ce n’est pas une règle écrite quelque part, c’est juste une addition.

Le permis doit aussi être belge ou européen, et en cours de validité. Un permis délivré hors Union européenne ne permet pas d’être guide, même si son titulaire conduit en Belgique depuis vingt ans.

La déchéance, la condition qui élimine vraiment

Tu ne peux pas être guide si tu es déchu du droit de conduire, ni si tu l’as été au cours des trois dernières années.

Attention au vocabulaire, parce qu’en Belgique il y a trois choses différentes qu’on appelle toutes « retrait de permis » dans la conversation, et une seule bloque ton statut de guide.

La déchéance du droit de conduire, c’est la peine prononcée par un juge au tribunal de police. C’est celle-là qui compte, et elle te ferme la porte pendant trois ans après.

Le retrait immédiat de quinze jours ordonné par le procureur du Roi n’est pas une déchéance, c’est une mesure de sûreté avant jugement. L’interdiction de conduire de douze heures décidée par la police au bord de la route non plus. Ces deux mesures n’empêchent pas, en elles-mêmes, d’être guide.

Mais sois lucide. Si tu as eu un retrait immédiat, il y a souvent un jugement derrière, et c’est ce jugement qui décide. On a détaillé les trois mécanismes et leurs conséquences dans notre dossier sur le retrait de permis en Belgique.

Dernier point, la commune ne te demandera pas un document prouvant que tu n’es pas déchu. Elle vérifie dans ses bases. Inutile d’essayer d’arrondir les angles.

Tu ne peux pas guider tout le quartier

C’est la règle que les gens découvrent au guichet, et elle surprend tout le monde.

Le texte dit que le guide ne peut pas « avoir été mentionné comme guide sur un autre permis de conduire provisoire pendant l’année qui précède la date de délivrance du permis de conduire provisoire ». En clair, un guide, un élève à la fois, avec un an de battement entre deux.

Sauf que l’exception est énorme et couvre la grande majorité des situations réelles. L’interdiction ne s’applique pas pour ton conjoint, tes enfants, tes petits-enfants, tes frères, tes sœurs et tes pupilles.

Donc si tu es parent de deux ados qui apprennent en même temps, aucun souci. Si tu veux guider ton neveu alors que tu as guidé ta voisine l’an dernier, là tu es bloqué, parce que le neveu n’est pas dans la liste des exceptions.

Vérifie ce point avant de promettre quoi que ce soit. C’est le motif de refus le plus courant après les huit ans.

Un guide, ou deux

Le permis provisoire modèle 36 mois accepte deux guides. L’arrêté le prévoit explicitement : un second guide peut être mentionné « soit au moment de la délivrance, soit en cours d’apprentissage ».

C’est la configuration classique et franchement la plus confortable : papa et maman, ou un parent et un grand frère. Ça évite que tout repose sur une seule personne, et ça permet à l’élève de rouler quand l’un des deux n’est pas disponible.

Le deuxième guide doit remplir exactement les mêmes quatre conditions. Il n’y a pas de guide principal et de guide de secours, les deux sont sur le même pied.

Tu peux aussi n’en mettre qu’un au départ et en ajouter un plus tard. C’est prévu par le texte, et c’est souvent plus malin que de bloquer deux personnes dès le premier jour.

La formation obligatoire, ça dépend de ta Région

Voilà le point qui coûte le plus cher en temps, et celui que les guides découvrent presque toujours trop tard. Les trois Régions ne demandent pas la même chose.

Région Formation obligatoire pour le guide Format À faire quand
Flandre Oui, le vormingsmoment 3 heures, 20 €, attestation valable 10 ans Au moins 5 mois avant l’examen pratique de l’élève
Wallonie Oui, le rendez-vous pédagogique 3 heures, avec l’élève Avant l’examen pratique, en filière libre
Bruxelles Non Rien à suivre côté guide Sans objet

Et attention à un détail qui piège les familles à cheval sur deux Régions : l’AIBV précise noir sur blanc qu’une formation équivalente suivie en Wallonie n’est pas acceptée en Flandre. Ce sont deux dispositifs distincts, pas deux versions du même.

En Flandre : le vormingsmoment, et son délai de cinq mois

Si ton élève a reçu son permis provisoire avec guide à partir du 1er mars 2024 en Région flamande, tu dois avoir suivi le vormingsmoment. Pas de formation, pas d’examen pratique pour lui.

Concrètement, c’est trois heures dans une auto-école agréée ou chez un instructeur agréé, en présentiel ou en ligne selon ce que propose l’école, pour vingt euros. Ce n’est ni un examen ni un cours de code. C’est une séance qui t’explique comment accompagner quelqu’un sans lui pourrir son apprentissage.

Tu reçois une attestation valable dix ans. Ta participation est enregistrée numériquement par l’administration flamande et tu peux la retrouver via Mijn Burgerprofiel. Si tu guides un deuxième enfant cinq ans plus tard, tu ne recommences pas.

Le piège, c’est le calendrier. La formation doit être suivie au moins cinq mois avant l’examen pratique de ton élève. Ce n’est pas une formalité qu’on règle la semaine d’avant. Si tu t’y prends en retard, tu décales son examen, point.

Deux dispenses existent. Les guides sur un permis provisoire M12 n’y sont pas soumis, et ceux qui accompagnent un élève ayant converti un M18 en M36 non plus. Dans ces deux cas, le délai de cinq mois ne s’applique pas non plus.

Cas particulier pour les anciens : si tu as participé à une formation de guide entre octobre 2017 et mars 2020, tu ne dois pas la refaire. Mais comme ces participations n’étaient pas enregistrées numériquement, tu dois présenter ton attestation papier de l’époque le jour de l’examen pratique. Retrouve-la maintenant, pas la veille.

En Wallonie : le rendez-vous pédagogique, à deux

La logique wallonne est différente. Le rendez-vous pédagogique s’adresse aux candidats de la filière libre et, selon l’AWSR, à chacun de leurs guides. Vous y allez ensemble, ce qui est d’ailleurs tout l’intérêt.

La séance dure trois heures. Elle ne porte pas sur le code mais sur la manière d’apprendre à conduire ensemble : comment donner une consigne au bon moment, comment réagir quand ça se passe mal, comment construire une progression au lieu de tourner en rond dans le même quartier.

L’élève repart avec un roadbook qu’il devra présenter le jour de l’examen pratique, et que l’examinateur vérifie.

Si vous êtes en filière libre en Wallonie, considérez ce rendez-vous comme la première étape du parcours, pas comme une case à cocher à la fin.

À Bruxelles : rien pour toi, mais neuf mois de patience

La Région bruxelloise n’impose aucune formation au guide. Tu remplis les quatre conditions, tu es inscrit sur le permis provisoire, et c’est bon.

En revanche, le portail régional détaille quatre filières avec des durées d’apprentissage très différentes, et c’est là que ça se joue pour toi.

Filière bruxelloise Formation en auto-école Apprentissage avec guide Âge
Filière libre Aucune Minimum 9 mois 17 ans et plus
Combinaison Minimum 14 heures Minimum 6 mois 17 ans et plus
Auto-école avec apprentissage Minimum 20 heures Minimum 3 mois 18 ans et plus
Auto-école sans apprentissage Minimum 30 heures Aucun Accès direct à l’examen

Neuf mois en filière libre, c’est long. Si ton élève est pressé, quatorze heures d’auto-école font tomber le délai à six mois. C’est un calcul à faire ensemble dès le départ.

Ailleurs, les durées minimales sous permis provisoire sont plus courtes : l’arrêté royal fixe trois mois en Région wallonne et cinq mois en Région flamande. On a comparé les trois Régions de bout en bout dans notre comparatif Wallonie, Flandre et Bruxelles.

Ce que tu dois faire dans la voiture

Ta place est à l’avant. Le texte l’impose : le guide doit « prendre place à l’avant du véhicule ». Pas derrière, pas dans une autre voiture qui suit.

Tu n’as pas de commandes, contrairement à un moniteur d’auto-école dont la voiture a une double commande. Ton seul outil, c’est ta voix et ton regard. Ça veut dire que tu dois anticiper plus loin que ton élève, en permanence.

Le véhicule doit porter le signe L à l’arrière, bien visible. Ce n’est pas décoratif : à Bruxelles, le portail régional prévient que l’examen n’a même pas lieu si la voiture n’a pas son L et un second rétroviseur intérieur. Autant prendre l’habitude dès la première sortie.

Le second rétroviseur intérieur, justement, c’est celui qui te permet de voir derrière sans te tordre le cou. Il est exigé pour l’examen. Achète-le tout de suite, il coûte quelques euros et il te servira pendant des mois.

Qui a le droit de monter dans la voiture

Règle stricte sur le modèle 36 mois, et c’est une des plus enfreintes sans le savoir.

Le titulaire du permis provisoire « ne peut être accompagné que par l’un ou l’autre ou par les deux guides » et éventuellement par un instructeur de conduite breveté, « à l’exclusion de tout autre passager ».

Traduction : pas de copain à l’arrière, pas de petit frère, pas de grand-mère qu’on dépose en chemin. Uniquement les guides inscrits sur le document.

Beaucoup de familles pensent que tant qu’un guide est présent, le reste n’a pas d’importance. C’est faux, et c’est le genre de détail qui se retourne contre vous en cas de contrôle ou d’accident. On y a consacré un article entier sur le permis provisoire M36, M18 et M12.

Les heures où vous ne pouvez pas rouler

Celle-là tombe toujours au mauvais moment, typiquement un samedi soir.

L’arrêté est clair : « Le candidat ne peut pas conduire de 22h jusqu’au lendemain à 6h le vendredi, le samedi, le dimanche, la veille des jours fériés légaux et les jours fériés légaux. »

Donc les nuits du vendredi au samedi, du samedi au dimanche et du dimanche au lundi sont interdites, plus toutes les veilles de jours fériés et les jours fériés eux-mêmes.

Une nuit du mardi au mercredi à 23 h, en revanche, c’est autorisé. Et c’est même une excellente idée pédagogique : conduire de nuit fait partie de l’apprentissage, et il vaut mieux la découvrir avec toi à côté qu’un mois après avoir eu son permis.

Le truc que presque aucun guide ne sait : tu es soumis à l’alcool comme si tu conduisais

C’est le point le plus important de tout cet article, et c’est celui dont on ne parle jamais.

La loi du 16 mars 1968 relative à la police de la circulation routière punit « quiconque, dans un lieu public, conduit un véhicule ou une monture ou accompagne un conducteur en vue de l’apprentissage » au-dessus des seuils d’alcool. C’est la formulation exacte, et elle revient aussi bien à l’article 34 pour l’imprégnation alcoolique qu’à l’article 35 pour l’état d’ivresse.

Tu as bien lu. Accompagner en vue de l’apprentissage est visé au même titre que conduire. Tu ne tiens pas le volant, tu es quand même dans le champ de l’infraction, avec les mêmes seuils et les mêmes peines.

Ça veut dire que les mêmes limites s’appliquent à toi : 0,22 milligramme par litre d’air expiré, soit 0,5 gramme par litre de sang. Et que les mesures de 2026 te concernent aussi : douze heures d’interdiction de conduire en cas de contrôle positif, et un retrait immédiat de quinze jours à partir de 0,35 milligramme par litre depuis février 2026.

La situation classique est un barbecue chez des amis. Tu as bu deux verres, tu te dis que ce n’est pas grave puisque c’est ton fils qui conduit pour rentrer. Légalement, c’est exactement comme si tu conduisais toi-même.

Et il y a un corollaire : la loi vise aussi le fait d’inciter ou de provoquer une personne à accompagner un conducteur en vue de l’apprentissage alors qu’elle présente des signes évidents d’imprégnation alcoolique. Autrement dit, on ne demande pas à quelqu’un qui a bu de faire le guide, même pour dépanner.

La règle à retenir tient en une phrase. Si tu ne peux pas conduire, tu ne peux pas guider.

Tu ne peux pas être payé, même un peu

L’arrêté est catégorique : « À l’exception des instructeurs de conduite brevetés, personne ne peut guider le titulaire du permis de conduire provisoire B, contre paiement. »

Ça vise les arrangements informels du type « je te donne vingt euros de l’heure et tu m’apprends à conduire ». L’apprentissage rémunéré est un monopole des auto-écoles agréées, et c’est voulu.

Ça ne t’empêche évidemment pas que ton élève paie le carburant ou t’offre un resto à la fin. Ce qui est interdit, c’est une rémunération en échange de l’accompagnement.

Et s’il y a un accident

Première chose à comprendre : pendant l’apprentissage, le conducteur, c’est ton élève. Pas toi. C’est lui qui tient le volant, et c’est à lui que les règles de circulation s’appliquent en premier.

La responsabilité civile, celle qui indemnise les dégâts causés aux autres, est couverte par l’assurance RC du véhicule. Cette assurance est obligatoire en Belgique pour tout véhicule mis en circulation, et elle indemnise les dommages matériels et corporels causés aux tiers. Le tiers, ça peut être un autre usager, un piéton, ou même un passager.

Ce que la RC ne couvre pas, ce sont les dégâts du responsable lui-même. Pour ça, il faut une omnium ou une assurance conducteur, qui sont des garanties séparées.

Ta responsabilité pénale à toi, en revanche, peut être engagée pour tes propres manquements. Si tu es au-dessus des seuils d’alcool, c’est ton infraction, pas celle de ton élève. Si tu as laissé conduire quelqu’un qui n’avait pas de permis provisoire valable, ça te regarde aussi.

Enfin, un point qui fâche : si les conditions du permis provisoire ne sont pas respectées, il peut y avoir des conséquences sur la couverture d’assurance en cas d’accident. Un copain à l’arrière, une sortie à minuit un samedi, un guide non inscrit sur le document : ces trois choses ont l’air anodines et ne le sont pas.

L’assurance, à régler avant la première sortie

Le cas le plus fréquent, c’est l’élève qui apprend dans la voiture de ses parents. Ce n’est pas interdit du tout, mais il y a un réflexe à avoir.

Préviens ton assureur. Un coup de téléphone ou un mail suffit, et ça prend cinq minutes. Ce qui intéresse l’assureur, ce n’est pas tellement que le permis soit provisoire, c’est l’âge et le manque d’expérience du conducteur, surtout si celui-ci utilise le véhicule régulièrement.

Ne pas le faire ne te fait rien gagner. Ça te fait juste courir un risque de discussion au pire moment possible, c’est-à-dire après un sinistre.

Profites-en pour vérifier deux autres choses : si tu as une protection juridique, et ce que ton contrat prévoit pour les dommages du conducteur lui-même.

Changer de guide ou en ajouter un en cours de route

Ça arrive tout le temps : le guide déménage, change de boulot, ou vous ne vous supportez plus dans une voiture. C’est prévu.

Il faut passer par l’administration communale du domicile de l’élève. Le SPF Mobilité est explicite sur un point : ce n’est pas encore possible en ligne via BelDrive, il faut se déplacer.

Le nouveau guide doit remplir les quatre conditions, comme le premier. Prends une pièce d’identité et ton permis, la commune vérifiera l’ancienneté et l’absence de déchéance.

Anticipe un peu. Entre le passage à la commune et la production du nouveau document, il peut se passer quelques jours pendant lesquels l’élève ne peut pas rouler avec le nouveau guide. Ne prévois pas le changement la semaine d’un départ en vacances.

Les erreurs classiques des guides

On les voit revenir sans arrêt, et elles coûtent des mois.

Découvrir la formation obligatoire trois semaines avant l’examen. En Flandre, avec son délai de cinq mois, c’est mathématiquement fatal. Fais-la dans le mois qui suit la délivrance du permis provisoire.

Croire qu’un deuxième adulte peut remplacer le guide au pied levé. Non. Seules les personnes inscrites sur le document peuvent accompagner.

Accepter d’être guide alors qu’on a guidé quelqu’un d’autre l’année précédente, en dehors du cercle familial autorisé. Le refus tombe au guichet.

Tourner en rond dans le même quartier pendant six mois. Ton élève sera excellent pour aller à la boulangerie et perdu sur un rond-point à trois voies. Varie les terrains volontairement.

Et la plus courante de toutes : commenter en continu. Trois consignes bien placées valent mieux que quarante remarques. On y revient tout de suite.

Comment bien guider, concrètement

La loi te dit ce que tu dois faire. Elle ne te dit pas comment être utile. Voilà l’essentiel, tiré de ce que font les moniteurs.

Annonce avant, pas pendant. « Au prochain carrefour, tu tournes à droite » se dit trois cents mètres avant, pas au moment de tourner. Une consigne tardive crée exactement la manœuvre brusque que tu voulais éviter.

Choisis un seul objectif par sortie. Les ronds-points aujourd’hui, le créneau demain, l’autoroute la semaine prochaine. Un cerveau qui apprend ne travaille pas cinq choses à la fois.

Garde ton calme quand ça se passe mal, et surtout ne crie pas. Un élève qui a peur de toi regarde ta réaction au lieu de regarder la route. C’est contre-productif et c’est dangereux.

Fais le debriefing à l’arrêt, moteur coupé. Deux minutes à la fin, deux choses qui ont bien marché, une chose à travailler la prochaine fois. Pas plus.

Programme le désagréable exprès. La pluie, la nuit, l’heure de pointe, le parking souterrain, l’autoroute un dimanche. Ce sont précisément les situations que ton élève évitera tout seul, et celles qui feront la différence le jour de l’examen comme après.

Et note les kilomètres. Le roadbook est obligatoire en Wallonie, mais c’est une bonne idée partout : ça donne une trajectoire visible et ça motive.

Questions fréquentes

Quelles sont les conditions pour être guide en Belgique ?

Quatre. Avoir un permis belge ou européen de catégorie B depuis au moins huit ans, ne pas être déchu du droit de conduire ni l’avoir été dans les trois dernières années, être mentionné sur le permis provisoire et prendre place à l’avant, et ne pas avoir été guide sur un autre permis provisoire dans l’année précédente sauf exceptions familiales.

Faut-il un âge minimum pour être guide ?

Aucun âge n’est fixé par le texte. Mais comme il faut huit ans de permis B et qu’on l’obtient au plus tôt à 18 ans, le guide le plus jeune possible a mécaniquement 26 ans.

Est-ce que je dois suivre une formation pour être guide ?

En Flandre oui, le vormingsmoment de trois heures, si le permis provisoire a été délivré à partir du 1er mars 2024. En Wallonie oui, le rendez-vous pédagogique, que tu suis avec ton élève en filière libre. À Bruxelles, rien n’est imposé au guide.

Combien coûte la formation de guide en Flandre et combien de temps est-elle valable ?

Vingt euros pour trois heures, en auto-école agréée ou chez un instructeur agréé. L’attestation est valable dix ans, et la participation est enregistrée numériquement, consultable via Mijn Burgerprofiel.

Quand dois-je suivre le vormingsmoment ?

Au moins cinq mois avant l’examen pratique de ton élève. C’est le piège principal : s’y prendre tard décale son examen. Les guides d’un M12 et ceux d’un élève passé d’un M18 à un M36 en sont dispensés.

Peut-on être deux guides ?

Oui. Le permis provisoire 36 mois accepte un second guide, à inscrire soit dès la délivrance, soit en cours d’apprentissage. Les deux doivent remplir les mêmes conditions.

Puis-je guider deux personnes différentes ?

Pas en principe, à cause de la règle de l’année qui précède la délivrance. Mais l’interdiction ne joue pas pour ton conjoint, tes enfants, tes petits-enfants, tes frères, tes sœurs et tes pupilles. Deux enfants en même temps, c’est donc possible ; un neveu après une voisine, non.

Est-ce que je peux boire un verre si c’est mon élève qui conduit ?

Non. La loi du 16 mars 1968 vise « quiconque conduit un véhicule ou une monture ou accompagne un conducteur en vue de l’apprentissage ». Tu es soumis aux mêmes seuils et aux mêmes sanctions que si tu tenais le volant.

Qui peut monter dans la voiture pendant l’apprentissage ?

Avec un permis provisoire 36 mois, uniquement le ou les guides inscrits sur le document, et éventuellement un instructeur de conduite breveté. Aucun autre passager n’est autorisé.

À quelles heures est-il interdit de rouler ?

De 22 h à 6 h le lendemain, les vendredis, samedis, dimanches, veilles de jours fériés légaux et jours fériés légaux. Les autres nuits de la semaine sont autorisées.

Est-ce que je peux être payé pour guider quelqu’un ?

Non. Sauf pour les instructeurs de conduite brevetés, personne ne peut guider le titulaire d’un permis provisoire B contre paiement. Le carburant ou un resto ne posent évidemment pas de problème.

En cas d’accident, qui est responsable ?

C’est ton élève qui conduit, donc c’est lui le conducteur. L’assurance RC du véhicule indemnise les dommages causés aux tiers. Ta responsabilité pénale peut être engagée pour tes propres manquements, par exemple l’alcool. Et si les conditions du permis provisoire n’ont pas été respectées, la couverture peut être discutée.

Faut-il prévenir l’assurance si mon enfant conduit ma voiture ?

Oui, c’est le réflexe à avoir, surtout s’il l’utilise régulièrement. Ce qui compte pour l’assureur, c’est son âge et son manque d’expérience. Un appel suffit et ça évite toute discussion après un sinistre.

Comment changer de guide en cours d’apprentissage ?

Il faut passer par l’administration communale du domicile de l’élève. Le SPF Mobilité précise que ce n’est pas encore possible en ligne via BelDrive. Le nouveau guide doit remplir les quatre mêmes conditions.

Pour aller plus loin

Tu es guide, mais c’est ton élève qui passe l’examen. Le plus utile que tu puisses faire maintenant, c’est de lui mettre les bons outils entre les mains.

À lire ensemble

Le guide complet du permis provisoire, M36, M18 et M12 côté élève.
Que faire si le permis provisoire expire, avant que ça arrive.
Le budget réel du permis en Belgique, formation de guide comprise.
Un test de théorie gratuit, pour vérifier que tes propres réflexes sont à jour.

Article rédigé par l’équipe PermisPass.be. Conditions, montants et délais vérifiés le 19 septembre 2026 auprès du SPF Mobilité et Transports, de l’AWSR, du portail bruxellois, des centres d’examen agréés et des textes légaux.

Sources 8

Chaque règle citée dans cet article provient d'une source officielle vérifiable. Nous ne demandons pas qu'on nous croie sur parole : les liens ci-dessous mènent aux textes d'origine.

  1. 1
    Arrêté royal du 10 juillet 2006 relatif au permis de conduire pour les véhicules de catégorie B : article 3 sur les conditions du guide, les huit ans de permis, la déchéance, l’inscription sur le document, la place à l’avant, la règle de l’année précédente et ses exceptions familiales, le second guide et les passagers autorisés ; article 6 sur les heures d’interdiction ; article 7 sur l’interdiction de guider contre paiement ; article 8 sur les durées minimales d’apprentissage de trois mois en Région wallonne et cinq mois en Région flamande. codedelaroute.be
  2. 2
    Loi du 16 mars 1968 relative à la police de la circulation routière : articles 34 et 35, qui visent « quiconque, dans un lieu public, conduit un véhicule ou une monture ou accompagne un conducteur en vue de l’apprentissage », et l’interdiction d’inciter une personne présentant des signes d’imprégnation alcoolique à accompagner un conducteur. codedelaroute.be
  3. 3
    SPF Mobilité et Transports, permis de conduire provisoire B-M36 : permis belge ou européen de catégorie B délivré depuis au moins huit ans, obligation de ne pas avoir accompagné un autre candidat au cours de l’année écoulée avec exceptions familiales, conduite avec un ou deux guides. mobilit.belgium.be
  4. 4
    SPF Mobilité et Transports, changer de guide : la démarche n’est pas encore possible via BelDrive et doit se faire à la commune du domicile. mobilit.belgium.be
  5. 5
    AIBV, moment de formation obligatoire pour les guides depuis le 1er mars 2024 : Région flamande, trois heures, vingt euros, attestation valable dix ans, délai de cinq mois avant l’examen pratique, dispenses pour le M12 et la conversion d’un M18 en M36, et non reconnaissance en Flandre d’une formation suivie en Wallonie. aibv.be
  6. 6
    AWSR, rendez-vous pédagogique : obligatoire pour les candidats conducteurs de la filière libre ainsi que pour chacun de leurs guides, avec remise du roadbook à présenter le jour de l’examen pratique. awsr.be
  7. 7
    Région de Bruxelles-Capitale, formation et examens du permis B : les quatre filières et leurs durées minimales, neuf mois en filière libre, six mois avec quatorze heures d’auto-école, trois mois avec vingt heures, accès direct avec trente heures ; exigence du signe L et d’un second rétroviseur intérieur le jour de l’examen. be.brussels
  8. 8
    Assuralia, assurance auto : caractère obligatoire de la responsabilité civile pour tout véhicule mis en circulation, étendue de la couverture aux dommages causés aux tiers, et distinction avec les garanties omnium et conducteur. assuralia.be

Sources consultées et vérifiées le 19/09/2026. Une information vous semble dépassée ou inexacte ? Signalez-le-nous — nous corrigeons et datons la correction.

Écrit par

Rayan El Majdoub

Cofondateur de PermisPass.be

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